‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 16 sur 178 · Salzbourg, le 16 juillet · texte numérisé non relu

Salzbourg, le 16 juillet

Menuet en fa, pour le clavecin.

Mimiett

Ms. perdu.

De même que tous les morceaux précédents, ce menuet a été transcrit par Léopold Mozart, avec sa date, sur le cahier conservé à Salzbourg.

Gomme nous l'avons dit, ce menuet est composé sur la même basse que le précédent, et doit donc avoir constitué, lui aussi, un petit exercice de composition exécuté par l'enfant sous les yeux du père. Cependant, cette identité de la basse dans les deux menuets n'a pas empêché Mozart de s'essayer ici, une fois encore, à une coupe nouvelle, ou plutôt à une application nouvelle de la coupe adoptée désormais pour ses menuets. Dans ce n" 5 comme dans le n" 4, la seconde phrase seule est reprise, au moment de la rentrée : mais tandis que, dans le n* 4, Mozart, après les deux barres, ramenait son premier sujet, modulé et

traité en manière de développement, cette fois le voici qui remplace ce rappel par un dessin tout nouveau, d'ailleurs composé sur la même basse, et avec les mêmes modulations, achevant ainsi de se conformer à la méthode italienne de ce que nous appellerons le développement nouveau : après quoi, tout à fait régulièrement, il fait sa rentrée en reprenant, dans le ton principal, la seconde phrase de la première partie.

Ajoutons que jamais encore, peut-être, les petits morceaux précédents ne nous ont fait voir un progrès aussi considérable, ni aussi décisif. La partie de la main gauche, maintenant, est déjà un peu dépouillée de sa sécheresse et nudité première ; par instants, les deux mains tâchent visiblement à se partager le chant ; et il y a dans tout le menuet, entre le rythme et la mélodie, un lien profond qui donne à ce menuet une unité d'expression tout à fait remarquable. L'exercice de composition commencé dans le menuet n° 3 se trouve, à présent, parfaitement réussi; et, aussi bien, Mozart lui-même a-t-il dû se rendre compte de la supériorité de ce menuet sur les précédents, puisque nous verrons qu'il l'introduira, en 1764, dans la première des sonates qu'il fera graver.

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