‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 145 sur 178 · Salzbourg, carnaval de · texte numérisé non relu

Salzbourg, carnaval de

Six menuets à danser avec trios pour deux violons, deux hautbois, une flûte, deux trompettes (ou deux cors) et basse.

Ce n'est pas seulement d'après le papier et l'écriture de ces menuets que nous sommes autorisés à en placer la date au début de l'année 1772. Car, d'abord, évidemment composés pour les bals du Carnaval, — qui commençait d'ailleurs volontiers depuis les fêtes de Noël, — ils ne peuvent pas dater de 1770 ni de 1771, puisque le jeune garçon a passé en Italie les premiers mois de ces deux années. D'autre part, la qualité musicale de ces menuets, ou plutôt le progrès technique dont ils témoignent, nous empêche de les tenir pour contemporains des charmants menuets n° 71 composés par Mozart en 1769; et au contraire nous aurons à étudier une autre série de menuets, ceux-là authentiquement datés de décembre 1773, qui nous révéleront une supériorité infinie, en toute façon, par rapport aux menuets de la série présente. Déjà trop habiles pour pouvoir dater de 1769, mais beaucoup trop fail)les pour que nous puissions les classer en 1773 ou après cette date, les menuets en question doivent donc, forcément, avoir été produits durant ce Carnaval de 1772 que Mozart a entièrement passé à Salzbourg.

Et quant à ce qui est de leur valeur artistique, les quelques mots que nous venons de dire à ce sujet nous dispenseront d'insister sur de petites danses, évidemment improvisées, avec çà et là des inventions mélodiques déjà très agréables, mais sans que l'on y découvre aucune trace du moindre effort créateur, ni non plus d'aucune originalité personnelle. Traités d'une main plus vigoureuse et plus sûre que ceux de la série de 1769, ces menuets n'ont pas môme l'exquise gràcè chantante de bon nombre de morceaux de cette série antérieure : nous y sentons que les goûts et les ambitions de .Mozart, désormais, s'adressent à des genres plus hauts, en attendant que le génie du jeune homme finisse par s'épanouir tout entier jusque dans sa musique de danse. Ajoutons que les deux violons, selon l'habitude italienne de Mozart, tiennent ici une place prépondérante, le premier chargé du chant, le second de l'accompagnement, tandis que les hautbois ou la Hûte se bornent, le

plus souvent, à doubler la ligne mélodique ainsi dessinée par le premier violon.

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