II
Caractère symbolique du dieu Vulcain. — Le Feu , dieu rdel.
Qu’est-ce donc que ce dieu ? qu’est-ce que V ulcain ou Héphaîstos? je ne dis point qu’est-ce que le
(i) Larcher, Notes sur Hérodote, t. II (a* éd.), p. 4.77, note 4g8. — Terrax}ue pater Vulcanus. Martian. Capella, de Nupl. Philolog. lib. I, p. 61. ed. Nuremb.
(a) Âmm. Marcell. Hist. lib. xvii, cap. 4, pag. i63; ed. Paris.
(3) Cicer. de Nat. deor. lib. iii, cap. a a. — Jul. Firmic. de Error. prof, relig. p. ao. — De la Barres, Acad, des Inscript. et belles-kttres , t. XVI, Mém. p. 4g.
(4) Manelh. ap. Euseb. Prœp. evang. — Cicer. toc. cit. — S. Clem. Alex. Protrept. p. a 4, t. I 0pp. ed. Potier.
(5) Diog. Laert. de Vit. phil. Proæin. segm. 1.
Vulcain, fils du Nil, dont parie Cicéron (nous examinerons plus tard cette source intarissable d’erreurs et d’explications fausses); mais qu’est-ce que le Vulcain d’Homère, fils de Junon, élève de Thétis, roi de Lemnos, mari trompé de "Vénus, heureux époux de la Grâce?
Ce dieu est-il un homme? Il faudrait pour admettre cette opinion accepter comme des faits réels des aventures impossibles , monstrueuses , qui répugnent à toute raison , ou bien en prenant ces traditions pour des allégories, ce qu’elles sont en efl'et, il faudrait se jeter, pour les expliquer, comme ont fait Bannier et les autres évhéméristes , dans un système d’explications forcées et invraisemblables , et encore n’échapperait-on pas au reproche de donner aux Grecs des dieux insensés, un culte qui serait fapothéose de la démence et du crime. 11 faudrait de plus violer toute chronologie pour établir le règne de ce dieu et de tous les autres dans un pays et dans des temps où il pût trouver place.
Vulcain était-il un génie dans le sens où l’entendaient Socrate et Platon , c’est-à-dire un de ces êtres d’une nature intermédiaii’e entre les dieux et les hommes, qu’on a aussi appelés des Esprits, des Intelligences, des Démons? Accueillir cette supposition, ce serait donner un démenti à la religion de f Égypte avec laquelle celle de la Grèce avait tant
(i) Cirer, de Nat. deor. lib. lii, cap. 21, 22.
de ressemblance ; car les prêtres égyptiens ne cessèrent de soutenir qu’ils n’admettaient point l’existence de ces êtres surnaturels; que leurs seuls dieux dans leur culte secret conune dans leur culte public étaient des êtres visibles, le monde, le soleil, la lune, les astres ce serait nier pareillement les croyances d’ Athènes, puisque Socrate but la ciguë, accusé d’avoir voulu introduire dans sa patrie ce culte étranger
Croirons-nous que Vulcain fût une puissance de la Nature, considérée abstractivement et séparée de la substance dans laquelle on la voyait agir, comme, par exemple , la puissance du feu séparée du feu par la pensée ? Les philosophes d’Alexandrie soutinrent cette opinion avec peu de succès, et il serait bien difficile de s’y soumettre aujourd’hui, qu’un de nos écrivains les plus savants et les plus spéciale-
(i) Chœrem. ap. Porphyr. Epist. ad Anebonem, fol. h. — Euseb. Prœp. evany. lib. ill, cap. 4, p. as, s3. — Theodor. Serai, iîj de Jnyel. t. IV 0pp. p. 5os. — Jupiter, t. I, p. 36 à 4o.
(a) Jupiter, t. II, p. i33. — Je n’ai pas besoin de donner de nouvelles explications sur le mot démon. J'ai traité assez longuement des démons ou génies dans mon Introduction à F étude de la mjtholoyie, et dans mes Recherches sur Jupiter. La religion n'admettait point de démons ou génies dans le sens qu'entendaient Socrate et Platon. Vulcain n'était pas plus le génie directeur du Feu, qu’Apollon le génie conducteur du soleil, et Junon le génie directeur de l’air. Junon était l’air, Apollon le soleil, Vulcain le feu. Il serait inutile de parler des visions qui en tout pays peuvent ellrayer des idiots.
