‹ Vues et descriptions de constructions cyclopéennes ou pélasgiques trouvées en Grèce et en Italie et de constructions antiques d'une époque moins reculéeChapitre 6 sur 61 · L’ACROPOLE DE MYCÈNES · texte numérisé non relu

L’ACROPOLE DE MYCÈNES

C’était une opinion reçue parmi les Grecs, que Mycènes avait été fondée par Persée, frère de Prcelus, et qu’elle dérivait son nom, soit du pommeau d’une épée, soit d’une espèce de fungus (juvW) sous lequel on avait découvert une source. D’autres pensaient qu’elle devait son origine et son nom à Mycénéus, fils de Sparton et petit-fils de Phoronée. Ses murs passaient pour avoir été construits par les Cyclopes, qui avaient aussi élevé ceux de Tirynthe. La ville fut détruite par les Argiens, environ quatre cent soixante-huit ans avant l’ère chrétienne ; mais la solidité des murailles brava les efforts des vainqueurs. Il n’est pas arrivé souvent que les ouvrages de l’homme aient opposé des obstacles aussi invincibles aux penchans destructeurs de son espèce. Ce que nous venons de dire de Mycènes est emprunté à l’ouvrage de Pausanias, qui en visita les ruines dans le second siècle de notre ère; et depuis cette époque elles n'ont probablement pas éprouvé de notables altérations.

La vue que l’on a sous les yeux représente le côté sud-est de l’acropole, dont la forme a en effet assez de rapport avec celle d’un champignon, pour donner lieu à la conjecture étymologique dont nous avons fait mention. Lorsque le mur d’enceinte était dans son entier, l’acropole, suivant Nonnus, avait l’apparence d’une couronne murale 1 . Indépendamment de Pausanias , plusieurs auteurs anciens parlent aussi des murs Cyclopéens de Mycènes : tels sont Euripide-, Sénèque Hesychius*, Nonnus et le scholiaste d’Euripide L

Strahon dit que de son temps on ne trouvait plus le moindre vestige de Mycènes; mais Pausanias, qui voyageait en Grèce long-temps après la mort de Strahon, a décrit ces ruines telles quelles existent encore aujourd’hui. 6

1 Liv. XLI , vers 268. ‘ Iphig. vers. i52, 205, i5oi. Herc. fur. v. 944- Éléct. v. ii58. 3 Hcrc. fur. v. 997. Thyesles, v. 4°7-

4 In verbo K»*A*ir*» , lom. II, p. 373. : s Orestes, v. 963. 6 Liv. VIII, p. 372.

Btg 1 .

L’acropole de Mycènes est de petites dimensions : assez loin au-delà, la ville s’étendait vers la plaine. Les murs qui restent appartiennent à la fois au style brut et grossier, et à la construction plus savante, formée de polygones taillés et assemblés avec soin, qui caractérise le second style Cyclopéen : les exemples du style primitif sont en petit nombre.

Dans la partie gauche de la vue, on aperçoit l’entrée du trésor d’Atrée, au-delà duquel est la plaine d’Argos, et la chaîne élevée de montagnes qui bornent celle-ci à l’ouest. ( Voyage Class., tome II, ch. 6.)

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