VUE GÉNÉRALE DE TIRYNTHE ET DE LA PLAINE D’ARGOS
Tirïnthe était situé dans une plaine autour de son acropole. 11 ne reste plus de vestiges de la ville. L’acropole est un rocher ohlong qui , dans sa plus grande hauteur, ne s’élève pas à trente pieds au-dessus de la plaine, et qui, dans plusieurs endroits, se confond presque avec elle. Sa direction est nord et sud : au nord, il fait face à Nauplie; au sud, à Mjcènes. Les murs de l’acropole renferment une superficie d’environ cent vingt-deux toises de longueur, et vingt-sept toises de largeur. Ils sont construits en ligne droite, de maniéré qu ils ne suivent pas exactement les sinuosités du rocher. Lue forteresse si petite peut nous paraître indigne du héros de Tiryuthe ; mais, malgré le peu détendue du terrain qu’elle occupe, son mur d’enceinte nous offre des dimensions que, sans exagération, on peut nommer Herculéennes. 11 a en général dix-huit pieds depaissenr, et, dans quelques endroits, vingt-trois pieds; sa hauteur actuelle, dans les endroits ou il est le mieux conserve, est de quarante pieds.
La plaine qui environne Tirynlhe est à peu près déserte , et l’on peut encore dire avec Stace ’ :
„ . Rarus vacuis liabitator în nrvis
h Monslrat Cyclopura duclas sudoribus arces. »
A l’est des ruines de l’acropole, quelques éminences formées par des roches nous montrent les carrières d’où ont été tirés les blocs si remarquables par leur volume et par leur poids qui servirent à la construction de cette citadelle.
La vue qui est sous les yeux du lecteur a été prise de cet endroit. Elle embrasse toute la plaine d Argos, et elle offre la plus riche réunion d’aspects variés et de localités qui s’associent à de mémorables souvenirs, ou sur lesquelles les auteurs classiques on jeté un charme impérissable. Sur la gauche, le rocher Palamède élève sa cime majestueuse du sein de la mer, qui murmure autour de sa base. Ce rocher, qui commande la ville de Nauplie , est couronné par une citadelle qui en fait une des plus fortes positions de la Grèce. De ce point, l’œil suit les deux rives du golfe d’ Argos, qui s’avance profondément dans les terres. Sur la lave opposée , la situation du lac Sernaest indiquée par des arbres au pied dn mont Pontinus , dontle sommet, terminé en pointe, laisse à peine apercevoir les ruines d un fort moderne.
Au milieu du tableau 1, l’acropole de Tiryuthe s’élève au-dessus de la plaine, et présente toute sa face orientale, dont la planche N" 3 offre les détails avec une minutieuse fidélité. Plus vers la droite , on distingue , au fond de la plaine , la ville d’Argos s'étendant au pied de son acropole. Le sommet pointu de celle-ci est couronné par une forteresse en ruines, où les constructions Cyclopéeuncs sont urnes à des constructions dune date plus récente : dans sa partie inférieure elle est ornée d’un théâtre antique. A gauche de la ville d’Argos, la montagne élevée qui appelle la vue est l’Arlemisium ; à droite est le mont Cyllène : ces deux masses constituent, eu quelque sorte, les traits les plos importans du paysage Arcadien. Les trois sommités pointues, situées a 1 extrémité gauche de la planche , appartiennent au mont Eubée , qui s’élève au-dessus des rumes de Mycenes , et qui en intercepte la vue. Les arbres dont la plaine est couverte sont , pour la plupart , des oliviers. ( Voyage Class., tome II, ch. I.)
1 Celle vue occupe les deux planches qui portent le numéro 2.
1 Tbeb. Lib. IV, v. i5o.
3 C’est à-dire à la gauche de la seconde planche portant le numéro 2.