‹ Vues et descriptions de constructions cyclopéennes ou pélasgiques trouvées en Grèce et en Italie et de constructions antiques d'une époque moins reculéeChapitre 5 sur 61 · DANS LE MUR OCCIDENTAL DE TIRYNTHE · texte numérisé non relu

DANS LE MUR OCCIDENTAL DE TIRYNTHE

Les murs extérieurs de Tirynthe sont, dans leur totalité, composés de blocs bruts, qui paraissent avoir été assemblés à peu près dans l’état où ils étaient en sortant de la carrière. Les vides qui résultaient de leurs irrégu-

larités ont été remplis avec (les pierres plus petites. Les blocs les plus volumineux ont de neuf à dix pieds de longueur sur quatre d’épaisseur; leur grandeur ordinaire est de trois à sept pieds. La hauteur primitive des murs n’était probablement pas moindre de cinquante-six pieds. On trouve, dans l’intérieur de l’acropole, un petit nombre de blocs détachés, qui ont été taillés et qui paraissent avoir appartenu aux portes.

La porte que l’on voit ici a, dans son état actuel, sept pieds quatre pouces de large au rez du terrain , et huit pieds et demi de haut : l’élévation du sol, causée par l’amoncellement des ruines et de la terre, en a considérablement diminué la hauteur primitive. Située dans le mur occidental qui fait face à Argos, et formée de blocs placés en saillie les uns au-dessus des autres, comme au trésor d’ A trée, à Mycènes, elle nous offre probablement le plus ancien exemple d’une forme analogue à celle de l’arc gothique. On voit une porte semblable dans l’intérieur de l’acropole de Tirynthe, à l’angle sud-est, où elle conduit à une galerie souterraine. Une des portes de Mycènes présente la même forme , et on en trouve encore d’autres exemples près de Missolonghi , en Etolie , et à Thoricos, dans l’Attique. Enfin , on en voit aussi en Italie, au milieu des ruines d’Arpino et de Segni , dont nous offrirons les dessins dans la seconde partie de cet ouvrage.

Les murs de Tirynthe et de Mycènes constituent les plus beaux restes de constructions Cyclopéennes que l’on rencontre dans la Grèce; mais ils sont bien inférieurs à ceux que nous offre, dans le Latium, Norba, qui était une colonie pélasgique. Plusieurs autres villes également fondées par les Pélasges, et dont les ruines merveilleuses existent encore dans les districts montagneux et peu fréquentés qu’ont habités les Volsques, les Herniques, les Marses et les Sabins, nous montrent aussi des murs construits d’après le même système, et offrant la même force de résistance et la même solidité que ceux de l’Argolide. ( Voyage Class. , tome II, ch. VI.)

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