‹ VulcainChapitre 5 sur 7 · S VI · texte numérisé non relu

S VI

Confusion entre Vulcain et le dieu Phtha de l'Egypte. — Entre Vénus Aphrodite et Atbor.

Je dois parier maintenant du mariage de Vulcain avec Gabira, des enfants qu’U eut de cette nymphe, et de quelques princes qui se dirent ses fils; mais pour éviter d’énormes erreurs , il faut d’abord que j’explique la confusion opérée dans l’antiquité même entre ce dieu et le dieu Phtha de l’Égypte , comme aussi entre Âthor, femme de Phtha , et l’Aphrodite grecque. Ces éclaircissements donneront la solution des énigmes restées sans explications à la fin de la légende.

La haute antiquité de Phllia chez les Kgyptiens ne saurait être contestée. Ce dieu était adoré bien longtemps avant que la Grèce eût institué le culte de son dieu Hêphaïstos, fils de Jupiter, culte qu’on pouiTait presque dire moderne dans la mythologie grecque. Déjà cet aperçu nous prouve la différence qui existe entre ces deux divinités.

Leurs légendes ne se ressemblent en rien. Renfermé d’abord dans le sein de la Matière primitive ou du Chaos, dont l’Égypte fit la déesse Athor, Phtha donna à cette matière humide par le mouvement de rotation qu’il lui fit prendre, la forme d’un œuf. Ensuite il se dégagea de l’œuf, le couva, et en

fit éclore de superbes enfants : ce furent le soleil, la lune , les astres , la terre oi^nisée , qui tous reçurent des noms symboliques , tels que ceux de Phré , Osiris, Hermès, Djpm, Isis, etc.

Créateur de tous les êtres , Phtba en était encore le coordonnateur, le conservateur, le stabilUeur. C’est ce que signifiait son nom , suivant les explications que Jablonski rapporte et qu’il confirme par ce mot proverbial conservé dans Suidas : Phtha, celai qui coordonne et arrange tout, t’a donc parlé

On voit bien que le dieu qui a couvé l’œuf, qui en a fait naître les éléments et les astres, que le père de tous les dieux, en un mot, n’est pas Vulcain boiteux des deux pieds, précipité deux fois du ciel sur la terre, risée de l’Olympe; et que c’est Phtha qui est le dieu suprême.

Un passage de S. Clément, pape (ou S. Clément le Romàin), s’explique de la même manière. Quand ^ cet écrivain nous dit que les Égyptiens appellent le feu Phtha , et qu’ils donnent ce nom de Phtha à leur premier roi il est évident qu’il ne peut entendre que le Feu æthéré, puisque le nom de ce dieu fut

(i) Jablouski, Panth. Æijjrpt. Hb. I, cap. a, S i 3 ; t. I, p. 5 o, Si. — Suidas, voc. <t> 8 ds. — Champollion a confirmé encore cette signification dans son article sur Phlka stabilitear. Panth. Ægypi. n° i6.

(a) «Item, Ægyptii postquam ignem lingua sua Phthaë appelilantes, hujus nomine et primus apud illos rex apellatur. i S. Clem. Homil. lib. ix, S 6; ap. Coteler. SS. Patnim qui temp. apost. flor. 0 pp. t. I, p. 687.

donné au premier roi de l’Egypte ; car le premier roi dut sans doute prendre le nom du dieu le plus éminent, et le Feu æthéré était le premier sous tous les rapports, lui qui était le père de tous les autres. D’ailleurs c’est ici le nom de Phtha qui est conservé; il ne s’agit de Vulcain en aucune manière.

Il existe un monument célèbre dont la signifrcation n’est pas douteuse quant à cet objet, c’est l’inscription de Rosette. Les prêtres de tous les chefs-lieux de l’Égypte composant le corps hiérarchique de la nation, s’étaient rendus à Memphis pour y accomplir les cérémonies de l’intronisation et de la déification de Ptolémée surnommé Épiphane, et celles de son initiation aux mystères sacrés. Il est visible qu’une fêt^ si auguste devait se célébrer sous les auspices du dieu principal de l’Égypte comme elle avait lieu dans la capitale <le l’empire. Tel était d’ailleurs l’usage antique de ce pays où les usages ne changeaient jamais

Le texte grec de l’inscription présente sur toutes ces choses un sens fort clair. « Les pontifes et les « prophètes ^(de Memphis), porte cet acte , et tous les w autres prêtres des temples situés dans le pays , « rendus è Memphis auprès du roi le hien-

(i) • Ubi mos erat solio regio decorari reges qui regnabanl.

«Schol. in German. Aral. Phœnoni • — Cousiiicry, Troisième

Lettre sur l'inscription de Rosette, p. 8i .

«aimé de Phtha t*', roi comme le soleil, le grand

« Hélios ® et réunis dans le plus saint des

« temples ont décrété etc.»

Le roi est, comme on voit, le bien-aimé de Phtha et non d’Hêphaïstos; il règne comme le soleil et non comme Hêphaïstos.

Cinq fois dans le corps du décret le dieu de Memphis est nommé Phtha; deux fois seulement il est nommé Hêphaïstos. On peut donc conclui*e que le vrai nom du dieu dans l’esprit des prêtres est celui de Phtha C’est très-vraisemblablement ce nom de Phtha qui se lit en caractères hiéroglyphiques dans le texte égyptien, et le traducteur grec, qui n’entendait pas la vraie signification de ce nom , l’a rendu par celui de Hêphaïstos auquel U n’attachait pas non plus une idée bien nette.

Ceci nous est prouvé par l’exemple de l’obélisque de Saint Jean de Latran , dit l’obélisque de Ramestès. Là aussi se trouve le nom du dieu suprême figuré en caractères hiéroglyphiques, et Hermapion,

(i) Inscript, lignes 4, 7 , 8 , 9 . — .\meilhon. Éclaircissements sur rinscription grecque trouvée à Rosette, p. 44. Paris, i8o3; in-4".

(a) Ligne 2 .

(3) Amcilhon rétablit trés-bicn de cette manière la ligne 4> du texte qui commence par le mot IspSv, il lit : iv àytcotdsifi rüv <epâri>, p. 83.

(4) C'est ce que dit Jamblique ; «Vocant eum Ægyptii Phtha, • Græci vero hune Phtha noniinant Vulcanum. • Jamblicb. de Myst. Ægypt. sect. vin, cap. 3.

traducteur grec, l’avait rendu, suivant Amniien Marcellin, par celui dUHéphaîstos ; mais l’erreur est à découvert par le titre de père de toas les dieux, que l’inscription donne immédiatement après au dieu suprême car si cet être divin est le père de tous les dieux, on ne saurait le confondre avec le boiteux grec de Lemnos, n’eût-il même pas été désigné par son vrai nom.

• Les images de ce dieu créateur vetsent encore ici une grande lumière. Ge que je vais en dire sera peut-être intéressant, attendu que, si je ne me trompe, plusieurs des monuments dont je parle n’ont point encore été expliqués.

