Salzbourg, le ^juillet
Menuet en fa, pour le clavecin.
Ms. perdu.
Comme tous les morceaux précédents, ce menuet a été transcrit par Léopold Mozart, avec sa date, sur l'album de Marianne : mais la feuille qui le portait a depuis longtemps disparu.
Par sa coupe, comme nous l'avons dit, ce menuet diffère déjà des deux précédents, et inaugure un type nouveau, qui se retrouvera dans tous les menuets de Mozart jusqu'à l'arrivée de l'enfant à Paris. Au
lieu de reprendre son premier sujet à peu près textuel, dans la seconde partie du menuet, après quelques mesures de développement, Mozart, maintenant, ne reprendra plus que la seconde phrase de sa première partie, sauf à rappeler librement la première, en façon de développement, aussitôt après les deux barres.
Quant à ce qui est de son style, ce menuet est déjà d'une allure beaucoup plus coulante et plus libre que les précédents, avec une opposition très bien accentuée entre les deux phrases. Mais la seconde de ces phrases, avec son rythme régulier de doubles croches, présente à tel point une apparence de simple accompagnement que nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander s'il n'y avait pas, dans la conception première de Mozart, une petite partie de violon adjointe à cette rédaction du menuet pour le clavecin. Et un autre problème plus curieux encore nous est offert par la ressemblance de la basse de ce menuet avec celle du menuet n° 3, composé deux mois auparavant, et son identité à peu près complète avec la basse d'un autre menuet en fa (n° 5) que Mozart composera quelques jours plus lard, le 16 juillet 1762. En effet, il suffit de jeter un coup d'œil sur les trois morceaux pour constater que la basse du menuet n" 5, ne différant guère de celle du n** 3 que par la suppression des premières notes dans jla rentrée, concorde absolument avec celle du n* 5. D'où nous pouvons conclure, comme nous l'avons dit déjà, qu'il s'agit là d'une basse imposée à l'enfant par son père, en manière d'exercice de composition.