‹ W.-A. MozartChapitre 101 sur 153 · Salzbourg, décembre · texte numérisé non relu

Salzbourg, décembre

Messe en ut, pour quatre voix, deux violons, deux trompettes, timbales, basse et orgue.

Ms. à Berlin.

Andantc ^ K? *}-%. * - ,ei - son-

Kyrie : andante. — Gloria : allegro. — Credo : allegro; andante (Et incarnatus) ; allegro (Et resurrexit). — Sanctus : adagio maestoso et allegro (Pleni sunt). — Benedictus : allegro vivace (en sol). — Agnus Dei : adagio et allegro (Dona nobis).

Sans être aussi insignifiante que la messe en ut de 1775, cette petite messe doit également avoir été composée très vite. Malgré la présence, çà et là, de quelques imitations, et bien que le Benedictus, notamment, avec son importante partie d'orgue, soit d'un travail intéressant, l'ensemble de la messe, chant et accompagnement, atteste l'improvisation d'un jeune homme qui, après le grand effort de la messe n° 271, se

détend l'esprit avant de s'essayer à un style tout nouveau. Le style de cette messe-ci est exactement celui de la précédente, mais traité rapidement, et tout rempli de procédés qu'on vient déjà de voir dans l'autre messe. Avec cela, des morceaux très courts, d'un métier et d'une expression très nets, mais simples et faciles. On dirait vraiment une imitation, simplifiée et réduite, de la messe précédente.

Le Kyrie, après un petit prélude d'orchestre, est chanté en imitations ; mais, dès la 15e mesure, tout est fini, et la première partie se répète presque sans changement.

Dans le Gloria, très court, tout homophone, et entremêlé de petits soli, Mozart ne poursuit sa composition que jusqu'au Qui tollis : après quoi, suivant son procédé de 1776, il ne reprend que le second sujet du Gloria, en le variant un peu ; et le Cum Sancto Spiritu reproduit l'entrée du morceau, exactement répétée jusqu'aux dernières mesures de l'Amen.

Pareillement le Credo, après le petit andante de YEt incarnatus et du Crucifixus, reprend la première partie jusqu'à la fin de l'Amen, avec de légères variantes et additions. L'accompagnement de ce Credo est une figure continue des deux violons, à l'unisson, très simple, mais d'un bel effet, se dessinant au dessus d'une autre figure continue des basses, d'une énergie très originale.

Le Sanctus, avec ses deux mouvements, est, lui aussi, d'une simplicité extrême : encore l'est-il moins qu'un autre Sanctus que Mozart avait d'abord improvisé, et qui, lui, ne changeait de mouvement qu'à YHosanna. Au contraire le Benedictus, comme nous l'avons dit, paraît avoir particulièrement intéressé Mozart. Traité en morceau de sonate, avec développement et rentrée variée, il s'ouvre par un petit solo d'orgue, et s'accompagne d'une partie d'orgue entièrement réalisée, distincte de la basse, et relevée d'un chant de violon qui parfois imite en contrepoint le chant des solistes.

La première partie de YAgnus Dei a un accompagnement de violons très travaillé, écrit en contrepoint, et qui rappelle de très près celui de YAgnus Dei de la messe précédente ; le Dona nobis final est très court, et assez insignifiant, mais, lui aussi, garde la tenue sérieuse et toute vocale que nous avons signalée dans le dernier morceau de la messe précédente.

Page 1