‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 51 sur 178 · Paris, le \tjuin · texte numérisé non relu

Paris, le \tjuin

K3rrie en fa, pour quatre voix, deux violons, alto et basse (parfois chiffrée).

Ms. aut. à Berlin.

Larghetto

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L'autographe de ce petit Kj/ïie porte, delà main de Wolfgang luimême, la curieuse inscription suivante : Mese, à Paris, le 12 juni, di Woifgang Mozart, 1766. Or, malgré le galimatias polyglotte de cette inscription, il nous parait incontestable que le mot « Mcsc » était pour signifier : « iMesse ». De telle sorte que nous avons là une indication certaine de l'origine du Kyrie, qui a bel et bien été destiné par

1. Ajoutons que, d'ailleurs, dès sa rentrée à Salzbourg. Mozart attestera l'influence exercée sur lui par Schobert en adaptant pour l'exécution avec orchestre un ou plusieurs morceaux des sonates du maître parisien.

l'enfant à commencer, déjà, une messe complète, restée à l'état de projet. Et la chose est d'autant plus singulière que l'habitude des messes, à Paris, avait alors presque entièrement disparu ; mais sans doute l'enfant se préoccupait de son prochain retour à Salzbourg.

Cependant, pour n'être pas un motet, ce morceau a un caractère français très marqué, à la fois beaucoup plus simple et plus précis que celui de la musique d'église italienne ou allemande d'alors. Et, en outre, tout le Kyrie a pour thème unique un air, ou plutôt un refrain, d'une allure absolument française. Ce refrain, exposé tour à tour par les voix et les instruments, puis un peu modulé dans le Christe eleison, reparaît ensuite, repris sans changement, pour aboutir à quelques mesures de coda, qui sont d'ailleurs le passage le plus original du morceau entier. Ajoutons qu'à cette simplicité, très rudimentaire, du plan correspond une réalisation non moins rudimentaire. Le ténor, presque toujours, suit le soprano; l'alto et la basse marchent volontiers ensemble ; les instruments, quand ils ne répètent pas le chant en écho, ou ne le doublent pas, se bornent à un accompagnement assez insignifiant ; et les pauvres petites velléités de contrepoint achèvent de nous montrer combien l'éducation de l'enfant restait encore négligée, dans ce domaine particulier de son art. Evidemment aussi, le petit Mozart avait tout à apprendre en fait de musique religieuse : un Kyrie, pour lui, était quelque chose comme un andanle de symphonie avec des voix substituées ou jointes aux instruments. Ce qui n'empêche pas, au reste, le présent n" 16 d'avoir déjà un certain charme très doux et tendre, appartenanten propre à Mozart, et qui se retrouve surtout dans la coda signalée tout il l'heure, ainsi que dans une délicate série de modulations destinées à unir le premier Kyrie avec le Christe.

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