‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 46 sur 178 · La Haye, février · texte numérisé non relu

La Haye, février

Sonate en fa, pour le clavecin, avec l'accompagnement libre d'un violon.

Ms. perdu.

Adagio. — Rondo : tempo di menuetto.

416 SEPTIÈME PÉBIODE

Avec la précédente, et à un plus haut degré encore, cette sonate est une de celles où l'enfant a apporté le plus de soin. Elle a, tout entière, un caractère italien très particulier, et doit avoir été inspirée à Morart par un modèle qu'il serait bien intéressant de pouvoir retrouver. Notons d'abord que le premier morceau est un adagio, et a véritablement les allures et la signification d'un mouvement lent, — au contraire, par exemple, de Vandanle poco adagio qui ouvrait le n° 34, et qui était proprement une sorte d'allegretto, ici, Mozart commence sa sonate par un grand chant pathétique, dont la phrase se poursuit continûment à travers le morceau, et que l'on ne saurait mieux comparer qu'à la première partie d'un air d'opéra italien. Et à ce chant continu répond un accompagnement continu de triolets qui, presque à chaque mesure, se renforce de notes expressives de la basse, jouées parla main droite. Pour la première fois, ici, Mozart emploie largement le procédé nouveau des croisements de mains, procédé très rare chez Chrétien Bach, mais fréquent chez les clavecinistes français, comme aussi chez Graf; et il est vraiment merveilleux de voir comment, tout de suite, l'enfant éprouve le besoin de revêtir d'un sens particulier tout procédé nouveau qui lui tombe sous les yeux : ces notes basses de la main droite, rythmant les périodes du chant, ont une couleur et un charme des plus remarquables. D'autre part, la fréquente répétition des membres de phrase rappelle encore l'élève de Bach ; et nous n'avons pas besoin d'ajouter que la coupe du morceau est toujours l'ancienne coupe en deux parties, sans rentrée du premier sujet dans le ton principal. Quant au rondo qui suit, c'est encore un rondo à l'allemande, avec de petits épisodes entrecoupés d'une reprise du thème : mais il faut y signaler, comme déjà dans le rondo final du n° 33, une variation mineure du thème, qui, ici, est en même temps une variation lente {poco adagio), et qui peut déjà servir de prototype des variations mineures que Mozart, ensuite, aura toujours soin d'introduire dans ses airs variés.

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