‹ Vues sur le systeme genral des operations industrielles ou plan de technonomie;Chapitre 12 sur 17 · TITRE III · texte numérisé non relu

TITRE III

Des Règles pour la formation des établissemens industriels , et de V influence des localités sur ces établissemens.

Après avoir guidé dans le choix du genre de travail qui, suivant les circonstances, convient le mieux à l’intérêt privé, la science doit apprendre à choisir aussi pour l’établissement qu’on projette le local le plus avantageux et le mode le plus sage de l’élever ; c’est là le principal objet de ce titre.

Plusieurs choses déterminent le choix du local ou de l’emplacement selon la nature de l’entreprise , savoir : la proximité des matières premières ; celle des marchés pour la vente des produits; le bon marché et l’abondance de la main-tl’œuvrc ; l’existence d’ouvriers habiles et exercés de longue main au travail qu’on veut entreprendre , ou d’artistes propres à seconder les vues de l’entrepreneur; la facilité de se procurer des moteurs inanimés et l’abondanoe des substances combustibles ; enfin l’étendue, la facilité et le bon marché des communications.

Une seule de ces circonstances suffit quelquefois pour rendre les localités favorables.

Uq^e 0utre circonstance mérite aussi une attention toqte particulière, et devient le sujet d’une des qnestions les plus importantes et les plus générales qu’on puisse se proposer sur le choix du local : c’est la multiplicité des établissemens du même genre dans la même contrée.

Cette multiplicité produit, suivant les circonstances, des efFets diamétralement opposés, que la scieqce remarque avec soin : elle étouffe l’industrie lorsqu’il y a une grande coacuirence pour les achats des matières premières, pour la main-d’œuvre, pour la recherche des emplacemeus convenables , ainsi que pour la vente des produits ; et lorsqu’avec tout cela l’on se trouve très-près des lieus: de production des matière* premières, et que l’étendue de la vente estrigou? reusement renfermée dans certaines limites, il y a action et réaction d’intérêts contraires , lesquels à la longue finissent par être froissés et les uns et les autres.

Pour d’autres branches et dans d’autres cas , la multiplicité d’établissemens du même genre sur un même point est la source du développement de l’industrie et de l’accroissement de sa prospérité : les matières premières y trouvant un débouché considérable, assuré, affluent de tous les lieux de production, et la concur-

rence des vendeurs tourne ainsi au profit’ du fabricant ; la main-d’œuvre y est fournie, exercée aux frais de tous ; tous les moyens de fabrr- . cation y abondent, et les demandes de produits se concentrant sur un seul point et s’adressant de toutes parts aux mêmes lieux, rendent les ventes promptes, faciles, abondantes.

C’est donc en mettant en rapport les différentes qualités qui distinguent essentiellement le genre d’entreprise projetée avec chaque circonstance locale dont nous venons de parler, que l’économie manufacturière montre les bases sur lesquelles on peut fonder une prudente détermination pour le choix du lieu de l’entreprise, et à quels mécomptes l’on peut s’exposer lorsqu’on laisse au hasard , à quelques considérations étrangères , ou bien à une vague envie * de faire, le soin de décider.

Le lieu choisi, il faut élever l’établissement; et en général quels qiie soient les capitaux disponibles, son développement primitif doit être étendu ou resserré selon sa nature, la nouveauté de son espèce, et eu égard au lieu où on le place; ajoutons que l’établissement peut y être tout -à-fait nouveau , ou j être connu et exploité depuis plus ou moins de temps; circonstance à

apprécier pour la détermination de ce développement.

Mais, quel qu’il soit, six capitaux ou six portions d’un capital suffisant sont rigoureusement nécessaires pour former un établissement solide; qu’ils appartiennent ou non à l’erttrepreneur, il faut qu’il les ait à sa libre disposition : le premier est destiné à la construction des bâtimens ou à l’arrangement du local ; le deuxième à la construction ou à l’achat des machines, instrumens ou appareils; le troisième est représenté par la valeur des matières premières achetées sur les lieux de production ou dans les dépôts, et souvept en route pour arriver à l’établissement ; le quatrième , par la valeur des matières premières en magasin et en travail; le cinquième est destiné au paiement des ouvriers et aux divers frais de fabrication ; le sixième enfin est représenté par les marchandises fabriquées qu’on a ordinairement en magasin, qu’on expédie et qu’on livre à crédit.

La libre disposition d’un capital assez grand pour accomplir en totalité ces divers services, est. un préliminaire indispênsable à la formation d’un établissement industriel.

La science Remarque que ces divers services sont- solidaires entre eux ; elle explique coin-

ment la gène de l’un rend la marclje d’un établissement incertaine et chancelante ; ejt après avpjr établi aolideroent la nécessité d’user d’une sévère économie dans l’emploi de cette portion de capital destinée an? bâtimens^et montré dans tQnt leur jour cette dangereuse manie , cette puérile vanité de ppnsb'nire un palais lit où UB .simple hangar pourrait aulhine. elle «Usente les bases d’après lesquelles on doit en général répartir dans chaque genre de manufacture le reste du capital popr les cinq antres services, abn dè donner à l’établissement une marché ;»ssurée et à l’abri d’une foule de chances défavorables qui l’obsèdent sans cesse.

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