‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 161 sur 178 · Milan, entre novembre et décembre · texte numérisé non relu

Milan, entre novembre et décembre

Finale en ré, pour deux violons, alto, deux flûtes, deux hautbois, deux cors, trompettes et timbales, et basse, destiné à transformer en symphonie l'ouverture du Sogno di Scipione.

Presto Ms. à Berlin.

492 SBIZIÈUE PÉRIODE

L'autographe de ce morceau n'est point daté, mais le morceau luimême a paru, chez Breitkopf, comme finale d'une symphonie dont les deux premiers morceaux sont ceux qui forment l'ouverture du Sogno di Scipione. Et quant à la date où Mozart a cru devoir ainsi transformer son ouverture en symphonie, aucun doute n'est possible sur sa détermination, si l'on compare ce finale avec celui de l'ouverture de LucioSilla. Même rythme, même caractère, mêmes procédés d'instrumentation, et il n'y a pas jusqu'aux idées mélodiques qui ne se ressemblent infiniment, d'un morceau à l'autre. La seule différence est que ces idées, traitées en rondo dans le finale de l'ouverture, prennent ici la forme d'un morceau de sonate. Et quant à la destination de la symphonie ainsi produite, on a vu que, à Milan, avant même la première réprésentation de Lucio Silla, Mozart a non seulement « fait beaucoup de musique» chez ce « M. de Mayr » dont nous connaissons déjà le goùl pour la musique in.strumentale, mais encore qu'il a pris part à trois grandes soirées chez le comte Firmian, où « l'on n'a pas cessé de faire de la musique entre cinq et onze heures ». Évidemment le jeune homme aura trouvé là l'occasion de faire entendre plusieurs de ses dernières compositions, choisies parmi les plus conformes au goût italien ; et nous verrons tout à l'heure que c'est à ces mêmes séances que nous sommes peut être redevables de l'achèvement d'une symphonie en ut qui est l'un des chefs-d'œuvre de toute la musique instrumentale de Mozart.

Quant au finale n° 155, nous avons dit déjà qu'il a la forme d'un morceau de sonate, avec trois petits sujets et un développement : mais, ici, les trois sujets et le développement ne sont que des variations d'un même rythme, et conçues de la même manière que dans le finale de l'ouverture de Lucio Silla, c'est-à-dire avec de petits chants nouveaux du premier violon se détachant tout à coup sur l'ensemble du langage musical, — pareils à de vrais chants d'oiseau, — tandis que les autres instruments poursuivent le rythme que le premier violon dessinait avec eux avant cette soudaine envolée mélodique. Le développement n'est, à son tour, qu'un de ces chants sur le rythme des sujets précédents; et après que, dans la rentrée, le premier sujet est revenu tout pareil, une fois de plus le premier violon remplace le second sujet de la première partie parun nouveau chant, très ample et très pur, avec une expression poétique très intense. Toujours comme dans l'ouverture de Lucio Silla, le morceau se termine par une strette nouvelle; et nous retrouvons ici, dans l'instrumentation, les mêmes petits effets très caractéristiques des vents, à quoi s'ajoutent encore, maintenant, dans la troisième idée, des variations du premier sujet exposées en contrepoint par le groupe des violons et celui des basses.

LB DERNIER VOYAGE d'iTALIE ET LA GRANDE CRISE ROMANTIQDE 493

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