ment versés dans ces matières, déclare y être formellement opposé
Admettrons-nous enfio que les fables relatives à Vulcain, comme celles de toutes les autres divinités , ne furent jamais que des contes d’enfants et de vieilles femmes, inventés sans but, et répétés par les poètes pour le seul amusement public? La conséquence nécessaire de ce système serait que les Egyptiens, ni les Grecs, n’auraient eu aucune religion, aucun dogme, pas même celui de l’existence d’un dieu. Eh! comment adopter une sembledjle supposition, quand les Grecs nous parlent sans cesse de leur religion, de leurs dieux, de leur culte; quand ils mêlent à tous leurs actes, à toutes leurs paroles, le nom de quelque puissance divine; quand tant de lois écrites et non écrites avaient fixé, consolidé les opinions religieuses; quand un si grand nombre de temples, d’autels, d’oracles, de mystères, de sacrifices, de jeux publics, de tom-
(i) «Les Alexandrins n'étaient pas de purs antiquaires qui, appli- « quant leur esprit à l'étude des faits religieux comme à celle de tons « les autres faits, en recherchaient l'explication la plus légitime selon «les règles de la critique; c'étaient des philosophes, des hommes «d'état qui avaient pris parti dans la grande querelle du temps, et « qui, ne voulant point accepter la religion nouvelle, ne pouvant plus « sérieusement soutenir l'ancienne telle qu'elle était, s'étaient trouvés « conduits à la transformer à l'aide d'une interprétation souvent in- «génieuse, quelquefois profonde, toujours arbitraire. • M. Victor Cousin, Journal des Savants, Juillet i83/t, p. 4 ^ 9 .
beaux , de monuments des arts de tous les genres , attestent l’existence de cette religion, et en dévoilent même la nature; que dis-je» quand tant de persécutions exercées ou souffertes ont prouvé l’indestructible persistance de l’opinion universelle à ces dogmes et à ce culte ? Laissons ces abus de mots , car il n’y a ici que cela ; quand on a dit que les Grecs n’avaient aucune religion, cela signifiait apparemment qu’ils avaient une religion fausse , et c’est ce que personne ne conteste. -
Qu’est-ce donc enfin que Vulcain? Il suffit pour répondre à cette question d’écouter les anciens et de répéter leurs propres paroles. Le culte de Vulcain n’est qu’une branche de celui que les premiers Grecs avaient voué aux différentes parties de la nature , et à la bienfaisante puissance de son auteur. Il faut, en traitant de Vulcain comme en parlant de chacun des autres dieux, distinguer le dieu réel d’avec le dieu symbolique. Le dieu réel est ici le feu, point autre chose que le feu, je dis le feu atmosphérique et terrestre, bien distinct d’avec, le feu æthéré, dieu réel suprême, représenté par Jupiter. Le Feu, dieu réel, recevait un culte direct; Vulcain, dieu représentatif, un culte symbolique. Les noms étaient les mêmes. Le Feu, dieu réel, se nommait Héphaîstos; Vulcain, dieu symbolique, se nommait pareillement en grec Héphaîstos.
Homère, en parlant du sacrifice offert <i Jupiter par
VU LC A IN.
Agameranon avant le premier combat donné sous les murs de Troie, dit que les Grecs attachent les viscères des victimes à Jes broches et les font rôtir sur Hêphaïstos*’'. L’auteur anonyme de la Vie d’Homère fait remarquer à l’occasion de ce passage , que le poète par le mot à'Iléphaîstos désigne le Feu à cause , dit-il , de la relation du Feu avec le dieu
Quand il décrit le combat d’Achille contre le Scamandre, Homère peint Junon appelant Vulcain, son fils, au secours du héros grec. C’est bien le dieu mythologique quelle appelle, et ce sont les flammes du dieu réel qui accourent à sa voix : « Aussitôt , «dit-il, Hêphaislos accourt avec d’immenses feux. « D’abord les plantes cl les arbres qui bordaient le U fleuve sont consumés. Bientôt les eaux pénétrées « par l’esprit de l’industrieux Vulcain, bouillonnent, « s’évaporent, et enfin le fleuve est dévoré dans son « lit par l’ardeur des flammes ***. » Il est ici bien évident, suivant ces paroles du poète, que V^ulcain est le Feu personnifié, puisque les eaux sont pénéti ées par l'esprit de l’industrieux Vulcain
Archiloque, cité par Plutarque, en peignant la douleur d’une femme de qui le mari était mort sur la mer, dit qu’elle se serait plus facilement con
(1) Homer. Iliad. lib. ii, vers. 426.