Phtha est représenté de trois manières totalement différentes entre elles. Dans sa première forme, je veux 'dire celle qui le représente dans son premier état, on voit un nain trapu, presque sphérique, grosse tête, courtes jambes, mais robuste, le phallus élevé, les chairs vertes ou jamies, et tenant en main le Jlagram. Les attitudes et les traits de ce nain varient légèrement dans diverses compositions Généralement il est debout; quelquefois sur un crocodile, et portant sur la tête un scarabée On le voit aussi accroupi posant

(1) ô TÜv dec 5 v nanfp. Atnm. Marccll. lib. xvn, cap. 4 , p. i 63 ; ed. Paris. 1681 ; in-fol.

(2) Voyez Chainpollion , Panth. Æ^gypl. pl. 8.

( 3 ) Ihid. même pl. n° 2.

ses deux mains sur ses genoux. Cette figure, dit Hérodote , ressemble aux Pataïques que les Phéniciens mettent à la proue de leurs trirèmes. Cambyse, élevé dans une rebgion toute différente de celle de l’Egypte, vit une de ces idoles dans le temple de Memphis , et hors d’état de la juger, l’insensé l’outragea

Tout paraît cependant pleinement intelligible dans cette religieuse image. Memphis me semble y avoir écrit sa cosmogonie primitive sous des traits peu nobles, mais exacts. Je n’hésite pas à croire (car l’Égypte ne saurait avoir tracé cette figure sans une grave pensée) que ce nain robuste s’est prêté aux formes de l’œuf où il était renfermé : voilà la cause de ses proportions. Le flagrum est le symbole du mouvement qu’il a imprimé à la matière du Chaos. La chair verte est le signe de l’humidité au sein de laquelle il habitait; jaune, elle rappelle le sable qui entrait avec l’eau dans la composition de la Matière primitive Le crocodile est une autre image de l’eau. Phtha est le père de tous les êtres : voilà la signification du phallus. En paraissant hors de l’œuf il a donné la lumière au monde : voilà celle du sca- - rabéel emblème du soleil, qui brille sur sa tête.

Champollion, à qui nous avons la grande obliga-

(i) Herodot. lib. ni, cap. 37.

{3) Jablonski, lib. i, cap. i, t. I, p. 97. — Jupiter, liv. 1, ch. iv; t. 1 , p. 81 .

tion d’avoir lu ici le nom de Phtha, est tombé dans l’erreur lorsque voyant une de ces figures avec les pieds tournés en dedans , il a cru y reconnaître Vulcain estropié. Jamais le dipu Feu n’eut les traits d’un nain , et jamais il ne fut représenté difforme. Ce n’est .point ainsi qu’Alcamène en offrit l’image aux Athéniens Les pieds de Phtha tournés en dedans n’indiquent autre chose que l’impossibilité de marcher qu’éprouvait ce dieu resserré dans l’œuf. C’est ainsi que Praxitèle, dans sa gracieuse statue faussement dite le Sauroctone, voulant représenter le soleil à f équinoxe du printemps , au moment où il va se lancer dans la carrière et où il se retient encore, a collé les pieds du jeune dieu l’un devant l’autre en signe de repos. ^

Une seconde image représente Phtha sorti de l’œuf, debout et entouré de tous les signes de sa gloire. Ses chairs sont vertes , car on ne doit point oublier son origine; mais ses formes sont celles d’un beau jeune homme, celles d’un dieu qui ne peut vieillir. Son corps, depuis la poitrine jusqu’à la plante des pieds ^ est serré dans un vêtement étroit et entièrement blanc® ; telle est la pureté du séjour céleste , telle est la blancheur de l’æther qui

(1) «Atlienis laudamus Vulcanutn in quo stante atque

• vestito, leviter apparct claudicatio non deformis. ■ Cicer. de Nat. üeor. lib. i, cap. 3o.

( 2 ) Cbampol. Panth. Ægypt. pl. 8 (bis).

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forme l’essence du dieu suprême; on sait que la Grèce et Rome empruntèrent à l’Égypte cette idée de la blancheur du ciel Sa poitrine est couverte d’un camaii à quatre couleurs, vert, jaune, bleu et rouge, indiquant les quatre substances qu’il a séparées l’une d’avec l’autre, savoir : l’eau, le sable ou la terre, l’air et le feu. Son bonnet, serré sur le crâne, est bleu, de la couleur de l’air; il tient en mains un long sceptre , dont la tige est pareillement divisée par bandes aux couleurs des quatre éléments. Au haut du sceptre sont placées horizontalement quatre règles ou traverses qui marquent encore la séparation des éléments ; et à l’extrémité supérieure est la tête de Cucupha, symbole de l’amour du maître du monde pour la nature entière. Enfin le dieu est adossé contre une colonne . image de la stabilité de son ouvrage, et divisée par assises que distinguent aussi les quatre couleurs.

On voit combien nous sommes ^oin de Vulcain dans cette figure toute symbolique. La religieuse Égypte eût-elle donné de semblables attributs k tout autre dieu qu’à l’organisateur du monde ?

Qu’il me soit permis de désigner une troisième image de Phtha, dont nous avons déjà remarqué les

(i) Adspicc hoc sublime candens quem invocant Omnes Jnvem.

Eonias , âp. Cicer. de Hat. Deor. lib. Il , cap. 3.

\ oyei Jupiter, part.i, chap. ix;t.l,p. 167 etsuiv.p. iSoetsuiv.

diverses parties dans la précédente. Je veux parler de ce prétendu Nihmètre ou croix à quatre branches si faussement regardé comme un instrument mécanique , et à qui l’Égypte a rendu de constants hommages comme à la plus élevée de ses divinités. Les collections d’antiquités égyptiennes reproduisent cette figure par millier.'» ; elle se rencontre fréquemment coiffée du pschent, ornement que l’Egypte réservait à ses rois ei à ses dieux. Si elle est gravée dans le fronton d’une stèle , les hommes et les animaux sacrés s’inclinent pour l’adorer. Si elle est représentée sur le pourtour d’un sarcophage, c’est auprès de cette image que les prêtres viennent prier pour l’âme du mort. Isis , Nephtys s’agenouillent et l’adorent

Une figure plus compliquée mérite de notre part une attention particulière. Nous y retrouvons l’image du dieu identifiée avec son symbole. Phtha est debout, il a la face et les mains vertes, son corps est serré dans le vêtement blanc où nous l’avons déjà vu; il porte le même camail rayé à quatre couleurs. Ses mains croisées sur sa poitrine tiennent d’un côté le Jlagrum, de l’autre le pedam pastoral. Mais ce qui appelle surtout l’attention , c’est le visage caché comme sous un masque par

(i) On voit cette scène représentée au chevet d’un beau sarcophage de porphyre vert qui a appartenu A feu M. Saulnier. Ce riche et curieux monument n'a point été expliqué.

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les quatre traverses du prétendu nilomètre, et par les quatre zones, jaunes, vertes, bleues et rouges, que ces traverses séparent. Les yeux se voient dans une des zones. Un pschent composé d« deux cornes de bouc, de deux plumes et d’un globe solaire, couronne cette idole

Quel est donc le dieu que les prêtres de Memphis offrent ici à l’adoration publique? C’est encore Phtha, le dieu coordinateur et régulateur***.

Ghampollion dit avoir trouvé dans le texte hiéroglyphique que ce dieu se nomme Phtha stabiliteur^^K Cette dénomination est juste; mais après l’avoir remise en lumière, on ne doit plus confondre Phtha avec Vulcain.

