VUE DES MURS DE TIRYNTHE
Hésiode ’ et Homère3 font mention des murs soliedrnent construits de Tirynthe. Apollodore 5 et Strabon + nous apprennent que cette ville appartenait à Prœtus, pour qui elle avait été fortifiée par les Cyclopes. On suppose que Prœtus régnait à Tirynthe environ treize cent soixante-dix-neuf ans avant Père chrétienne, ce qui assignerait aux murs de son enceinte plus de trente-deux siècles d’ancienneté. Quelque longue que soit une pareille durée elle ne présente rien d’incroyable, lorsque l’on considère les masses gigantesques dont ces murs sont composés, et la force invincible de résistance qu’ils opposaient aux causes ordinaires de destruction. Ouvrages de la main humaine , ils semblent destinés à disputer de durée avec les rochers mêmes sur lesquels ils s’élèvent-, et à moins qu’ils ne soient renversés par un tremblement de terre, ou brisés par la puissance de l’artillerie, ils dureront jusqu’à la fin des siècles.
La description que Pausanias nous donne des murs de Tirynthe représente exactement le style le plus ancien des constructions Cyclopéennes. Selon cet auteur^, «Ces murs sont construits de pierres brutes, toutes d’une « telle dimension que deux mulets attelés n’ébranleraient même pas la plus petite. Les interstices sont remplis « par de plus petites pierres , qui servent de liaison aux grosses. »
Les murs de Tirynthe sont probablement aujourd’hui à peu près dans le même état où Pausanias les vit au second siècle de notre ère; car il ne parait pas que la ville ait été rebâtie ou repeuplée après sa destruction par les Argiens, environ quatre cent soixante-huit ans avant J.-C. La masse imposante et la solidité remarquable de ces constructions ont conduit Pausanias à les comparer avec le trésor deMinyas à Orchomène, et avec les pyramides d’Égypte.
La vue que nous en offrons représente le côté est de l’acropole. Vers le milieu , on aperçoit les restes de la grande porte. Chaque bloc a été figuré avec une exactitude scrupuleuse; et nous nous empressons de prévenir que toutes les vues que renferme notre ouvrage ont été dessinées à la chambre obscure. Sans cet instrument, il aurait été presque impossible de représenter avec fidélité la variété presque infinie d’angles et de côtés que ces blocs nous offrent dans leur assemblage.
Les limites étroites dans lesquelles doit être circonscrite une simple description de chaque vue, ne laissent point de place pour entrer ici dans des détails particuliers sur le système des constructions polygones. ( Voy. le Voyage Class., tome H, cb. VI.)
Sculum Herculis, vers. 8x. 1 Iliade, II, 55ç).
5 Liv. II, ch. i. xLiv. VIII, p.
4Liv. II. ch. a5.
N° IY.