Salzhourg, juin
Offertorium pro festo Saneti Joannis Baptistœ en sol, pour quatre voix, deux violons, basse et orgue.
Ms. perdu.
Allegro moderato ^
Wf^
Une tradition veut que cet offertoire, non daté, ait été composé par Mozart pour un moine du couvent de Seeon, qui était son ami, et qui s'appelait Jean-Baptiste. En tout cas, il a été certainement destiné à une fête de saint Jean-Baptiste, ce qui permet de situer la date de sa composition vers le mois de juin. Mais il est absolument impossible qu'un morceau comme celui-là ait été composé, ainsi qu'on l'a cru, avant le premier voyage d'Italie de Mozart : car, sous sa forme très simple, il est d'un métier déjà très habile, très sûr, et tout à fait pareil à celui que nous ont fait voir les litanies n° 108. L'introduction d'un grand prélude instrumental avant l'entrée du chœur suffirait déjà, à elle seule, pour prouver que cet offertoire n'a été composé qu'après le premier retour de Milan : car on a vu que, jusque-là, tous les chœurs de Mozart faisaient commencer le chant dès les premières mesures. Mais en outre, ici comme dans les litanies précédentes, par-dessus un accompagnement à la fois discret et fort (parfois traité en contrepoint), les quatre voix du chœur jouent le rôle principal, chacune avec sa physionomie propre, ne s'unissant un moment en modulations homophones que pour repartir aussitôt en figures de contrepoint. Tout le petit motet est fondé sur un thème principal qui est le célèbre choral de saint Jean- Baptiste, repris ensuite par Wagner dans les Maîtres Chanteurs : et ce thème, avec la richesse et l'aisance de ses modulations, avec la beauté expressive des intermèdes qui s'y joignent, donne à l'offertoire un caractère très particulier d'allégresse pieuse, au lieu de dégénérer en la gaieté plus profane d'un finale d'opéra ou de symphonie, ainsi que c'est trop souvent le cas dans d'autres morceaux religieux de la jeunesse de Mozart. Dans l'instrumentation, pareillement, les deux violons et la basse ont déjà, chacun, une physionomie et un rôle propres; et il faut voir avec quelle maîtrise Mozart emploie ces instruments à étoffer sans cesse la trame musicale, sans jamais encore leur permettre d'empiéter sur la prédominance du chant.