Champollion a rencontré enfin deux figures k tête d’épervier, à chair verte , et vêtues de bleu , qui lui ont paru porter le nom de Phtha socan'^'‘>; mais il n’a pas donné sur ces figures des renseignements assez positifs pour qu’on puisse asseoir un jugement.

L’erreur que je combats est ancienne. Hérodote, Cicéron, Diodore de Sicile, l’ont partagée. Mais le respect dû à des guides si éclairés ne doit pas nous empêcher de la relever. Elle a existé au

(i) Champol. loc. cil. pl. i6.

(]] Ô vclvra Siardamw ..... apiid Suid. voc.

(3) Champol. loc. cit.

(ï) Champol. ibid. pl. lo el i i.

moins dans les noms; et c’est aussi quelque ressemblance trouvée dans les noms qui en aura été la

cause.

Si des auteurs parlent de Vulcain né des eaux du Nil, père ou mari de Minerve, père du Soleil, semblable au lion , qui le premier a mis en lumière les principes de la philosophie, e’est évidemment de Phtha qu’ils veulent parler.

Quand les Grecs commencèrent à se porter en grand nombre en Egypte, frappés de voir dans leur culte national un dieu Feu, chez les Égyptiens un dieu Feu, ils les prirent l’un pour l’autre, sans s’occuper de l’énorme différence qui les distinguait. Les Égyptiens se contentèrent de dire aux Grecs : Vous êtes bien jeunes pour parler des dieux. On se tut, comme on faisait presque toujours en matière de religion ; mais cette erreur peu importante chez les anciens, a eu de graves conséquences chez les modernes.

Vulcain n’ayant pas été réellement élevé par nos savants à la place de Phtha , mais celui-ci ayant été au contraire rabaissé au rang secondaire de Vulcain , il en est résulté que l’Égypte a paru n’avoir point de dieu suprême.

Ce vide qui mettait tous les monuments en défaut ayant été reconnu, des mythologues modernes ont donné à l’Égypte un dieu suprême, et par un renversement non moins grand que le premier.

c’est Animon qui a été choisi ; Ammon , le plus jeune des dieux soleil nés de Phtha et d’Athor, impotent par les pieds , caché dans les déserts pendant les trois premiers mois de sa vie, guéri par Isis, sa sœur; Ammon, enfin, soleil qui commence sa carrière à l’équinoxe du printemps et la termine à l’équinoxe d’automne, est devenu le dieu suprême.

Une autre erreur s’était manifestée chez les anciens par une suite de la 'première, c’est celle qui avait fait donner à Athor le nom d'Aphrodite. La Matière humide du Chaos, premier être réputé féminin qui eût inspiré des désirs à un être masculio, reçut à bon droit des anciens Égyptiens une dénomination qui dut répondre à celle de Vénus; mais Aphrodite était, comme je l’ai dit dans un paragraphe précédent, une création du génie grec toute différente. Aphrodite était l’emblème de la réunion des sexes, et celui de l’attrait qui les appelle l’un vers l’autre. Elle n’éfait pas mère; car jamais dans le sens symbolique du mythe elle n’eut de fils que l’Amour, et ce dieu, conformément à l’esprit mythologique qui représentait chaque substance naturelle par une divinité de chaque sexe, n’était autre que Vénus elle-même sous une forme différente.

Je ne parle point des princes qui firent remonter jusqu’à cette déesse leur fastueuse généalogie; ici le mythe disparaissait. Confondre par conséquent celte

séduisante divinité avec la Matière du Chaos, mère universelle , aïeule du genre humain tout entier, ce ne fut sans doute encore qu'un ahus de mots; mais une semblable confusion n’en est pas moins étrange et inconcevable.

Une autre erreur est née encore de la première, c’est celle qui a fait prendre Vulcain pour le père des Cabires. Ici le vrai est à côté du faux, car le Cabire de Thessalonique est assez connu sur les médailles ; c’est là une raison de plus pour que nous apportions à l’examen de cette question difficile toute notre attention.

5 Vil.

Cabires. — Vulcain, mari de Cabira. — Ses énrants. ^

Il faut, en parlant des Cabires, distinguer dès le début tes Cabires ou les grands dieux de Samotbrace d’avec les Cabires de Lemnos et de Thessalonique.

Quelque obscurité qui enveloppe la partie secrète du culte de ces divinités, deux choses paraissent certaines ; l’une est que l’opinion qui a fait regarder V ulcain comme père des Cabires, ou du moins, a-t-on dit, comme l’un d’entre eux n’a d’autre origine

(i) Jablonski, Ptuith. Ægypt.: Prolnjom. S 26, p. 60. — Frcrcl, Acad, des Inscript. Histoire, t. XXVII, p. 10. — Dupuis, Oriy. des cultes, l. Il, part. 2, p. lüü et suiv.'

que la confusion opérée entre Vulcain et Phtha; l’autre que les Cabires de Lemnos et de Thessalonique, réellement fds de Vulcain et de la nymphe Cabira, sont des divinités totalement différentes des Cabires ou des grands dieux de Samothrace.

Ces distinctions sont l’objet particulier de mon travail. Le mot de Cabires employé sans aucune autre désignation , ne me représente que les Cabires de Samothrace, quelque part que j’observe leur culte. Les Cabires de Lemnos et de Thessalonique forment dans mon esprit une exception à l’idée générale.

Remontons à l’origine. Les Cabires sont les grands dieux, c’est-à-dire, dans mon opinion, ceux qui exercent le plus d’influence sur l’existence des créatures humaines. Les premiers Cabires furent seulement au nombre de deux, tant à Samothrace qu’à Rome. Ces deux dieux antiques, appelés les dieux puissants ou les grands dieax, étaient le Ciel et la Terre*'*. C’est là, dit Varron, ce qu’on enseigne dans les initiations de Samothrace , et ce qui est écrit dans les livi\s de nos augures*''*. Ces deux divinités étaient mariées ensemble, mas et feniina^^K

(i) Principes üei, Cœlum et Terra Terra enim et Cœlutii,

ul Saniolliracuni initia doceiit, sunt Dei maj^ni, cl hi quos dix! inultois nominibus. Varro, de Liny. lal. lib. iv, t. 1 , p. 17; ed. Hipont.

(a) Et hi, quos augurum libri scriptos babent sic, Divi potes ; et buut pro illeis, qui in Samolbracc Oeoi Swarol. Id. ibid. p. 18.

( 3 ) Sed hi mas et femina, id. p. ead.

Il n’y a ici aucun moyen de douter, puisqu’indépendamment du témoignage de Varron, cet homme si savant et si religieux ***, nous avons pour garants les initiations de Samothrace, telles quelles se pratiquaient encore au temps de Varron , et les livres des Augures romains.

Les Cabires de Samothrace et de Rome nous font connaître ceux de Pergame et d’Ilion ; car suivant les traditions le culte de ces dieux ayant été porté de Samothrace à Pergame et de Troie chez les Latins , ils ne pouvaient manquer d’être les mêmes dans toutes ces contrées.

