‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 59 sur 178 · Salzbourg, avril ou mai · texte numérisé non relu

Salzbourg, avril ou mai

Ouverture (Intrada) en ré de la comédie Apollo et Hyacinthus^ pour deux violons, deux altos, violoncelle et basse, deux hautbois et deux cors.

Ms. aut. à Berlin.

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Rien ne nous prouve que cette ouverture n'ait pas été composée plutôt avant la comédie qu'elle doit précéder : mais nous l'étudions ici après cette comédie pour pouvoir la rattacher aux œuvres instrumentales qui vont suivre.

Par sa coupe générale, cette ouverture, tout comme celle de la Schuldigkeit, est simplement un premier morceau de symphonie : mais déjà nous voyons apparaître ici des particularités nouvelles que nous allons retrouver dans toutes les oeuvres de la fm de l'année 1767, et qui nous montrent le petit Mozart s'émancipant déjà, en partie, de l'influence de Chrétien Bach et de celle des maîtres italiens et français. Bien des points révèlent encore, cependant, l'action de ces influences sur l'enfant : ainsi les répétitions de phrases, les marches de basse sous des tenues ou des trémolos des violons, et surtout l'habitude obstinée de ne point faire rentrer le premier sujet dans le ton principal. Mais, avec tout cela, l'inspiration musicale de l'enfant est en train de changer, sous l'effet de l'atmosphère allemande de son pays, et des œuvres, toutes proches, de Michel Haydn. Le changement principal, qui d'ailleurs ne se découvre encore ici que très faiblement, consiste, à la fois, dans une extension des idées, qui deviennent plus coulantes et familières, et dans la multiplication des petits sujets, désormais moins nettement séparés que dans les œuvres imitées en droite ligne de Chrétien Bach. En outre, nous voyons aussi l'enfant, dans ce morceau comme dans les suivants, renoncer à son ancienne habitude de varier et d'étendre la seconde partie d'un morceau. Jusqu'alors, à défaut d'un véritable développement, suivi d'une rentrée du premier sujet dans le ton principal, il se croyait tenu de développer, de rendre nouvelle et plus expressive, la reprise du premier sujet à la dominante, après les deux barres : mainl^ant, voici que sa seconde partie a, tout juste, le même nombre de mesures que la première : en quoi l'enfant, ingénument, imite les maîtres de son pays, qui, ayant l'habitude des développements, ne s'occupent plus ensuite d'étendre leur rentrée. Et le petit Mozart fait comme eux, sans comprendre que ce procédé ne s'excuse que par la présence, avant la rentrée, de ce développement dont il s'obstine à ne pas vouloir.

Ajoutons enfin que, dans l'ouverture de sa comédie latine comme

dans cette comédie même, Mozart n'apporte plus le soin évident dont témoignaient l'ouverture et le corps de son oratorio. La même apparence d'improvisation que nous avons notée dans les airs d'Apollo se rencontre dans cette Intrada, mais accompagnée de la même impression d'aisance plus grande, sous une inspiration nouvelle.

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