‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 5 sur 178 · INTRODUCTION Y · texte numérisé non relu

INTRODUCTION Y

ce génie poétique a eu besoin de recevoir d'ailleurs Télan nécessaire pour engager son art dans des voies nouvelles, — sauf pour lui à transfigurer tout de suite, en les animant d'une signification et d'une beauté à la fois bien plus hautes et tout originales, les idées ou les procédés que lui révélait l'œuvre de tel ou tel musicien rencontré au passage. Que l'on se représente une sorte de Don Juan condamné par un instinct mystérieux à devoir s'éprendre sans arrêt de nouvelles maîtresses, — mais simplement parce qu'en chacune d'elles, tour à tour, il espère trouver un merveilleux idéal de grâce passionnée, — et puis prêtant aussitôt à chacune d'elles un magique reflet de sa propre beauté : c'est un peu l'histoire de la vie de Mozart, à la condition de se rappeler que ces maîtresses qui tour à tour l'ont fasciné un moment et conquis tout entier n'ont pas été les créatures banales commémorées par ses biographes, les M"" Duschek ni les Aloysia Weber, mais bien, pour ainsi dire, les nobles muses que dévoilaient à ses yeux les œuvres d'un Chrétien Bach, d'un Schobert, ou d'un Michel Haydn. Éternellement travaillé, lui aussi, du désir de réaliser un rêve de perfection irréalisable, et, par là, éternellement mécontent de l'ouvrage déjà fait, il lui suffisait d'entrevoir par hasard un morceau de quelque maître inconnu jusqu'alors pour se persuader que ce maître-là, seul, était homme à lui découvrir enfin le sentier qui le conduirait vers cette perfection vainement cherchée. Tel nous le montrent ses années de jeunesse, renouvelant son inspiration et son style presque de mois en mois ; et tel ce puissant créateur restera jusqu'au bout, sans se douter peut-être de la prodigieuse unité foncière qu'apportait son génie à ces incessantes « manières » où il s'essayait.

Ai-je besoin d'ajouter que personne, jamais, ne s'est occupé d'étudier à ce point de vue la vie de Mozart? Le seul des nombreux biograplies de ce maître qui ait pris la peine d'examiner l'ensemble de son œuvre en même temps que les conditions extérieures de sa carrière s'est trouvé être un savant et consciencieux philologue allemand, Otto Jahn, profondément empêché, à la fois par sa nature et par son éducation professionnelle, de considérer une œuvre artistique comme la chose toujours vivante et mobile qu'elle est. Pas un moment Otto Jahn ne s'est aperçu de l'évolution indéfinie, du constant va-etvient, de l'allure essentiellement capricieuse et changeante du

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