‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 156 sur 178 · Salzbourg, été de · texte numérisé non relu

Salzbourg, été de

Tantum ergo en ré, pour quatre voix, deux violons, alto, deux trompettes, basse et orgue,

Ms. perdu.

A llegro

La date decechœur ne nous est point connue, etson authenticité même n'a rien qui l'établisse documentairemcnt, sauf le fait qu'on en a trouvé une partition parmi les papiers du fils de Mozart. Mais le style du chœur ressemble si fort à celui du Regina cseli de mai 1772, et les idées mélodiques de son accompagnement présentent à un si haut degré le même caractère d'ardeur juvénile qui nous a frappes dans les symphonies de la présente période, qu'aucun doute sérieux n'est possible ni sur l'attribution du chœurà Mozart, ni sur la date approximative de sa composition.

Ecrit peut-être pour la Fctc-Dieude 1772, ce Tantum ergo, plus encore que le Regina cœli de la même année, doit tout son intérêt à sa partie instrumentale, traitée à la manière d'un premier morceaude symphonie. L'orchestre expose successivement, à découvert, deux sujets assez étendus, qu'il reprend ensuite avec quelques modulations très simples, pendant que le chœur chante sur un rythme de notes tenues alternantavec des groupes de croches entrecoupés de silences, procédé dont nous avons déjà rencontré l'équivalent dans les litanies et le Regina cœli de 1772. Le chœur est repris deux fois, le Tantum ergo ayant deux strophes : après quoi l'Amen fait une petite strette ou coda sur le premier sujet, qui rappelle tout à fait les codas des grandes symphonies de la même période. C'est là un morceau évidemment improvisé, et où le chant n'a guère d'importance : mais le traitement des deux violons, — qui continuent encore à prédominer dans l'orchestre, suivant l'ancienne habitude italienne de Mozart, — nous fait voir des réponses et des imitations assez intéressantes. Notons également que le premier contre-sujet du chœur, sur les mots : Veneremur cernui, comme aussi plus tard sur ceux

de Praestet fides, nous offrent une première ébauche du thème fameux que Mozart, après lavoir repris dans maintes de ses œuvres, donnera enfin pour sujet à la grande fugue finale de sa symphonie de Jupiter.

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