Vienne, premiers jours d'août
Petit concerto de violon en fa, intercalé dans la sérénade précédente. — Violon principal, avec accompagnement de deux violons, alto, deux hautbois, deux cors et basse.
Ms. dans une collection viennoise.
Andante
Amiante et allegro.
54 DIX-HCITIEME PERIODE
Nous avons dit déjà, à propos de la sérénade n° 56, comment l'usage était d'intercaler dans l'exécution des sérénades, généralement entre l'allégro initial et le premier menuet, un petit concerto pour un ou plusieurs instruments, écrit d'ailleurs dans d'autres tons que ceux de la sérénade et n'ayant avec elle aucun rapport intime. Ces concertos se composaient parfois de deux morceaux, un andante et un finale, ou parfois avaient un menuet, dans le ton de la dominante, entre ces deux morceaux. Ici Mozart, évidemment pressé, s'en est tenu à deux morceaux, et qui, tous deux, paraissent avoir été composés très rapidement . L'andante, suivant l'usage dans ces petits concertos, a la coupe régulière d'un morceau de sonate, avec barres de reprise, développement et rentrée: mais il débute, toujours suivant l'usage, par un lutli d'orchestre où les deux sujets du morceau sont exposés une première fois, le second, ici, ayant sa ritournelle exposée en mouvement contraire par les violons et les hautbois. Puis le soliste reprend le premier sujet, mais, — autre procédé coutumier du concerto. — en y joignant une idée mélodique nouvelle qui n'appartient qu'à lui ; tandis que, pour le second sujet, le violon principal se borne d'abord à une longue tenue, comme les aimaient les violonistes du temps, et se charge ensuite d'exposer la ritournelle. Puis vient un petit développement sur le premier sujet suivi d'une rentrée du solo de violon; et, celui-ci toujours encore selon l'usage des concertos, ne reprend plus maintenant que le premier sujet proprement dit, amputé du passage nouveau qu'il avait joué seul dans la première partie. Le morceau aboutit, ainsi qu'il convient, à un point d'orgue laissant au soliste la liberté d'impro\ une cadence : après quoi deux mesures de tutti mettent fin à cet andante assez insignifiant, où la virtuosité du soliste se manifeste surtout dans de grands écarts à la manière viennoise. Et quant au rondo final, d'une insignifiance parfaite, il n'offre pour nous que la particularité très curieuse d'être un rondo varié, suivant l'exemple des très rares rondos composés par Joseph Haydn dans ses œuvres d'avant 1780. Quelques-uns des intermèdes sont des variations du thème, tandis que d'autres sont tout à fait nouveaux. C'est presque toujours ainsi que Joseph Haydn, dès ses débuts, composait ses rondos, d'ailleurs tus rares chez lui jusqu'en 1774. (Voir, par exemple, le finale de sa sonate de clavecin en ré de 1767, ou encore, plus tard, celui de sa symphonie du Maitre d'hcolc n° 55). Malheureusement, la hâte manifeste avec laquelle a été improvisé ce finale, — où l'orchestre, notamment, ne joue qu'un rôle des plus sommaires, — a empêché Mozart de mettre le contenu de son morceau en harmonie avec celte ingénieuse nouveauté de sa forme.