Salzbourg, entre mai et juillet
Sonate d'église en ré, pour deux violons, basse et orgue.
Ailcgro
Ms. perdu.
Si le manuscrit de cette sonate ne venait pas, dans le cahier autographe, à la suite de celui de la précédente, nous serions tentés de croire qu'elle a été composée avant l'autre : car le style et les idées y ont un caractère italien plus marqué. Le morceau n'a plus, cependant, que deux sujets, et dont le second, avec son rythme et ses marches de basse, rappelle de très près le second sujet de la symphonie en sol n° 104 : mais l'allure brillante et vide du premier sujet, l'insignifiance du petit développement en transition, et le manque de tout changement dans la rentrée, rapprochent cette sonate des symphonies composées naguère à Milan et à Rome. Sans doute Mozart aura dû écrire cette sonate très rapidement, ainsi que le prouvent encore certaines négligences telles que l'introduction d'octaves parallèles dans les parties du premier violon et de la basse : si bien que, faute de loisirs, il se sera contenté de recourir aux procédés sommaires de l'ouverture italienne.
II faut noter encore que, dans cette sonate et la précédente (toujours sans indication de mouvement), le rythme est déjà tout à fait celui d'un allegro de symphonie; et puis aussi que le premier sujet de la sonate est presque identique à celui d'une symphonie de Léopold Mozart (K. Anh. 219).