(2) Ilomeri poet. Vita, ap. Gai. üpusc. tiiythol. p. 29(1, ed. 1688.
(31 Ilomer. Iliad. lib. x.xi, vers. 828 ad 867.
{/() TCifiô/ievoi icoXvpifTiuv H<^al<rroio. Il'id. vers. 8.î.'i.
solée si Héphaîstos eût consumé le beau corps de son mari enveloppé de pourpre
Orphée ( Onomacrite ) honore Vulcain, dieu symbolique, comme s’il était le Feu réel. «O Hê- (cphaïstos, lui dit-il, actif Héphaîstos , force puis- <i santé , Feu infatigable , clarté qui luit dans les airs , «démon éclatant, éternel, lumière incorruptible, « portion du monde , élément pur, dieu qui habites « dans le corps des mortels , qui prends toutes les «formes, qui surmontes tout, qui dévores tout,
«habile artiste, dieu puissant par la main
«assiste-nous avec bonté dans tous les ouvrages « que nous fabriquerons »
Pindare, pour peindre le Feu qui commence à dévorer le corps de la nymphe Coronis, dit que les flammes d’Hêphaïstos l’environnent ® ; et quand il veut décrire les gerbes enflammées qui sortent en serpentant du sein de l’Ætna, il dit que le serpent d’IIêphaïsto.s s’élance des gouffres horribles du volcan
Euripide appelle Vulcain le Dadoaqae ou le porteflambeau des noces Ce mot rappelle celui d’Or-
(1) Archiloch. apud Plularcli. de Aad. poet. l. II 0 pp. p. î 3 .
(2) kxdfiaTov miÿ.., xaptepd^eiÿ... adpatà xe Q-vvxâ» oixsis. Orph. Hjrmn. 63 .
( 3 ) Pindar. Pjrth. lib. m, vers. 68, 69, 70.
(4) Pindar. Pylh. lib. i, vers. 47, 48.
( 5 ) niptume, pèv èv ytifiois ^poxàv. Eiiripid. Tivad.
vers. 343.
phée du passage précédent, dieu qui habites dans le corps des mortels. Nous y voyons que Vulcain , Feu atmosphérique et terrestre , était en même temps honoré comme le Feu générateur qui bouillonne dans le sang des époux. Nous trouverons ce principe théologique confirmé par d’autres exemples.
Platon ayant composé une tragédie que Socrate ne goûta point , la mit au feu en disant ; « Assiste- «moi, Hêphaïstos, Platon a besoin de ton aide'’*. » Ce vers est une imitation de celui d’Homère ; « A «moi, Hêphaïstos, Thétis a besoin de toi ®.n
Ailleurs, Platon nous dit qu’Hêpbaïstos est ainsi nommé parce qu’il est le dispensateur de la lumière
Un passage du poète Eubulus n’est pas moins convaincant. «Le soufflet (qui agit sur le Feu), dit «ce poète, éveille les chiens qui gardent Hêphaïs- « tos •*). » Quels sont les chiens que le soufflet éveülc quand il jette de l’air sur le feu, sinon les étincelles? Casaubon en a pensé de même. Eubulus, nous dit-il, appelle élégamment les étincelles les chiens de Vulcain^^K
Le poète Alexis a reproduit cette idée lorsqu’il a
(1) Diog. Lacrt. lib. iii, segm. 5.
( 2 ) UomcT. Iliad. lib. xviii, vers. 892 .
(3) a)àovs (atogx, iucis arbitmm. Plat. Cratjl. t. I 0pp. p. Ito-j .
(4) Eiibulus, ap. Atben. 11b. iii, cap. 26 , p. 108 ; et lib. v, cap. 3, p. 228 ; ed. i664.
(5) Casaub. Mot. ibitl. p. 055.
dit : U Les cliiens nombreux d’Uêphaistos s’élancent « avec légèreté au travers de l’air lumineux » Les étincelles sont ici, dans le langage du poète, la foule des chiens, et leurs craquements sont les aboiements de ces gardiens de Vulcain.
