‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 171 sur 178 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

tion en abordant ici l'étude approfondie de l'œuvre et de toute la vie musicale de Mozart ! Et l'on ne s'étonnera pas, cela étant, ({ue nous ayons dû nous borner, pour notre premier effort, à l'examen des vingt et une premières années de cette vie, dont on sait d'ailleurs combien elle a été courte, et combien fructueuse. Plus tard, avec l'aide de Dieu, nous tenterons peut- être de pousser plus loin notre investigation, et de déterminer sous quelles influences se sont accomplis les changements divers que nous laisse voir l'œuvre incomparable de la pleine maturité de Mozart. Mais quelque fortune que réserve le sort à cette suite de notre étude, c'est ici, dans notre récit de la formation initiale du maître, que nous avons conscience d'avoir atteint et pénétré les véritables éléments intimes de son génie. Le jeune musicien qui, à la fin de notre second volume, s'en ira de Salzbourg vers Mannheim et Paris aura sans doute encore bien des leçons à apprendre ; il en aura jusqu'au bout,et son oiiverture de la Flûte enchantée, écrite par lui à la veille de sa mort, nous le montrera découvrant des horizons artistiques qui lui étaient inconnus pendant qu'il écrivait son opéra, trois mois auparavant : mais la manière dont il profitera de ces leçons, et surtout la part de soi-même qu'il y ajoutera, tout cela ne subira plus désormais que des modifications assez superficielles, telles que les provoque toujours, dans un jeune cœur, la double expérience du métier et de l'âge. Le véritable génie de Mozart se trouve déjà constitué tout entier, au moment où nous prenons congé du maître salzbourgeois ; et déjà telle des œuvres qu'il laisse derrière soi, — ses deux sextuors n°* 255 et 276, son concerto pour M"® Jeunehomme n" 275, son Sancta Maria de l'automne de 1777 (n° 286), égalent tout à fait en vivante beauté les choses les plus délicieuses qu'il produira dans la suite. Les évolutions du style, chez lui, dureront aussi longtemps que sa carrière ; mais, par-dessous elles, la constitution de son âme de poète et de musicien est décidément achevée, à l'heure où s'arrête cette partie de notre étude. Le prologue du drame merveilleux de sa vie a maintenant fini de se dérouler.

Un mot encore sur notre collaboration. Elle a commencé il y a plus de dix ans, dès le jour où, ayant moi-même le cœur tout rempli de l'œuvre et du génie du maître de Salzbourg, j'ai rencontré un « mozartien » à qui ce génie et cette œuvre étaient aussi

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