‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 55 sur 178 · SalzboîM'g, mars · texte numérisé non relu

SalzboîM'g, mars

Grabmusik (Passions Cantate), pour soprano et basse, avec accompagnement de deux violons, deux altos, cors et basse.

Ms. aut. à Berlin.

I. Récitatif et air de l'Ame (Basse). — Récitatif) : Wo bin ich? — Air : Felsen, spallet euren Rachen {allegro en ré).

II. Récitatif et air de l'Ange (Soprano). — Récitatif : Geliebte Seele. — Air: Betracht dies Herz [Andanle en sol mineur).

III. Duo de l'Ange et de l'Ame : Jesu, was hab ich get/ian? [Andanle en mi bémol) .

Cette petite cantate allemande, composée pour la semaine sainte de 1767 *, se rattache directement à l'oratorio précédent : etd'autantplus il est curieux de voir l'énorme progrès accompli par l'enfant après le long effort de cet oratorio. Tout, ici, est plus simple, plus net. que dans l'oratorio, et les mêmes moyens y sont employés avec un art déjà très original. Les deux petits récitatifs qui précèdent les airs sont d'une justesse d'expression remarquable : avec cela bien plus musicaux que ne le seront bientôt les récitatifs italiens de Mozart. Quant aux airs, le premier est un grand air à da capo, découpe régulière, avec des effets d'harmonie imitative pareils à ceux que nous avons signalés dans l'oratorio. Mais, de plus en plus, Mozart se retrempe dans l'esprit du vieil oratorio allemand, et son chant de basse n° I, avec son ornementation tranchée, fait songer à un air de Hœndel. Le second air, par contre, est d'une coupe absolument libre, le premier de ce genre que nous rencontrions chez Mozart : c'est un chant mineur où le sens des paroles est suivi de proche en proche, sans aucune reprise, jusqu'à ce que, par la transition d'un adagio pathétique, l'air aboutisse à une sorte de récitatif accompagné, plein de modulations expressives. L'air lui-même ne saurait être mieux comparé qu'à un /terf plaintif, fort peu orné, et accompagné d'une série de modulations très caractéristiques du ton de sol mineur, tel que Mozart va le traiter jusqu'à la fin de sa vie. Le duo final lui-même est d'une coupe libre, et charmant dans sa simplicité, avec une reprise très variée du premier sujet à la fin. Les deux voix chantent séparément ou s'accompagnent à la tierce, et le contrepoint, d'une façon générale, n'a pas plus de rôle dans la cantate que dans l'oratorio qui précède. Ajoutons que l'admirable chœur qui termine actuellement la partition de cette cantate a été écrit plus tard, sans doute aux environs de 1773, et sera étudié séparément-.

1. L'autographe porte seulement l'année 1767, mais cette cantate funèbre n'a pu être composée qu'au moment du carême.

2. Comme nous l'avons dit à propos de la Schuldigkeit, c'est seulement à cette petite Grabmusik que peut s'appliquer, — si elle est vraie, — l'anecdote (rapportée par Daines Barrington) du petit Mozart ayant à composer « un oratorio complet » en une semaine, dans une chambre où l'a enfermé l'archevêque.

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