‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 86 sur 178 · Salzbourg, fin de · texte numérisé non relu

Salzbourg, fin de

Te Deum en ut, pour quatre voix, deux violons, basse et orgue.

Ms. perdu.

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/"e Deum : allegro. — Te ergo : adagio. — JEterna fac : allegro, — In te Domine : allegro ifugato).

Aucun document ne nous renseigne sur la date de ce Te Deum, dont le manuscrit est perdu : mais son écriture musicale est si voisine de celle de la messe en ut d'octobre 1769 que la date de sa composition doit avoir été toute proche de celle-là. En tout cas, Mozart a écrit ce Te Deum avant son premier séjour en Italie : car non seulement aucune lettre de son père ni de lui-même n'en fait mention, mais nous verrons, par une lettre de Mozart en août 1770, que, depuis son arrivée en Italie, 1 enfant aura composé des symphonies, des airs, « et un motet » dont nous savons qu'il consiste en un offertoire n° 80, écrit en février 1770 pour un jeune castrat milanais. D'autre part, il n'est guère probable que l'enfant ait composé son Te Deum après cette date de juillet 1770, car son style religieux a subi, dès lors, une transformation complète; et Mozart, notamment, a adopté une nouvelle habitude italienne dont nous parlera le voyageur Burney, l'habitude de commencer tous les morceaux de chant religieux par une longue « symphonie » ou introduction d'orchestre, tandis que le Te Deum, de même que la messe salzbourgeoise d'octobre 1769 (et aussi le motet milanais de février 1770), fait encore commencer le chant dès la première mesure.

Il ne nous a pas été possible, malheureusement, de découvrir la destination de ce Te Deum. Une tradition veut que Mozart l'ait écrit à la demande de l'impératrice Marie-Thérèse : mais c'est là une de ces nombreuses légendes qui ne reposent sur aucun fondement historique. D'autre part, nous savons que Michel Haydn, à Salzbourg en 1770, a composé pareillement unTe Deum : peut-être y avait-il, tous les ans, un certain anniversaire que l'usage était de célébrer par un chant de cette espèce? En tout cas, l'orchestralion très réduite du Te Deum de Mozart, écrit simplement pour deux violons, — et qui même, presque toujours, se doublent l'un l'autre, comme dans la messe d'octobre 1769, — semble indiquer que le morceau a été compose pour une des petites églises conventuelles de Salzbourg.

Quoi qu'il en soit, le style du Te Deum, comme nous l'avons dit, se rattache directement à celui de la messe salzbourgeoise n° 75. Tout de

même que dans cette messe, les chœurs du Te Deum sont accompagnés par des traits de violon, et qui, ici, ne s'arrêtent même plus pendant le fugato final. D'autre part, le chant, sauf dans ce fugato, apparaît encore plus volontiers homophone que dans la messe, avec à peine quelques petites imitations épisodiques : mais ce chant a tout ensemble une allure plus mélodique et une portée plus religieuse, qui suffiraient à nous prouver une date de composition postérieure ; sans compter que les modulations, également, attestent un progrès considérable dans la pratique des ensembles vocaux. Sous ce rapport, le Te Deum est même déjà plus proche de l'ofi'ertoire milanais n» 80 de février 1770 que de la grand'messe de Salzbourg.

Enfin la coupe générale du motet reproduit exactement celle de plusieurs autres Te Deum contemporains, et notamment d'un très beau Te Deum composé par Joseph Haydn en 1767. Chez Mozart comme chez Haydn, Vallegro initial, très simple et brillant, est suivi d'un court adagio mineur au Te ergo quaesumus; après quoi Vallegro reprend aux mots : ^terna fac cum sanctis tuis, et se poursuit désormais jusqu'à lin te Domine speravi, où commence une sorte de finale traité en contrepoint. Mais au lieu de la grande fugue que Joseph Haydn a composée en cet endroit, le petit Mozart, lui, se borne à écrire un simp\e fugato sur deux sujets, assez court, et d'un caractère à la fois chantant et superficiel.

Tout compte fait, ce Te Deum est encore un devoir d'élève, comme la grand'messe n° 75, mais déjà beaucoup plus sûr et moins inégal. Ajoutons que les paroles du texte, jusqu'au fugato final, sont chantées sans aucune répétition de mots, avec un effort sensible à y adapter de proche en proche l'expression musicale, et que les chœurs, au contraire de la messe de 1769, ne sont jamais coupés de soli.

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