Paris, décembre 1763 ou janvier
Menuetto I en si bémol et Menuetto II en si bémol mineur, pour servir de finale à la sonate en si bémol n° 9.
Allegretto
Comme nous l'avons vu, le cahier de Salzbourg ne contenait que les deux premiers morceaux de la sonate en si bémol, composés à Paris le 21 novembre 1763. Les deux menuets servant de finale ont donc, sans doute, été écrits plus tard; et c'est aussi ce que ferait supposer leur style, attestant déjà une influence marquée du goût français. Tous deux, ces menuets dénotent chez l'enfant le désir de se montrer hardi et original ; et le second, en si bémol mineur, ne laisse point d'avoir des passages d'une harmonie assez cherchée. Mais l'exécution, dans les deux menuets, est encore si maladroite, si peu proportionnée à l'audace des intentions, que nous serions portés à croire que c'est ici l'un des premiers essais de l'enfant dans son style français, avant qu'il ait encore pleinement subi l'influence de Schobert. Peut-être Wolfgang aura-t-il écrit ses deux menuets à Versailles, pour pouvoir jouer sa sonate en si bémol en présence de la famille royale?
La partie de violon a dû être écrite après coup, car elle est plus habile que dans les deux numéros précédents, et comporte déjà de petites imitations originales. A noter encore, dans le menuetto II, un rythme saccadé et un emploi fréquent d'unissons qui se retrouvent, tout pareils, dans la sonate en sol n» 12.