‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 41 sur 178 · Amsterdam, février · texte numérisé non relu

Amsterdam, février

Sept variations en ré, pour le clavecin, sur l'air communément appelé Guillaume de Nassau.

Ms. perdu.

Nous avons dit, à propos du numéro précédent, que c'est Léopold Mozart lui-même qui, dans son catalogue de 1768, inscrit ces variations comme ayant été composées « à Amsterdam ».

Par leur coupe extérieure, elles ressemblent encore tout à fait aux variations n° 31 : mêmes artifices de virtuosité facile, même introduction d'une variation adagio, même basse d'Alberti continue dans la variation finale. Toujours pas encore de croisements de mains, ni de chant à la main gauche ; et toujours pas encore de variation mineure. Mais, sous cette ressemblance apparente, l'esprit des variations nouvelles est déjà tout autre. L'enfant, en vérité, n'ose pas toucher sérieusement à la mélodie de son thème, qu'il reproduit à peu près pareille d'une variation à l'autre: mais déjà il se préoccupe constamment d'en « varier » l'expression, et de faire signifier, à chacune de ses reprises de la mélodie, un sentiment différent. Cela se révèle à nous tout de suite, dès la première variation ; et de reprise en reprise le changement devient plus sensible, jusqu'à la plainte solennelle de Vadagio et au gracieux babillage de la variation suivante. Seule, la dernière variation n'a pas l'intérêt qu'elle avait dans l'autre recueil. En outre, l'écriture musicale se resserre et se renforce considérablement. Les petits effets de contrepoint, les réponses de la main gauche, les modulations expressives se multiplient. Déjà nous sommes très loin des variations "dEckard sur le menuet d'Exaudet. Et, tout à l'heure, les sonates vont nous montrer ce progrès se poursuivant, et le petit Mozart atteignant, dans le genre de la variation, à la même aisance et sûreté technique où nous l'avons vu parvenir dans les genres de la sonate et de la symphonie.

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