Paris, janvier
Final en ut, pour la sonate n° 7, avec accompagnement libre d'un violon.
Ms. perdu.
Allegro molto
^4 |j IlE
Le fait que ce final ne se trouve point, dans le cahier de Salzbourg, avec les autres morceaux de la sonate de Bruxelles, avec qui il a été gravé en février 1764, suffirait à indiquer qu'il doit avoir été composé séparément. Mais cela nous est attesté bienplus clairement encore par le style de ce morceau, déjà aussi différent que possible du stylejdu premier allegro et de Vandante de la sonate en question. Évidemment, l'enfant aura éprouvé le besoin de « corser » sa première sonate pour l'offrir à jyjme Victoire et au public ; à moins que, déjà à Bruxelles, il ait conçu sa sonate en quatre morceaux, et que ce nouveau final n'ait fait que remplacer le morceau inédit en ut majeur dont nous avons parlé au n** 7. En tout cas, ici encore, Mozart s'est trouvé encouragé par l'exemple de Schobert, qui, dans son admirable première sonate de l'op. III (dont nous avons dit plus haut l'influence particulière qu'elle a eue sur la sonate en ré de Mozart) comme aussi dans plusieurs autres de ses sonates et notamment dans celle de mars 1764, avait pareillement composé sa sonate de quatre morceaux, mais, lui, le plus souvent, en plaçant son second allegro avant le menuet.
Et quant au morceau lui-même de Mozart, il n'est pas seulement inspiré de Schobert : il en est si directement imité qu'on en retrouverait tous les éléments dans les sonates du maître parisien. Par exemple, le premier sujet est identique à celui du final de la seconde sonate (également en ut) de l'op. I de Schobert; et le troisième sujet, d'un charmant caractère français, est, lui aussi, un thème familier de Schobert. Comme chez ce maître, le morceau est fait d'une suite de plusieurs idées agréablement enchaînées, avec un développement régulier suivi d'une rentrée dans le ton principal, légèrement variée à son début par une modulation mineure. Et il n'y a pas jusqu'aux octaves forte, servant de coda avant les deux barres et avant la fin du morceau, qui ne soient un des procédés accoutumés de Schobert*.
Le morceau est d'ailleurs charmant, plein de vie et d'entrain, avec
1. Cette coda, en outre, ressemble de si près à celle du premier morceau de la sonate de Mozart en sol n» 12 que le présent finale doit avoir été composé tout de suite avant ou après cette dernière sonate parisienne.
une grâce mélodique servie déjà par un art très habile. Il doit avoir été écrit rapidement, au moment où il s'est agi de faire graver le recueil. La partie de violon, rudimentaire, confirme cette hypothèse : car elle doit avoir été écrite en même temps que les parties du clavecin.