Les stoïciens, généralement mieux d’accord que les autres philosophes avec la religion , distinguaient nettement le Feu en deux genres, savoir; le Feu céleste, et le Feu sabcéleste, et ils formaient de ces substances/ ainsi que le corps de la nation, deux divinités. Le Feu céleste était le dieu suprême; le feu sabcéleste était proprement Héphaïstos ou le Feu artiste Vossius a très-bien expliqué cette différence. Il cite Phurnutus qui appelle le Feu céleste Zeus ou Jupiter, et le Feu atmosphérique et terrestre Héphaïstos
Héraclide de Pont fait la . même distinction r «L’essence du Feu est double, dit-il ;'le Feu céleste «est un être pur, parfait; le Feu terrestre, une sub- « stance mélangée et impure; et c’est cette sub- « stance impure, ajoute-t-il, qu’Homère appelle Héu phaîstos n
Plaute , dans sa comédie d’Amphitryon , fait dire
(1) .\lex. ap. Alhen. lib. ix, cap. 6. •
(2) là TS)(vixàv TTÙp. Diog. Lacrt. lib. vu, segm. 147.
(3) Phurnut. de Nat. deor. cap. 19. — Vossius, de Orii}. idol. lib. Il, cap. 66 ; t. I , p. SaS.
(4) Hcraclid. Pont. Alleg. //orner, ap. Gai. Opusc. mylhol, p. 443, 445 ; cd. 1688.
par Mercure , parlant à Sosie : « Où vas-tu , toi qui « portes Vulcain renfermé dans une corne*''? » Vulcain est ici la lumière ou le (lambeau renfermé dans une corne , c’est-à-dire dans une lanterne.
Varron dit que Vulcain tire son nom de la violence des flammes®.
Dans Virgile la femme du laboureur fait cuire le suc du raisin à la flamme de Vulcain, et dans un autre passage, la maison de Déipbobe tombe démolie par la violence de Vulcain **'.
Ovide ,, en maudissant le poète qui l’avait calomnié et qu’il nomme Ibis, souhaite qu’il erre exilé, pauvre, affamé. Que ni le soleil, ni Phœbé, lui dit-il , ne te prêtent leur lumière; que ni Vulcain , ni l’Air, ni la Terre, ni Pontus ne te laissent de passage 11 est bien évident que lorsqu’Ovide appelle l’Air et la Terre par leurs noms de sub-
(t) Quoambulas, tu qui Vulcauum in cornu concluüuiu geris? Plant. Amphitr. act. i, scen. i, vers. i85.
(a) Ab ignis jam majore vi ac violentia Vulcanus dicilur. Varro, l/c Ling. lot. lib. iv, cap. lo, cd. Spengcl. p. 76 .
(3) Argulo conjux percurrit pectine tclas,
Aut diilds musti Vulcano decoquit bumorem.
Virgti. G<or^. lib. i, vers. 394, 295.
. . . Jim Deiphobi dédit ampla ruinam,
Vulcano superante, domu.s.
Id. Æneid. lib. 11, vers. 3 to> 5 ii.
(/|) -\cc SC Viilcaiius, nec sc tibi præbcat Aër,
Ncc (ibi det Tcllus, nec tibi Poulus lier.
Ovid. (U ïhin, vers. 111, M3-
stances naturelles, il entend aussi par le nom deKn/cain désigner le Feu, comme il indique la Mer parle nom' de Ponlus, et la Lmie par celui de Phœbé. Dans ces dernières désignations il nomme les divinités symboliques à la place des substances naturelles qui sont les dieux réels.
Diodore de Sicile , quoique évbémériste , est obligé de reconnaître que le Feu est appelé Héphaïstos che2 les Grecs, et qu’il est honoré sous cette dénomination comme nn des grands dieux
Denis d’Halicarnasse se demande pourquoi le sénat romain délibère dans le temple de Vulcain sur les affaires les plus graves , et il répond que les pères de la patrie ont cru ne pouvoir invoquer de divinité plus formidable contre la violation des traités , que le Feu dont ce dieu est le symbole
Plutarque se demande pareillement pourquoi Romulus avait placé le temple d’Hêphaïstos hors de l’enceinte de Rome , et il répond : C’est par la raison que cette ville étant dans ses commencements trèsexposée aux incendies , il ne voulut pas renfermer dans l’intérieur le dieu qui préside au Feu Ces mots, gui préside au Feu, décèlent un philosophe
(1) Tè Sè irûp H^ttttrrov àvoftdaat, vofiiaavjas fiéj'av elvai dcov, Dind. Sic. lib. i, cap. 12.
(2) Dion. Halic. Antiq. rom. lib. 11, S 5 o, tom. 1 , p. 1 10 cl 358 ; lib. VI, S 69, etc.
