‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 9 sur 178 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

tituaient encore qu'une partie de notre tâche, et à beaucoup près la moins malaisée. Comme je Tai dit, c'est presque toujours du dehors qu'est venue à Mozart l'impulsion de ces changements qui se manifestent à nous dans son art; et aussi nous a-t-il fallu rechercher soigneusement, au dehors, ce qu'avaient été bien au juste les hommes et les œuvres qui avaient ainsi exercé leur action sur le génie du maître. De proche en proche, nous avons dû interroger toute la musique de la seconde moitié du xvin® siècle, ou du moins tout ce que Mozart avait pu connaître d'elle, en nous attachant toujours à déterminer à quel degré et de quelle manière tel ou tel maître contemporain-, rencontré par Mozart à tel endroit de sa route, avait contribué à modifier momentanément son inspiration ou sa langue. Pourquoi me ferais-je un scrupule de le proclamer ? Nous avons essayé vraiment de suivre le jeune Mozart pas à pas, dans tous ses voyages, ne négligeant aucun effort pour étudier toutes les œuvres qu'il a eu, lui-même, l'occasion d'entendre ou de lire. A Paris, nous avons interrogé Eckard et Honnauer, Charpentier et Raupach, mais surtout ce jeune homme d'un génie délicieux et fort, l'admirable Schobert, qui, en même temps qu'il nous révélait sa propre beauté, nous a tout de suite laissé voir l'énorme prise qu'il a eue par deux fois, en 1764 et en 1778, sur l'esprit et le cœur du musicien salzbourgeois. A Londres, nous avons observé de quelle façon le petit Mozart, peu à peu, s'est entièrement soumis aux leçons comme à l'exemple de ce Chrétien Bach dont l'âme de poète se trouvait étrangement prédestinée pour agir à jamais sur celle de l'enfant; et déjà le même séjour à Londres nous a montré Mozart admis à prendre un premier contact avec ce génie musical italien dont il allait bientôt s'imprégner plus à fond. A Vienne, en 1768, nous avons eu la surprise de voir soudain le petit élève des Paradisi et de Chrétien Bach se changer, pour quelques mois en un parfait symphoniste allemand, sous l'influence des Wagenseil et des Hoffmann, ou plutôt sous la seule influence déjà de ce Joseph Haydn qui allait, désormais, se dresser devant nous presqu'à chacun des « tournants » décisifs de la vie de Mozart. Mais ensuite voici l'Italie : et dans sa musique d'alors nous nous sommes plongés tout de môme que l'avait fait le petit maestro, n'écoutant plus que les Sammartini, les Boccherini, les Sacchini et les Piccinni, sauf pour nous à aller, un instant, nous délasser de l'aimable banalité de cette musique trop « galante »

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