Chelsea ou Londres, entre août et novembre
Sonate en la, pour le clavecin, avec accompagnement libre d'un violon ou d'une flûte et d'un violoncelle.
Ms. perdu.
Andante
Andanle. — Allegro.
Ici encore, sans parler de la division en deux morceaux, nous sentons très fortement l'inHuence des clavecinistes italiens. Le premier morceau, sans rentrée dans le ton principal, est la longue et déjà très habile poursuite d'une phrase unique, très chantante et très italienne, avec une figure d'accompagnement qui se poursuit à travers tout le morceau. Nous avons ici le premier exemple d'un genre de composition que nous retrouverons à toutes les étapes de la vie de Mozart, et qui s'épanouira merveilleusement dans le premier morceau du trio de clarinette de 4786. Et sans doute cet emploi d'un accompagnement con-
tinu répondait à une tendance native du génie de Mozart : mais l'occasion de le pratiquer ne lui en est pas moins venue, à coup sûr, des clavecinistes italiens. Le fait est qu'on rencontre de ces figures d'accompagnement, répétées et modulées de mesure en mesure, dans toute l'école italienne, depuis Scarlatti jusqu'à Sacchini, dont une sonate en la (mais sûrement postérieure à celle de Mozart) a un sujet très voisin de celui du présent andanle. Et il n'y a pas jusqu'à l'accompagnement de violon, dans cet andante de Mozart, qui ne répète à son tour, en imitation, la même figure d'accompagnement, achevant de donner ainsi au morceau un caractère de gracieuse rêverie mélodique.
Quant à Vallegro qui sert de finale, il est fait sur le même modèle que la première partie du finale de la sonate précédente : un thème très vif et très gai, à trois temps, reparaît sans cesse, plus ou moins' varié ; et cette série de variations n'est interrompue qu'une fois, par un court intermède mineur, d'ailleurs très original, avec des chromatismes et un curieux effet d'unisson. Le morceau se termine par une strette qui peut encore être considérée comme une dernière variation ; et nous devons ajouter que, parmi la suite des variations, il s'en trouve une en mineur, ce qui, comme nous le verrons, était fort rare à cette époque. L'écriture de ce finale est d'une aisance et d'une sûreté remarquables ; et l'intime parenté de ce finale avec Vandante pi'écédent fait de la sonate n" 20 la plus réussie de toutes celles du recueil anglais.