Dans la Phénicie les Cabires étaient au nombre de huit, en y comprenant leur père, nommé Sydic ou le Juste; ils étaient honorés comme les princes ou les maîtres de toutes choses. C’est Sanchoniathon qui nous l’apprend Le siège de ce culte était à Bérythe. ■ ,

Quant à l’Egypte, nous savons par Hérodote que

(i) Son opinion sur l'immortalitc de l'âme et sur le dogme de la métempsycose, nous est attestée par la disposition de son tombeau qu'il ordonna lui-même dans son testament. Plin. Hisl. nat. lib. XXXV, cap. 46. — On peut voir mon Inirod. à l'étude de la Mylhol.

p. CCLXIX, CCLXX.

(’i) Dardauum Deos Pcnates ex Simothrace in Pbrygiam, et diiicaiu ex Plirygia in llaliam dctulisse. Varro. Fragmenta Rer.human. lib. il, op. ed. Schleg. tom. I, pag. ao5. — Virgil. d'ineid. lib. III, vers, lo et scqq. — Strab. lib. vil, pag. 33i , ed. 1620 . — Vlacrob. Saturn. lib. ni, cap. 4. — Serv. in Æneid. lib. ii, vers. 3 j5.

(3) Sancboiiiatb. apud Euseb. Pra-p. evang. lib. i, cap. 10 , p. 3g.

CULTE DE CE DIEU, S Vil.

le culte des Cabires était établi à Memphis, que Phtha, nommé encore ici Héphaïstos, était leur père, et que ces dieux ressemblaient à des pygmées il n’existe aucun texte qui puisse nous instruire davantage Nous ignorons quels étaient les dieux honorés du titre de Ckibires, tant en Phénicie qu’en Egypte; nous ne savons pas mieux quel était le nombre des Cabires égyptiens. La particularité remarquable d’un culte de divinités surnommées Cabires dans les deux pays; la ressemblance morale de fydic ou le Juste avec Phtha , celui qui coordonne et règle fout<*>;‘et d’une autre part les rapports originaires des deux peuples qui ont dû avoir dans leurs commencements plusieurs croyances communes , ces rapprochements ont fait croire que tout devait être semblable dans ce culte chez les deux peuples. D’après cela on a supposé que les Cabires étant au nombre de sept chez les Phéniciens , et de huit y compris leur père, devaient être pareillement

(■] Ilerodot. lib. ni, cap. 87 .

(i) Dans l'opinion de Xénocrate rapportée par Cicéron, il s'agit de huit dieux; savoir : cinq planètes, une étoile fiXequi représente toutes les antres, plus le soleil et la lune (Cicer. de Nat. Deor. lib. 1 , cap. i3). Mais ni l'Égypte, ni les Cabires ne sont nommés. — S. Clément d'Alexandrie, cité aussi à ce sujet, ne fait autre chose que se moquer du philosophe Alcmæon qui croit les astres animés et eu fait des dieux, et de Xénocrate qui adore huit dieux, lesquels sont, dit-il, les sept planètes et le monde. S Clem. Alex. Protrept. l, I 0pp. p. 58; ed. Potter.

(3) Jablouski, Panlli. Æ^ypl. Prolegom. S xxvi, p. Lx.

au nombre de huit chez les Égyptiens; et l’on a conclu pour les deux nations que le culte des Cabires avait dû consister dans l’adoration des sept planètes et du dieu suprême, Phtha ou Sydic, dieu créateur.

Cette opinion a paru à Jablonski la plus vraisemblable Creuzer, sans la rejeter en a proposé une seconde; c’est de prendre pour les Cabires les Ténèbres, le Sable et l’Eau, ou la Matière primitive, et d’y joindre le dieu Pan , compté par Hérodote parmi les huit premiers dieux , etc.

Tout cela est fort peu certain; mais au travers de cette obscurité on voit assez clairement que les Cabires de Memphis et de Bérythe étaient des divinités cosmogoniques, et leur culte un hommage rendu au créateur et à ses principaux ouvrages , particulièrement aux astres. Nulle part le Feu élé mentaire n’était compris parmi ces divinités, ni sous son nom de dieu réel, ni sous aucune dénomination symbolique, quelle qu’elle pût êti’e.

On ne peut douter que les premiers Cabires de Saniothrace , de Pei^ame et du Latium , ne fussent pareillement des divinités cosmogoniques. Le Ciel que Varron désigne par son nom de dieu réel,

(i) IMibil igilur prubabilius. Paiilh. Æyyfit. Vrokijom. p. t.\i.

(3) Oeuier Symholik, trad sous Ir tilro de HeUyions de l'anliqaUê, |)ar M. J. D. Guigniaut, lib. lii, cbap. Ml, t. 1 , p. 470.

(3) Ibid. chap. x , p. 3 1 u, 3 1 1 .

CULTE DE CE DIEU, S VIL Cœlum, est évidemment le père des êtres; il est nommé dans la mythologie grecque Uranus ou Phtha. La Terre, désignée aussi sans figure [Terra), est la Matière primitive incréée, mère universelle; il est souvent arrivé dans la fable que la Terre ou la Matière organisée a été mise en action à la place de la Matière du Chaos, Isis à la place d'Athor, Démèter ou Cybèle à la place de la Nait, de l’Érèbe ou de l’Océan. La commodité du langage amenait naturellement cette confusion de mots. ’

La désignation simple de ces deux grandes divinités réelles, savoir, le Ciel et la Terre, est une preuve de plus de la nature du culte des Cabires de l’Égypte et de la Phénicie. Si le culte de ces puissances célestes est ici réduit à deux, est-ce un signe d’une plus haute antiquité? nous l’ignorons; mais comme ces deux êtres sont le père et la mère de tous les autres , nous pouvons par leur nature juger de celle de leurs enfants.

Ainsi les dieux Cabires ou les grands Dieux de première origine étaient des divinités purement cosmogoniques. On voit bien que, lorsque les Cabires étaient des divinités de cette nature, Jupiter n’était pas encore au monde et que, suivant l’expression des mythologues, il n était pas né; mais un grand changement ne tarda pas à s’opérer. La nation avait trop d’activité pour que sa religion demeurât stationnaire et dans cet état d’enfance. La

76 VIILCAIN.

fable de Proinéthée dérobant le feu du ciel annonce l’impatience des Grecs d’éprouver une amélioration et déjà en démontre l’existence. Danaùs était arrivé d’Égypte. Ses filles se préparaient à établir les Thesmophories. Enfin le vieux Uranus, ou le dieu Ciel, reprit ses droits; le dieu Temps fut renversé et Jupiter naquit. Les mêmes causes agissant de plus en plus, d’immenses révolutions suivirent celle-là. Une foule de dieux vint au monde, enfants du nouveau dieu suprême. On sait avec quelle amertume les Euménides, filles de la Nuit, se plaignent de ce changement dans le Prométhée d’Eschyle

Des divinités cosmogoniques ne suffisaient plus. De toutes les croyances qui amenèrent le nouveau culte, et qu’à son toiu- il répandit et consolida, la plus heureuse en elle-même et la plus féconde en idées poétiques fut le ^ogme de l’immortalité de l’àme, avec lequel s’établit celui de la métempsycose. Les dieux Cabires ou grands dieux furent ceux qui présidaient à la séparation de fâme d’avec le corps, à ses purifications et à son retour à la lumière. L’aspect même du ciel semblait offrir l’exemple du renouvellement de la vie. De même que

(i) Tempus igitur colunt, qui Saturnum colunt Nam

hoc quoque in libris suis habent eorum docti atque sapientes. S. August. de Civ. Del, lib. iv, cap. x.

