‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 31 sur 178 · Londres, octobre ou novembre · texte numérisé non relu

Londres, octobre ou novembre

Sonate en si bémol, pour le clavecin, avec l'accompagnement libre d'un violon ou d'une flûte et d'un violoncelle.

Ms. perdu.

Andante maestoso

Andanle maestoso. — Allegro grazioso.

Cette sonate, la dernière du recueil de Londres, doit avoir été composée assez longtemps après les précédentes. C'est ce que nous prouverait déjà le fait qu'elle est en si bémol, tandis qu'une autre des sonates du recueil est dans le môme ton ; mais le style de la sonate le prouve mieux encore, étant très sensiblement différent de celui que nous avons trouvé dans tout le reste du recueil. Ici, déjà, l'influence de Chrétien Bach se fait sentir très profondément, avec, tout au plus, un mélange de l'influence de Hccndei et de son élève Smith. Non seulement, dans le premier morceau, le premier sujet ne fait point de rentrée dans le ton principal, mais ce premier morceau a déjà, comme ceux de Bach et d'Abel, deux sujets très distincts, séparés l'un de l'autre par une cadence et un point d'orgue. Et sans doute l'enfant, frappé de ce système nouveau, aura voulu l'accentuer en choisissant deux sujets aussi opposés que possible : car on ne saurait imaginer contraste plus complot. Le premier sujet, qui correspond bien à la désignation andante maestoso, est une série d'accords majestueux, sur un rythme de marche, modulant dans divers tons avec un grand souci d'originalité harmonique ; le second est un petit thème guilleret en fa majeur, survenant de la façon la plus imprévue après cet imposant exorde. Et ce contraste

est plus marqué encore dans la seconde partie du morceau, où le premier sujet est varié, étendu, renforcé au double point de vue de l'expression et des harmonies, tandis que le second reparaît presque sans changement, tout menu et simplet. Mais cette insuffisance du second sujet ne doit pas nous rendre injustes pour la hardiesse, le pathétique et la grande sûreié musicale que révèle déjà l'ensemble du morceau : nous avons ici un nouveau témoignage du grand effort fait par lenfant durant tout l'espace de son séjour en Angleterre.

Le second morceau est le seul finale de toute la série qui soit traité en « morceau de sonate ». Ici encore, il y a deux sujets distincts, et dont le second seul est repris dans le ton principal. Désormais, des années se passeront avant que nous trouvions, dans l'œuvre de Mozart, un développement suivi dune rentrée dans le ton principal.

Ajoutons que l'accompagnement de violon, dans toute cette sonate, est beaucoup plus libre et déjà plus habile que dans les précédentes, avec un emploi presque continu de la réponse en imitation qui nous montre, lui aussi, le petit Mozart passant décidément de l'influence de Schobert à celle de Chrétien Bach.

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