‹ Vues et descriptions de constructions cyclopéennes ou pélasgiques trouvées en Grèce et en Italie et de constructions antiques d'une époque moins reculéeChapitre 7 sur 61 · LA PORTE DES LIONS, A MYCÈNES · texte numérisé non relu

LA PORTE DES LIONS, A MYCÈNES

Pausanias, dans sa description de Mycènes, ne parle qu’en passant de ce singulier reste de la plus antique sculpture; mais le peu qu’il en dit ajoute beaucoup à l’intérêt que présente ce monument. Voici ses paroles 1 : " On voit encore quelques vestiges du péribole de Mycènes, et une porte sur laquelle sont des lions. Tout cela « est, dit-on , l’ouvrage des Cyclopes, qui bâtirent pour Prœtus les murs de Tirynthe. »

Laporte est probablement encore dans l’état où elle se trouvait au temps de Pausauias : c’était l’entrée principale de l’acropole, mais elle est aujourd’hui entièrement obstruée par un amoncellement de ruines qui s élèvent jusqu à la hauteur du linteau. Une excavation serait donc nécessaire pour déterminer sa hauteur, qui ne paraît pas être moindre que seize pieds. Sa largeur, au sommet, est de neuf pieds; le linteau a quatorze pieds et demi de long, six pieds trois pouces de profondeur, et trois pieds neuf pouces de hauteur. Le bloc sur lequel les lions sont sculptés a onze pieds trois pouces de largeur à sa base, neuf pieds trois pouces de hauteur, et deux pieds d épaisseur; sa forme est triangulaire, et il remplit la niche pratiquée pour le recevoir. La voie qui conduit à la porte a vingt-huit pieds et demi de largeur. Les murs latéraux sont en construction presque régulière, tandis que ceux qui constituent l’enceinte de l’acropole sont construits en polygones irréguliers. La pierre dont on s’est servi est une brèche compacte dure qui se trouve à proximité; mais le bloc des lions est d un marbre vert qui vient probablement d’assez loin : on en a trouvé de la même espèce dans d’autres parties de la Grèce..

La planche que l’on a sous les yeux n’exige pas que nous ajoutions ici la description des lions; et d’ailleurs cet ouvrage n’admet ni recherches ni conjectures sur l’origine et sur la signification de ce curieux monument de l’art antique. J en ai parlé avec plus de détails dans mon Voyage, tome II , ch. 6, page 240.

Liv. II, chap. 16.

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