(î) Æschyl. Eumenid. vers. 78 1 , 782 , 881,882.

chaque jour le sdeil plonge dans l’Océan et eu ressort chaque jour aussi éclatant, de même l’âme humaine parut sortir purifiée des gouffi’es de l’Océan et devenue plus digne d’habiter avec les dieux. Des fables sans nombre , des fêtes où l’on semblait vouloir frapper tous les sens à la fois , des productions des arts, les plus admirables que la main des hommes ait créées, des hymnes, des mystères, des représentations scéniques, tous ces moyens furent mis en œuvre pour faii-e goûter aux populations de si utiles doctrines.

A peine le règne de Jupiter eut-il commencé, ce qui dut avoir lieu, ainsi que je l’ai dit ailleurs, vers l’année i5yo avant notre ère, ou peu d’années après que les Thesmophories furent établies; elles datent presque du même temps. L’institution des mystères d’Lleusis appartient, suivant Sainte- Croix, à l’an iJgA; suivant Larcher, à l’an i AoA Dans les cent soixante-six années environ qui séparentcesdeux établissements, naquirent presque tous

(1) Jupiter, part, i, chap. viii, tom. I, p. i4a et p, i64. — Heyne et l’abbé Fouché ont jugé de l’époque de cette révolution sana l’avoir déclarée positivement. • Il se fit vers ce temps-là, dit Fouché, «une étrange révolution dans les idées religieuses.» (Fouché, Deuxiime Mémoire sur la religion de la Grèce; Académie des Inscripl. t. XXXIV, p. 467.) — «Il semblerait, ditHeyne, queCécrops aurait «établi de nouveaux dieux apportés de l’Egypte.» Comment, soc. Gotling. t. VIII, p. 3o.

(2) Sainte-Croix, Recherches sur les Mystères, t. 1, p. i 1 4- — Larcher, Canon, chron. trad. (THèrodot. t. VII, p. 56g.

les dieux issus de Jupiter, ou plutôt les fables qui supposèrent leur naissance : ce furent Mars , Hébé , Persée, Mercure, fils de Maïa; Apollon, Vulcain qui ne pouvait pas être compté auparavant parmi les Cabires puisqu’il n’existait pas; enfin Proserpine, Bacchus et tous les autres.

C’est aussi dans cet intervalle qu’on ^eut supposer la régénération du culte de Samotbrace. Les fables portent que ce fut Jupiter lui-même qui le réorganisa après l’abandon où il était tombé. Diodore de Sicile dit littéralement : « Dardanus, fils aîné de «Jupiter, était déjà passé en Asie; il avait donné «son nom à la Dardanie, pays où fut depuis bâtie

«Troie, Jupiter ayant voulu également illus-

«trer Jasion, le second de ses fils, lui dévoila les « rites des mystères anciennement célébrés dans la «Samotbrace, qui furent alors rétablis sur l’antique « tradition » Ce peu de mots nous fait assez voir que Jupiter, dans cette prétendue réhabilitation , n’oublia ni la gloire de ses enfants, ni les dogmes de sa propre religion. Il fallait bien que l’établissement de Samotbrace lut d’accord avec les croyances universelles. Ce renouvellement était commandé par l’état des choses. .

(i) Diod. de Sic. Hv. v, chap. 48, traduct. de M. Miot, tome II , p. 4oo et 4oi. — La traduction latine contient ces mots ; Mystfrioram ei ritas præivit, antea quidem in hac insula recepios, srd tanc Iraditione renovatos.

CULTE DE CE DIEU, S Vil.

Le Ciel et la Terre ne cessèrent point d’être honorés, mais on leur adjoignit de nouveaux dieux avec lesquels l’esprit de l’institution changea totalement. Ces divinités furent d’abord au nombre de quatre; savoir : Cérès, Pluton, Proserpine et Mercure sous le nom de Casmilos ou Camille. Les fables qui leur sont relatives mettent à découvert les rapports sous lesquels elles furent comptées ' parmi les Cabires.

Cérès, divinité cabirique, ne fut point Démiter, mère universelle, associée au Ciel dans le premier culte : Cérès cabirique dans le culte nouveau fut Cérès Chthonia ou la Terre, recevant dans son sein les corps des morts et les décomposant pour en former de nouveaux. Pluton, soleil de l’hémisphère inférieur, demeura toujours le dieu des enfers; son caractère n’a jamais changé. On sait assez que Proserpine régna aussi sur les morts. J’ai montré de plus dans un autre ouvrage que cette fille de Jupiter et de Cérès, YineffabU Koré^'\ fruit d’une ineffable conception est une représentation de l’âme humaine descendant aux enfers, revenant à la vie, et allant ainsi tour à tour, suivant les lois de la métempsycose, des enfers à la lumière, et du séjour des vivants dans les bras de son

(i) kppijTOf Kcipir, innominabilU virgo. Enripid. Fragm. Alcjr. vers. 7. — Hesych. voc. Â^fitiros.

(s) y ov«(t. Orph. Hjrmn. Perseph. xxviii, vers. 7.

époux*'*. Mercure ou Camille, le serviteur, dans le .second culte cabirique, fut sans contredit Mercure Psycliopompe, le dieu qui conduisait les âmes aux enfers , et les ramenait à la lumière.

J’abrège tout ceci, attendu que mon unique but est de montrer que Vulcain n’avait rien de commun avec ce second culte cabirique, lequel ne se rapportait qu’aux dieux des morts, et avait seulement pour objet de répandre le dogme de l’immortalité de l’âme.

Je reviendrai au culte de Samothrace. Continuons auparavant à observer la marche de l’esprit religieux dans la généralité de la Grèce.

Sainte-Croix rapporte qu’Eumolpe , chef des Eumolpides, étant allé en Thrace, y trouva les mystères des Cabires établis, qu’il en apprit les cérémonies, et les transporta à Éleusis vers l’époque de l’introduction du culte de Cérès; et il ajoute que ces cérémonies furent adaptées au culte de cette déesse*^*. Il est à regretter que cette tradition ne soit pas accompagnée de preuves suffisantes, car nous en pourrions retirer des notions chronologiques intéressantes; mais, à leur défaut, il parait trèsvraisemblable que le cuite de Samothrace précéda celui d’Eleusis , et que celui-ci , conçu dans le même

(i) Introduction à Vitude de la Mjrthologie, iv" dogme, p. ccxiv et suiv.

(ï)' Sainte-Croix, Rfch. sur les Myst. du pagan. t. 1 , p. 1 20.

esprit, n’en fut qu’une extension. Gérés, en effet, l’amante du serpent, et Proserpine ou l’ineffable Koré leur fille, représentation de l’âme humaine, appelées toutes deux grandes déesses, et toutes deux cabirigaes, nous prouvent assez que le culte d’FIleusis et celui de Samothrace se ressemblaient en beaucoup de points.

