Milan, mars
Grand récitatif et air en mi bémol, Misero me et Misero pargoletto pour soprano : avec accompagnement de deux violons, deux altos, deux hautbois, deux bassons, deux cors, violoncelle et contrebasse.
K 77 Ms. à Berlin.
A ndrt 77 te
SE
Ml. sexo me!
Récif ativo : Andante et allegro. — Air : Adagio.
Comme nous l'avons dit déjà, ce morceau est le quatrième de ceux que Mozart a composés, avant sont premier départ de Milan, pour montrer son aptitude à écrire un opéra séria : et c'est bien lui que Léopold Mozart, dans sa lettre du 13 mars 1770, appelait « un récitatif avec violons ». A défaut d'autres preuves, la chose nous serait attestée par le mot Recitativo écrit en titre du morceau, qui d'ailleurs porte, comme le n' 81, l'inscription : di Amadeo Wolfgango Mozart 1770 à Milano. Après avoir choisi trois airs dans le poème d'Artaserse, Mozart, continuant à se servir de la belle édition de Métastase que venait de lui donner le comte Firmian, a fait choix, pareillement, d'une scène du Demofonte où il devait prendre quelques jours plus lard, deux autres airs, de façon à former une seconde série de trois pièrr-s, en pendant à la première.
Et si l'enfant a écrit les trois airs précédents pour montrer qu'il était capable de s'adapter aux diverses exigences du genre de l'air, tout porte à croire qu'il aura composé le n*> 84 non seulement pour prouver qu'il s'entendait à traiter le récitatif, mais encore pour montrer quel musicien il était, et que les plus grands efforts artistiques n'avaient rien pour l'effrayer. En vérité, ce morceau est une des œuvres les plus vastes qu'il ait produites dans ce genre, et l'une de celles où nous apparaît le mieux l'étonnante précocité de son génie. Le récitatif et l'air y font étroitement corps, par le moyen de petits rappels, dans 1 air, des rythmes d'accompagnement du récitatif; et déjà celui-ci, de proche en proche, devient plus mélodique, prend une forme plus nette, pour aboutir au magnifique éclat de musique qui s'offre à nous dans l'air. Cette unité d'ensemble est le premier trait nouveau à signaler dans l'admirable morceau que nous étudions. De plus, à considérer le récitatif en luimême, nous découvrons une préoccupation d'organiser celui-ci, de lui donner la vie intérieure d'un véritable ouvrage musical. Un rythme