En Italie, février ou mars
Adagio en mi mineur, pour quatuor à cordes, destiné l\ remplacer V adagio dans le même ton du quatuor en sol n* loi.
Ms. à Berlin.
^ Adagio
It . >T
Comme nous l'avons dit plus d'une fois, la présence de deux versions d'un même morceau, chez Mozart, indique toujours une remise au point ultérieure : et, donc, il n'est pas douteux que ce second adagio du quatuor en sol ait été écrit quelque temps après le premier. Mais un coup d'oeil jeté sur sa partition suffit pour montrer qu il appartient encore à la même période milanaise, avec cette différence qu'il date du moment où la fièvre romantique de Mozart est parvenue, tout ensemble, à son plus haut degré d'intensité et à la plus parfaite maîtrise de tous ses moyens d'expression. Le fait est que jamais peut-être le romantisme de Mozart n'a rien produit de plus typique que ce poignant morceau, ni qui montre mieux à quel point Mozart, durant cette période de sa vie, avait l'ànie toute imprégnée du plus pur génie italien. C'est un chant de violon, d'une signification pathétique toute pareille à celle du premier andante qu'il remplace, mais d'une conception et d'une forme très différentes, avec un grand nombre d'idées distinctes et cependant apparentées, sans que l'on puisse proprement y reconnaître des sujets séparés. Le développement, toujours a la manière italienne, est nouveau, mais maintenu dans l'esprit du chant qui le précède, et la rentrée dont il est suivi comporte une foule de menus changements expressifs i\m lui donnent presque la valeur d'une seconde strophe, comme dans les lento servant d'introduction aux sonates. Les deux violons jouent un rôle prépondérant, suivant l'habitude italienne, et sans cesse le second s'élève au-dessus du premier, ainsi qu'il fait volontiers chez Sammartini, dont tout ce sublime andante parait d'ailleurs attester vivement l'influence. Ajoutons que les indications de nuances interviennent pour ainsi dire à chaque note, avec des crescendo, des pp succédant tout à coup à des f, etc., ce qui achève de faire pour nous, du morceau, un véritable résumé de l'une des périodes les pjus singulières et les plus mémorables de toute la vie musicale de Mozart.