Suivant les fables, Pluton, accompagné de Mercure et des Parques enleva Koré avec fagrément de Jupiter, et en fit son épouse. Gérés, désespérée, ignorant qui était le ravisseur, monta dans un char où elle attela deux serpents, prit en mains i deux flambeaux allumés, et alla demander sa fille aux deux, aux mers, à la terre. Jupiter touché lui rendit sa fille; les Parques et Mercure la ramenèrent. Toutes ces fictions appartiennent à la croyance de l’immortalité de l’âme et à celle de la métempsycose; car les deux serpents sont l’emblème de l’âme du monde, et de la vie universelle que cette âme perpétue, et les deux flambeaux reproduisent encore une image des deux vies dont l’homme devait jouir successivement.

A Gorinthe un même temple était consacré aux Parques, à Gérés et à Proserpine ce qui nous

(1) Ciaudian. Bapt Proserp. lib. », vers. 6. — Gori, Iiiscript. etrasq. tab. x.vv, t. III, p. 106. — On voit même des monuments où Minerve accompagne Pluton au moment où il enlève Proserpine Gori , loc. cit.

(2] Pausan. lib. ii, cap. iv.

montre toujours Gérés Cabira, Proserpine emblème de l’âme, et les Parques qui disposent de la première vie et du retour à la vie.

Autant qu’on en peut juger par les cérémonies extérieures d’Éleusis , ce sont là les miraculeux tableaux qui se déployaient dans l’intérieur du temple. D’abord, les adeptes se préparaient à l'initiatioii, on pourrait dire à la mort, par des lustrations qui les purifiaient de leurs fautes ensuite venaient les pleurs et les gémissements en signe de la douleur de Gérés et de celle de Proserpine, à leur séparation. Le cinquième jour des cérémonies, s’exécutait la course des flambeaux allumés que les initiés se passaient de main en main, comme une image* de la vie qui se transmet de génération en génération Le neuvième jour se faisaient des liba-

tions au Giel et à la Terre, père et mère de tous les êtres cé qui montre que les mystères d’Éleusis étaient bien une filiation de ceux de Samotbrace , et que les Gabires de l’ancien culte n’avaient point été oubliés dans l’institution du nouveau. Enfui les cérémonies se terminaient par une représentation du tnarioÿe sacré de Pluton et de Proserpine, des

(1) Sainte-CroiXf t. I, p. 297. S. Clem. Alex. 5 from. lib. v, t. II, p. 688, 689; ed. PoUer.

(2) Kt quasi cursores, vitaï lampada fradunt.

Ltkcrci. Hb. Il, vers. 78.

( 3 ) Sainte-Croii, t. I, p. 335 .

supplices destinés aux réprouvés et des joies célestes promises aux élus

Ce culte se propagea rapidement. Vers l’an i 38o, sous le règne de Pandion, fils de Cécrops II, Caucon, venu d’Éleusis, enseigna la doctrine et les cérémj^nies des Mystères à Polycaon et à Messène, sa femme, qui régnaient dans la Messénie, et ils établirent ce culte dans la ville d’Andanie, capitale de leurs états. Une inscription , citée par Pausanias, rappelait cette tradition Peu d’années après, Lycos, fils de Pandion, donna une nouvelle extension à ces cérémonies <*), et bientôt Méthapus, Athénien de naissance, fonda à Thèbes, en Béotie, les mystères de Gérés Cabiria et de Proserpine, sa fille; culte qui subsistait encore avec tous ses secrets au temps de Pausanias

A Hermione, dans l’Argolide, on célébrait annuellement une fête en” l’honneur de Gérés Chthonia, dont fesprit, quoique très-mystérieux, n’a rien d’obscui’. Les prêtres, les hommes, les femmes,

suivis des enfants, tous vêtus de blanc et couronnés de fleurs propres au deuil , allaient en procession au temple de cette déesse, où l’on immolait' des

(z) Sainte-Croix, l. I, p 353 , 357 et suix.; 366 et suiv.

(3) Ibid. p. 376 et suiv.

( 3 ) Pausan. lib. iv, cap. i. — Larcher place Pandion, fils de (ic cropsII,de 1387 à i 36 i.

( 4 ) Pausan. ibid. Même inscription.

( 5 ) Pausan. lib. IX, cap. x.vv.

victimes qu’on y faisait entrer une à une. Le nom de Gérés Chthonla, la présence des enfants qui suivent leurs parents en habits de deuil, les victimes frappées une à une ; ces particularités parlent trop clairement pour avoir besoin d’explications. Pausanias a vu cette marche lugubre^''.

A Phénée, ville d’Arcadie, on célébrait aussi des fêtes en l’honneur de Gérés Eleasinienne^^K

Une cérémonie du culte d’Argos nous dévoile au moins une branche des mystères cabiriques. Elle consistait à jeter dans une fosse des flambeaux allumés, en l’honneur de Koré, fille de Gérés; elle se pratiquait encore au temps de Pausanias Ges flambeaux allumés étaient visiblement l’image des âmes qui descendent vivantes chez Pluton.

L’adoration des dieux des morts n’était donc pas exclusive à l’île de Samothrace. Elle s’observait à peu prés de la même manière à Athènes, à Anda-

(i) Pausan. lib. il, cap. xwv. — Si l’on s’cn rapportait aux traditions, ccttc institution remonterait bien au delà des temps dont nous [Mirions, puisqu'on l'attribuait à une princesse Cbtiionia, qu’on disait fille de Pboronée. Mais la même tradition portait que cette princesse avait bâti le premier temple apriSs l'arrivée île Gérés dans la Grèce, et cet événement est rangé dans la cbronolugie à plus de cinq cents ans après Phoronéc. — Il faut joindre cette procession aux faits que Morin a rassemblés à l'effet de prouver que les Grecs priaient pour les morts. Académie des inscr^tions et beUes-leltres , t. III.p. 79.

(3] Pausan. lib. vin , cap. xiv.

( 3 ) Idem, lib. n.cap. xxii.

CULTE DE CE DIEU. ï Vil.

nie, à Tlièbes, en Béotie, à Argos, à Herinione, dans l’Argolide, à Phénée, ville d’Arcadie*’*. Convaincu que son âme était immortelle, le Grec apprit par là à s’honorer lui-même et à se regarder comme une portion de la divinité. Ce culte ne tarda pas à recevoir dans Samothrace une addition considérable et qui acquit une grande célébrité. Aux quatre Cabires, Cérès, Pluton, Proserpine et Mercure Psychopompe, il en fut joint deux autres, ce qui portait le nombre total à huit, en y comprenant le Ciel et la Terre.

Ces deux nouveaux Cabires furent les Dioscures, Castor et PoUux, fils de Jupiter.

Il faut dire ici qu’ Adrien Réland a reconnu le premier que les quatre Cabires, Cérès, Pluton, Mercure Psychopompe et Proserpine, étaient adorés comme dieux des morts Mais arrivé à Castor et Pollux, n’apercevant point le rapport de ces protecteurs de la navigation avec le culte des morts, il a reculé devant son système, dont il n’avait pas dé-

(1) M. Scliciling propose une opinion différente. Il fait venir Cabire d'un mot hébreu. Cette opinion embrasse le temps antérieur à Jupiter, et le temps postérieur au culte de ce dieu. C’est avec regret que je ne puis adopter cet avis. Son moindre défaut, à mon sens, c’est que les dieux consentanei et complices étaient étrusques et postérieurs au régne de Jupiter et à l’établissement de ses enfants. M. W. J. Schelling, liber die GotÜieiten von Samo- Ihrace. Stuttgard, in-4°; i8i5.

