Pai'is ou Londres, entre février et septembre
Sonate en fa, pour le clavecin, pouvant se jouer avec l'accompagnement d'un violon ou d'une flûte traversière.
Ms. perdu.
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Allegro. — Andante (en fa mineur). —Menuetto I et Menuetto II (en ré mineur).
Cette sonate était la quatrième des six que Mozart a publiées à Londres, avec une dédicace à la reine Charlotte, datée du 18 janvier 1765 : mais nous savons, par une lettre du père, que les six sonates étaient déjà chez le graveur dès le 27 novembre de l'année précédente. Et nous croyons, en outre, que cette sonate-ci a été composée assez longtemps avant les autres du même recueil, et peut-être encore à Paris : car elle ressemble tout à fait aux deux dernières sonates parisiennes de l'enfant, et l'influence de Schobert y apparaît dominante, sans aucun mélange de celles des Italiens ou de Chrétien Bach. Au reste, il est bien clair que l'enfant n'a pas dû demeurer inactif, entre la publication de ses sonates parisiennes, en janvier 1764, et la symphonie qu'il a écrite à Chelsea durant l'été de cette même année : tout porte à croire qu'il aura composé une ou deux sonates, et les aura introduites, plus tard, dans le recueil de ses sonates anglaises.
Tout, dans cette sonate, se rattache à ce que nous avons dit des sonates de Paris et diffère de ce que nous allons avoir à dire des sonates de Londres : tout, sauf l'aisance, l'expérience, la sûreté et l'habileté du compositeur, qui ont dû se développer presque de jour en jour. D'abord, la sonate est divisée, comme celles de Schobert et toutes les sonates précédentes de Mozart, en un grand alletjro suivi d'un andante, aboutissant à un double menuet. En outre, toujours comme chez Schobert, ou bien les morceaux n'ont qu'un seul sujet (ainsi Vandante), ou bien, quand ils en ont plusieurs, ils nous les font voir liés ensemble, jusqu'à une cadence précédant la ritournelle finale. Et enfin, dans le premier mor ceau comme dans Vandante, nous trouvons, après les deux barres, un assez long dcceloppement, suivi d'une rentrée du premier sujet dans le ton principal. Tout cela va disparaître ou se modifier de plus en plus, dans les autres sonates du même recueil.
Le premier morceau est d'un caractère vif et brillant, avec des traits nombreux, et un emploi presque continu de la. basse d'Alberti. La rentrée du premier sujet, comme chez Schobert, est d'abord très variée, et avec des modulations pathétiques. Quant à Vandante, assez long, et tout construit sur une phrase unique, il faut observer que c'est ici le premier andante mineur (juc nous ayons de Mozart. Son thème est manifestement imité des complaintes Irançaises; et le premier morceau entier pourrait parfaitement figurer dans les anciens recueils de Schobert. Enfin les deux menuets attestent les progrès constants faits par le petit Mozart sous l'influence du maître parisien, dans ce genre où l'on peut bien dire que Schobert a été pour toujours son éducateur et son modèle de choix. Le premier menuet est un très curieux essai de chromatisme, accentué encore par les réponses ascendantes du violon aux gammes descendantes du clavecin; et le second menuet, en ré mineur, n'est ni moins original ni moins expressif. Signalons ici une nouvelle preuve de l'influence parisienne qui s'atteste dans cette sonate : dans les deux menuets, le premier sujet est repris textuellement, vers le milieu de la seconde partie, comme dans les menuets parisiens, tandis que dans les anciens menuets salzbourgeois de l'enfant et dans ceux qu'il va composer ensuite à Londres et à la Haye, cette reprise du premier sujet n'aura plus lieu qu exceptionnellement.
Le même progrès technique quenous avons observé dans la partie du clavecin se retrouve dans la partie du violon. 11 est vrai que l'accompagnement du premier morceau se borne presque toujours à suivre la main droite du claveciniste : mais dans Vandante et dans les menuets, au contraire, le violon imite en contrepoint le chant de la' main droite, et parfois avec des effets harmoniques déjà tout mozartiens. Sous la diversité des styles, le développement professionnel de l'enfant,' à cette période de sa vie, se poursuit et s'accentue sans interruption.