Salzbourg, été de
Petit concerto de violon en si bémol, intercalé dans la sérénade précédente, avec accompagnement de deux violons, alto, deux hautbois, deux cors et basse.
Ms. dans une collection viennoise.
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Andante. — Menuet to [en fa) et trio {en si bémol). — Allegro.
Ce petit concerto, intercalé dans la sérénade suivant l'usage constant de Mozart, est d'une coupe si régulière, et se rapproche tellement par son style du concerto de la Sérénade pour Andretler, n° 179, que nous nous bornerons à en analyser brièvement le contenu, après avoir, toutefois, signalé un détail des plus curieux au point de vue de l'évolution des idées et du goût de Mozart. C'est, à savoir, que déjà le jeune homme parait avoir apporté beaucoup plus de soin à ce concerto qu'au reste de la sérénade, tandis que, au contraire, dans la sérénade viennoise d'août 1773, tout son effort s'était concentré sur la partie symphonique de l'ouvrage, mettant celle-ci infiniment au-dessus du concerto qui s'y trouve joint. Non seulement les rentrées, dans ce concerto de 1774, sont sensiblement variées, au lieu de reproduire simplement la première partie des morceaux : mais la qualité des idées et leur traitement nous font voir une aisance d'allures et une pureté d'inspiration très supérieures à celles qui se montrent à nous dans la sérénade, exception faite de Vandante de celle-ci qui, lui-même, était déjà conçu dans un style concertant.
L'andante du concerto, qui déjà ne comporte plus de barres de reprise, débute par un grand tutti où sont exposés, tour à tour, en si bémol, les deux principaux sujets du morceau ; et il faut noter ici l'effort de Mozart à unir ces deux sujets au moyen de figures d'accompagnement pareilles, ce qui constitue également la première annonce
d'un procédé que nous verrons s'affirmer de plus en plus dans les andantes de Mozart, jusqu'au jour où ceux-ci ne seront plus, d'un bout à l'autre, qu'un seul chant, avec diverses idées intimement apparentées et toutes accompagnées de la même façon. Le solo, précédé d'une figure de transition que dessinent les hautbois unis aux altos, s'ouvre par une reprise, à l'orchestre, du premier sujet du tutti, pendant que le soliste prélude à son jeu par une de ces tenues que nous avons vu apparaître déjà dans le concerto de la sérénade d'Andretter, et dont nous avons dit alors qu'elles étaient un artifice favori de Vanhall et de l'école viennoise. Puis le violon solo expose, comme d'habitude, un sujet nouveau qui lui appartient en propre et qui .d'ailleurs ne tarde pas à s'enchaîner avec une reprise, en solo, du second sujet du tutti. Vient ensuite un petit développement tout nouveau, qui commence par une ritournelle de l'orchestre amenant un chant du soliste, pour aboutir à une cadence mineure d'un très bel effet pathétique; et tout ce chant, du reste, avec l'accompagnement modulé des violons se poursuivant au-dessous de lui, a déjà une ampleur de lignes et une profondeur d'émotion poétique qui font pressentir les admirables phrases lyriques des concertos de violon de la période suivante. Encore la cadence susdite est-elle suivie, avant la rentrée, d'un charmant passage nouveau, en dialogue entre le soliste et l'orchestre; et nous avons dit déjà que la rentrée, ici, se trouve être fort heureusement étendue et variée, du moins dans la reprise du premier sujet. Après elle, un rappel du développement amène la grande cadence facultative du soliste, que suit, en manière de coda, un ingénieux allongement de la ritournelle du second sujet.
Pareillement, le menuet du concerto nous révèle l'intention, chez Mozart, de renouveler librement la coupe extérieure de ses morceaux, ce qui sera l'un des traits distinctifs de son œuvre durant l'année 1775. Ici, le jeune homme imagine de concevoir le menuet proprement dit comme un prélude de l'orchestre, et de faire ensuite du trio un grand solo de violon. Le menuet, très court et tout rythmique, manifestement inspiré de Joseph Haydn, reproduit toute sa première partie après la seconde, en la variant quelque peu; et puis, sur un accord de septième, le soliste commence une longue figure continue en doubles croches, ne rappelant que de très loin la coupe d'un menuet, et se terminant, après la reprise variée de la première partie, par une longue ritournelle en forme de coda.
Quant au finale, traité en morceau de sonate, sa coupe est absolument la même que celle de Vandante, à cela près que les deux sujets du tutti, au lieu de se ressembler en soi-même, ne sont reliés que par le rappel du premier sujet dans la ritournelle du second. Le solo, ici. débute par une reprise très hardiment variée du premier sujet du tutti : et c'est encore ce premier sujet qui sert de thème principal à un grand et beau développement, tout rempli de modulations expressives, d'ingénieuses imitations, de cadences chromatiques de l'orchestre, de passages dialogues entre les tutti et le soliste. Dans la rentrée, de nouveau, Mozart prend soin de varier les sujets de la première partie, et notamment le sujet réservé au violon solo ; et cette rentrée, de nouveau, aboutit à une longue coda, au milieu de laquelle se produit la cadence
ad libitum du soliste. Tout cela visiblement très travaillé, avec de nombreux petit soli des cordes et des vents pendant les tutti et, dans les soli, une façon déjà beaucoup plus libre et plus « moderne » de faire chanter le violon.