( 2 ) Inferorum scu sepiiltorum doos. A. Reland. de Dits Cabiris, apud l’oien. Suppl, uirtusq. ihcs. antiii. t. IV, p. 335.

couvert la base. Il a réduit les véritables Cabires à quatre et a laissé les Dioscures en dehors : c’est une erreur de ce savant; car ces nouveaux Cabires n’auraient point été* adjoints aux premiers s’ils' n’eussent été de la même nature, au moins mythiquement.

Homère nous explique la chose aussi clairement qu’il soit possible. Proserpine seule, fille de Cérès et du Serpent, représentait fâme humaine. Elle était quatre mois avec sa mère, quatre mois dails le ciel, quatre mois auprès de son époux. On voulut une image plus vive, une image nouvelle pour réveiller l’attention du peuple et pour ranimer les offrandes , dont il semble que la source commençât à diminuer. Cette fois on employa utilement le soleil nocturne et le soleil diurne. '

«Ces deux frères jumeaux vivent toujours, dit' « Homère en parlant de Castor et Poliux, quoique « inhumés dans le sein de la terre; pendant l’espace « d’une journée, protégés par Jupiter, tour à tour ils « vivent, tour à tour ils meurent; jouissant, quand ils « sont vivants, des honneurs réservés aux dieux®. » Pindare conlinnc la tradition d’Homère en disant ; « Ces deux héros alternativement sont l’un

(1) Non fuisse autem Castorem et Polucem veros et antiques Cabiros et antiques Samothraoicos patet ex illoriim ætate, qua recentior est. A. Kclaml. de Dûs Cabiris, apud Polcn. Supjd. utrinsq. lhes. antiq. t. IV, p. 335.

( 2 ) Honier, Oitys lib. xi , >crs. 3oo et sqq.

CULTli DE CE DIEU, S VII.

«auprès de leur père, l’autre sous les profondeurs « de la terre » Lucien la confirnae encore par ces naots ; «Alternativement l’un est mort, l’autre est « Dieu » . e

Hemsterhuis remarque avec raison que les auteurs latins ont préféré la version portant que Castor •est vingt-quatre heures sous f horizon et vingt-quatre heures au-dessus**). Viigile dit en effet : « Si Poliux « a pu racheter son frère , et si dans autant de jours « il est revenu à la lumière, etc. . . **>. » Ovide et

Silius Italicus ont suivi Virale Mimitius Félix dit avec sa précision ordinaire : « Ils ineurent tous « deux afin de vivre tous deux, morimtur at vivant^^K »

''La considération qui a arrêté Réland, savoir, si l'adjonction de Castor et Poliux aux anciens dieux Cabires est antérieure ou postérieure à la fable de Tyndaride, est pour moi de nul effet, attendu qu’il s’agit seulement d’un jumeau cru mort qui respire encore, de deux héros qui se trouvent l’un après l’autre sous les profondeurs de la terre et dans les gloires réservées aux dieux.

(1) Pindar. Nem. xi, vers. io3 et sqt[.

(2) Luciaa. Dialog. Dcor. x.xvi, l. II, p. 88, ed. Bipont.

(3) Hemsterhuis, not. sur le Dialog. des dieux, xwi, I. Il, p. 344, op. ejusd.

(4) Virgil. Æncïd. lib. vi,vers. 121,122. ,

(5) Ovid. lib. V, vers. 717 et sqq. — Sil. Ital. Punicor.

lib. xni, vers. 8o4, 8o5. •

(ü) Min. Félix, Octav. p. 201, ed. Var. 1G72.

Obligés de descendre tour à tour dans les goulTres de l’Océan et de revenir au ciel par la même route , ils eurent pour père Jupiter métamorphosé en cygne et pour mère la Terre sous le nom de Léda. -C’est Athénagore, chargé de réfuter les erreurs du paganisme devant les empereurs Marc-Aurèle et Commode, qui nous apprend ce fait''*. On voit maintenant que ce n’est pas sans raison que Castor et Pollux sont fils d’un cygne, et que cette fable a son motif ainsi que toutes les autres.

Il ne s’E^issait dans tout cela que de la navigation cabirique ou mystique, c’est-à-dire de la navigation de l’âme humaine au travers des eaux de l’Océan pour aller au séjour des ombres et de son retour à la lumière par le même Océan. Mais les prêtres, voulant tirer profit de la position de leur île au devant des Dardanelles et de la mer dite le Pont-Eaxin, imaginèrent un premier degré d’initiation réservé aux marins qui devaient aller et revenir sur celte mer orageuse. Ces hardis navigateurs payèrent un droit, se confièrent à Castor et à Pollux, et attribuèrent aux bienfaits de ces dieux leur retour dans leur patrie. Ce voyage et cette protection acquirent une telle autorité que Castor et Pollux devinrent, dans l’opinion du peuple , les véritables Cabires, lesCabires proprement dits. Varron se plaint de cet oubli, qui a fait passer dans le jugement

(i) Ailieuag. Pro Christ, cap. xix, p. 88, ed. 170C.

CULTE DE CE DIEU. S Vil. de quelques ignorants toute la puissance cabirique en la personne de Castor et Pollux, adjoints seulement aux véritables Cabires*'*. Ce jugement de Vairon nous montré l’esprit suivant lequel Castor et Pollux sont devenus réellement des dieux de Samotbrace. Ils ont été réunis pour représenter l’âme humaine : voilà leur unique destination.

On voit donc bien que Vulcain ne fut pour rien dans la religion des Cabires. Soit que l’on considère les premiers de ces grands Dieux, qui étaient des divinités cosmogoniques, soit que l’on regarde les seconds, qui étaient les dieux des morts et des âmes retournant à la vie, Vulcain était totalement étranger au culte des morts et au culte des ânties revenant au monde. Vulcain était le Feu, rien que le Feu ; toute autre signification lui était étrangère.

Comment donc est-il arrivé que ce Dieu ait été réputé père des Cabires ou du moins Cabire lui- .même? Si je ne me trompe, le voici. Le fond de mon récit est vrai; les formes et l’époque seulement sont arbitraires.