( 3 ) Plularcb. Quirst. rom. I. Il Opp p. 176.
platonicien ; il fallait dire : le dieu Feu ; niais à côté de l’opinion du platonicien se manifeste toujours la croyance publitpie; le dogme religieux, malgré des mots équivoques, demeure le même.
Les Pères ne sont pas moins positifs. « Pourquoi «donc, dit saint Clément d’Alexandrie aux Égyp- « tiens, divinisez-vous le Feu et l’Eau**)? N’est-ce «pas toujours être des athées?» Il en est de même des Grecs. La déesse Ghê, est la Terre; le dieu Poséidon , est l’Elément humide ; le dieu Hêphaïstos, est le Feu On ne saurait parler plus clairement.
Héraclide et ses sectateurs, dit encore ce Père, adorent le Feu comme le principe de toutes choses; d’autres (les Grecs) l’ont nommé*Héphaîstos
Minucius Félix en rapportant l’opinion de Zénon, lequel pensait que Junon était l’Air, Vulcain le Feu, ajoute cette réllexion : «En montrant ainsi que les « dieux du paganisme sont les éléments , Zénon dé- « nonce et met en évidence l’égarement universel *'*). » «Suivant les Grecs, dit Eusèbe, Hêphaïstos est « le Fèu. » Puis il ajoute : « Mais si les dieux sont les «symboles des Éléments, pourquoi des mystères, « des chants , des initiations *^>? »
(i) S. Clcni. Alex. Proirept. cap. lo, t. I 0pp. p. 8 i.
(î) Id. ibid. p. 56.
(3] ËTCpot (ivofioujav. Id. loc. cit. p. 56.
(i) Vulgl deos cleracnta esse monstraiido, piiMicnm argnit graviter et revinril «Trorcm. Min. Félix, Ortav. cap. xix, p. i 8 i, 182 , cd. var. ^5) ilfona-mv Sè {Ç t(7w) eiv'ii to mp. Fiiscb. Prtrp. cvanp.l. iii , c. 2 .
Julius Firmicus qui , d’un bout à l’autre de son traité, soutient aussi que les véritables dieux sont les ^Jéments, se demande ce que c’est que Vesta, et il répond : «Vesta est le Feu domestique qui sert « dans nos fourneaux à nos usages journaliers; » et à ce mot il s’écrie : «Qu’on lui donne donc pour « préti'es des , cuisiniers et non de malheureuses « vierges , etc. » S’il ne dit pas que' le Feu élé- ' mentaire est représenté par Vulcain, c’est qu’il confond celui-ci avec le Phtha égyptien, père de Minerve et qu’il en fait par conséquent le Feu æthéré.
Saint Augustin dépose dans les mêmes termes de l’opinion des Grecs ; « Ils veulent , dit -il , que V^ul- « cain soit l’universalité du Feu répandu dans le «monde, Neptune Tuniversalité des eaux®.»
«Le Feu lui-même, dit pareillement Prudence, «le Feu créé pour notre usage, ils le supposent H doué d’une puissance divine , ils lui donnent les «formes d’uiv homme, ils en font unibrgeron, lui « consacrent des temples et le nomment Vulcain »
(i) Vesta autcni quid sit disette ignis est domeslicus, qui
in focis quotidianis usibus servit. Quapruplcr coquos habeat, non miseras virgines sacerdoles, etc. Jul. Finuic. de Error. profan. reliy. p. 3o, cd. var. ad cale. Min. Fel.
(j) Uua est (Minerva) Vulcani filia. Ibid. p. 3a.
(3) Vulcanum volunt ignem mundi, Neptunum aquam mundi. S. August. de Civ. dei, lib. vti, cap. iti.
(4) l|>5c ignis, nustruiu l'actus qui servit ad usnm,
Théodoret confirme encore ce fait : u Héphaïstos « est le Feu, nous dit ce Père, Océan est l’élcment « humide »
Servius à la même époque nous dit aussi : « Vulucain est le Fçu, iPest nommé Vukain, Vukams, « parce qu’il vole dans l’air, qaasi Volicanas »
Tout cela est positif : voilà le Feu atmosphérique, dieu réel; voilà Vulcain, dieu fictif et symbolique.
Si je citais encore Martianus Capolla, Fulgence, Isidore de Séville, Albéric, et enfin Eustathe, nous verrions cette ancienne tradition se conserver jusqu’aux temps les plus voisins de notre époque*^*.