‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 75 sur 178 · Vienne, entre janvier et décembre · texte numérisé non relu

Vienne, entre janvier et décembre

Veni sancte Spiritus en ut, pour quatre voix, deux violons, alto, deux hautbois, deux cors, deux trompettes, timbales, basse et orgue.

A Hegro

Ms. perdu.

Yeni sancte Spiritus : allegro. — Alléluia : "presto.

On a cru généralement que ce Yeni sancte Spiritus était l'offertoire chanté, le 7 décembre 1768, en même temps qu'une grand'messe de Mozart: mais le catalogue de Léopold indique expressément, tout de suite après cette messe, un offertoire : a Grand offertoire à quatre voix etc., deux violons, etc., trompettes, etc. », tandis que le Veni sancte Spiritus figure dans ce même catalogue, beaucoup plus haut, avant Bastien et Bastienne, \aFinta Semplice, et la Missa brevis n'^Ql. Tout porte donc à croire que le n** 66 aura été écrit au printemps ou dans l'été de 1768, avant les autres morceaux de musique religieuse composés par Mozart à

Aussi bien ce morceau, tout en se rapprochant déjà par son style des compositions religieuses suivantes de Mozart, laisse-t-il voir encore une inexpérience qui, dans ces compositions, nous apparaîtra bien atténuée. Evidemment l'enfant aura voulu, avant de se mettre à ses messes, s'essayer au genre de la musique religieuse telle qu'on la pratiquait alors à Vienne dans les fêtes solennelles. Les deux parties qui forment son motet ont toutes deux de nombreux soli, et un accompagnement orchestral assez important, ou plutôt assez fourni, mais, avec cela, souvent vide et embarrassé. Quant au chant, il s'efforce constamment d'être à la fois plus serré et plus religieux que dans l'offertoire de Tannée précédente : mais ses entrées en contrepoint sont tout à fait enfantines, et se hâtent toujours de céder la place à de longs passages homophones. Au total, c'est là une œuvre dont tout l'intérêt consiste à être une transition entre le style religieux que Mozart avait appris à connaître dans ses voyages et celui qu'il allait pratiquer, à Vienne et à Salzbourg, dans ses deux messes suivantes.

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