Salzbourg, entre janmer et mars
Récitatif et air (licenza) pour ténor, avec accompagnement de deux violons, alto, deux hautbois, deux bassons, deux cors, trombones et basse.
Ms. aut. à Berlin.
Allegro maestoso
Récitalif: Or cheil dover m'astringe. — Air (en ré) : Tali e cotanli son di Sigismondo i merili (allegro).
Les licenzc étaient des airs facultatifs que l'on avait coutume d'introduiie dans les opéras ou les cantates, le plus souvent pour rendre hommage à tel ou tel prince qui assistait à la représentation. Ici, le personnage glorifié est l'archevêque de Salzbourg Sigismond, mort en 1771 ; et comme l'on possède une autre licenza de Mozart en son honneur, et qu'il n'est guère probable que l'enfant ait pu écrire des morceaux de ce genre pendant les deux années 1768 et 1770, qu'il a toutes passées hors de Salzbourg, tout porte à croire que la licenza n" 47, évidemment antérieure à l'autre, aura été écrite en 1767. Et, en outre, nous pouvons affirmer sans crainte qu'elle est des premiers mois de cette année, contemporaine plutôt de la Scliuldigkeit que d'Apollo et Hyacinthus : car non seulement, comme nous allons le dire, son récitatif et son air ressemblent très vivement à ceux de l'oratorio, mais la partie d'alto n'y est encore écrite que sur une seule ligne, tandis que nous allons voir Mozart, dès son Apollo, prendre régulièrement l'habitude de doubler la ligne consacrée aux altos. Très probablement, cette licenza aura été intercalée dans la Schuldigkcit.
Ici comme dans l'oratorio, Mozart a voulu déployer toute sa science. Le récitatif accompagné du début est très long, et traité avec beaucoup de soin; l'air, également très long, a la coupe traditionnelle, avec deux morceaux, dont l'un expose deux fois un grand sujet mélodiiiue, tandis que l'autre, beaucoup plus court et d'un autre mouvement, n'est qu'une sorte de petit intermède pour ramener la reprise complète de la première partie. Comme dans la Schuldigkcit, cette première partie, malgré son extension, n'a encore qu'un seul sujet. Ouant à l'orchestration, elle joue ici un rôle très important, soit qu'elle double le chant ou qu'elle l'écrase sous la richesse de ses figures d'accompagnement. A noter le travail constant des hautbois et des bassons, comme aussi, de même que dans la Schuldigkcit, l'emploi fréquent des trombones.