‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 96 sur 178 · MOZART A ROME EN I · texte numérisé non relu

MOZART A ROME EN I

D'après un portrait de Pompeo Battoni.

(Londres, collection Oavy.)

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syncopé de l'accompagnement revient sans cesse, dans des tons et avec des mouvements divers, entremêlés de longs passages mélodiques, de figures en imitations, de modulations harmoniques très hardies et très expressives. Les instruments à vent ont un rôle important, et souvent dominent l'ensemble instrumental. Mozart, après la contrainte qu'il s'est imposée pour les trois airs précédents, de nouveau s'abandonne tout entier à sa fièvre de symphoniste. Dans l'air, en vérité, l'orchestre essaie de se subordonner au chant; mais son accompagnement est tout rempli d'imitations entre le quatuor, de modulations imprévues et piquantes, et le chant lui-même, sans aucune virtuosité, ne cherche plus qu'à dessiner une belle ligne mélodique, adaptée à la tendance plaintive qu'indiquent les paroles. La coupe de l'air est celle de l'air classique avec demi da capo ; et Mozart n'en profite pas encore pour introduire un second sujet dans la partie principale de l'air ; mais, de même que dans l'air n° 81 et plus heureusement encore, il étend et renforce la seconde partie de l'air, celle qui précède le da capo. Ici, avec ses rappels du récitatif, ses modulations mineures, et la liberté de son rythme, cette seconde partie est d'une expression dramatique dont rien encore, dans l'œuvre de Mozart, n'avait approché ; et le retour de la mélodie toute chantante du premier sujet, débutant par une tenue à la dominante, achève de donnera ce morceau une valeur artistique exceptionnelle.

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