Quand les Pélasges-Thyrréniens conçurent le projet de s’emparer de l’île de Lemnos , événement que Larcher place vers fan 1 162, voulant transporter avec eux leurs dieux suivant l’usage de ces

(i) «Nam ncque, qiias Ambracia ante portas statuit Juas virilcis spcciesahencas, Dei inagni ; neque, ut volgus piitat, lii Samotbraees Dii, qui Castor et Pollux.» Varro, lib. iv, p. l'y, i8, ed. Sleg.

temps, Us avaient à choisir ; ils pouvaient y porter le culte de Samothrace, déjà rendu fameux par d’autres Pélasges et introduit aussi à Thèbes; ils pouvaient y établir le culte de Vulcain, qu’ils avaient appris à Athènes. Ils se décidèrent pour ce dernier parti. Samothrace était dans le voisinage; il fallait vivre en bonne intelligence avec ce pays ; dans cet état leurs prêtres imaginèrent une nymphe Cabira, native de la Thrace fille de Protée , reine de ce pays et supposée de leur famille, laquelle ne pouvait être qu’une des sources principales d’eau chaude qui doivent se rencontrer fréquemment dans un pays volcanique. Vulcain épousa Cabira, et les enfants nés de cet hymen fiu'ent Gabires , du nom de leur mère, et dieux foirerons comme Vulcain leur père. Ces dieux se nommèrent Alcon et Eurymédon, savants dans fart da On les porte aussi au '

nombre de trois®. Ils eurent plusieurs sœurs ,

Il est vraisemblable que la fable de la chute de Vulcain à Lemnos date de cette époque. Cette légende et celle du mariage de Vulcain avec Cabii'a, circulèrent ensemble et datent à peu près du même temps.

(1) Sirab. lib. x, p. 4.73.

(2) Nonn. Dionys. lib. xiv, p. 387, vers. 16 add. 22; lib. ,\.vix , p. 753, vers. 5 add. 8 .

( 3 ) Hesÿch. voc. Kaiêeipos.

(4) Strab. lib. x, p. ead.

Le culte de Vulcain, mari de Cabira, fut ensuite transporté à Thessalonique mais ce Dieu y arriva tel qu’il était, avec son marteau et ses foires, avec les Cy dopes, en un mot avec-tous les signes propres au dieu Feu. Son union avec Cabira avait fait de lui un Cabire; ses enfants étaient des Cabines du nom de leur mère. Cabires par le nom, ils étaient de plus dieux Feux par leur essence et par la nature de file qu’ils habitaient.

Deux circonstances prouvent que V^ulcain n’avait pas changé de type primitif : la première c’est qu’il est constamment nommé au singulier Cabirus , le Cabire, tandis que les véritables et les plus anciens Cabires sont deux, ensuite trois, ensuite six , ensuite huit, y compris Sydic ou Phtha, leur père,; tandis que les Cabires nouveaux ouïes dieux des morts sont deux, ensuite six, ensuite huit. La seconde circonstance, c’est que le Cabire, sur les nombreuses médailles de Thessalonique , est toujours en habit court, qu’il tient d’une main un rhyton, de l’autre un maillet, et que quelquefois le maillet est dans sa main , quelquefois sur son épaule ce qui fait nécessairement considérer le maillet ou marteau comme un signe mythologique qui caractérise le

(1) • Uunc cumleni Macedonum colit slulta persuaslo. • Jui. Firmic. Mat. de Errore prof, reliÿ. p. i 3 , ed. 167a.

(2) Eckhcl, fl/um. pop. t. Il , p. 78. — Mioiinct, Descripl. de mèd. aiitiq. tome I, p. 490, 491.

dieu , et en fait un fabricateur. Quand Néron , dans tout son orgueil et toute sa magnificence, voulut être nouveau Cabire de Thessalonique, il posa sur sa toge un maillet*'*; ce qui signifiait, nouveau forgeron, nouveau fabricateur, il a reforgé le monde, il a Tait un univers nouveau. Les empereurs Maxime, Philippe l’ancien, Philippe le jeune, Claude II, voulant aussi être à Thessalonique de nouveaux Cahires, prirent pour symbole le rhyton et le maillet, ce qui les désignait toujours comme fahricateürs et forgerons.

Divers mythologues disent, sur la foi d’Acusilaüs d’Argos cité par Strabon, que de Vulcain et de Cabira naquit seulement CamiUus , lequel eut trois fils nommés les Cabines, qui donnèrent naissance aux nymphes Cabiriques

D’autres veulent que CamiUus ait eu deux frères qui l’auraient eux-mêmes massacré et coupé par morceaux

Parmi les premiers Cahires divinités cosmogoniques, on place en effet CamiUus, dont l’existence confirme tout ce que j’ai dit de ces divinités. Mais sa naissance, attribuée à Vulcain et à Cabira, offre , quant à son père et à sa mère , des contra dictions qui doivent la faire entièrement rejeter.

(1) Mioiinct , Supp. t. ]II,p. i 34 -

(2) Strab. iib. x, p. 472, ed. Paris. 1620, in-fol.

( 3 ) Jiil. Finiiic. dr Eriur. piaf, reliy. pajj. 23 , td. 1672.

Ort connaît l’histoire de ce Camillns égorgé et coupé en morceaux par ses frères. Cette fable est visiblement solaire, et retrace la mort du soleil d’hiver. Elle est à peu près la même que celle d’0.siris. Typhon, frère de ce Dieu, le massacra, coupa son corps en quatorze parties et les dispersa. Le phallus fut trouvé dans les eaux du Nil. Isis éplorée fit faire des imitations de ces quatorze parties et les envoya aux villes les plus considérables de l’Égypte Cette fiction est aussi un prélude à celle qui représente le soleil d’hiver dans la forme d’un taureau, tombant sous le glaive du soleil d’été et sous les morsures des animaux qui s’abreuvent de son sang. Or tout cela n’a rien de commun avec Vulcain précipité du ciel par Jupiter sur l’île volcanique de Lemnos, devenu le mari de Cabira, caractérisé par le bonnet aiTondi, l’enclume, le rython, le marteau, qui eut pour fils Aemon et Eurymédon, forgerons comme leur père. Le mariage de Vulcain avec Cabira n’avait point été capable de changer ses dispositions naturelles. Vulcain ne cessa pas d’être un dieu Feu, ce qu’il était suivant sa légende et conformément à ses attributs. Quand tout ce que j’ai dit ci-dessus sur les premiers et les seconds Cabires serait inexact, la vérité en ce qui concerne ce dieu ne pouiTait pas en être ébranlée. Qu’il ait le titre de Cabire, celui de nou- (i) Plularch. pap. 357 , 358.

rcaa Cahirc, celui de père des Cabires, ü- est toujours le dieu Feu précipité sur.l’île de Lemnos, toujours l’époux de la Beauté, toujours, l’amant malheureux de Minerve. ,

Quelques princes se dirent aussi fils de Vulcain par la seule raison qu’ils étaient boiteux ; tels furent Périphétès qui habitait à Épidaure et Ardalus qui inventa la flûte

Les rois d’Athènes successeurs d’Erichthonius se dirent fils de Vulcain, comme représentants de ce prince.

Le géant Cacus se dit fils de Vulcain, parce que sa bouche vomissait des flammes®, et enfin on regarda comme fils de Vulcain Cœculus, fondateur de Prénesle, parce qu’à sa naissance il avait été ti'ouvé dans un foyer®.

Nous avons terminé l’examen de la légende de Vulcain. Tl nous reste à considérer les fêtes célébrées en son honneur et à parcourir les principaux monuments élevés à sa gloire.

(1) ApoHod. lib. III, cap. xvi, S i.

(2) Pausan. lib. ii, cap. xxxi.

( 3 ) Virgil. Ælneîd. lib. viii, vers. ig 3 et sip).

( 4 ) V>id. lib. VII, vers. 679.

CULTE DE CE DIEU, S Vlli.

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