Munich, décembre 1774 ou début de janvier
Ouverture en ré, de l'opéra bouffe : La finta Giardiniera, pour deux violons, alto, deux hautbois, deux cors et basse.
Ms. perdu.
Allegro molto ., t ± ± i
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Allegro molto. — Andantino grazioso [en la).
Les lettres de Mozart ne nous parlent point, cette fois, de la date où le jeune homme a composé l'ouverture de son opéra : mais nous pouvons être certains que, suivant son habitude, il l'a écrite au dernier moment, après avoir achevé toute la partie vocale de l'œuvre. Et sans doute il l'aura même composée très vite, car on ne saurait imaginer morceau plus insignifiant, et surtout plus manifestement improvisé.
Anfossi, pour sa Finta Giardiniera, avait écrit une ouverture ayant encore la forme d'une symphonie, avec les trois morceaux traditionnels : mais déjà d'autres maîtres italiens avaient commencé à employer, pour l'opéra bouffe, la coupe de l'ouverture française, avec un seul morceau d'un mouvement rapide, parfois précédé de quelques mesures de prélude. Ainsi faisait, par exemple, le Viennois Gassmann, dans les charmants opéras bouffes que Mozart a dû connaître à Vienne en 1773. Cependant Mozart, lui, a préféré adopter ici une coupe intermédiaire, qui lui avait servi déjà pour ses sérénades dramatiques d' Ascanio in Alba et du Sogno di Scipione. Son ouverture est constituée des deux premiers morceaux d'une symphonie: un allegro et un andante ; après quoi le début de l'introduction, un allegro moderato dans le ton du premier allegro de l'ouverture, fait à celle-ci une sorte de finale chanté, — en attendant que Mozart, de retour à Salzbourg, substitue à cette introduction un véritable finale symphonique (n° 233), qui lui permettra de transformer son ouverture en une symphonie régulière.
Quant à la disposition intérieure des morceaux, elle porte témoignage, à la fois, de la hâte d'improvisation déjà signalée tout à l'heure et de l'influence exercée sur Mozart par le style habituel des ouvertures italiennes. Jamais encore, peut-être, dans aucune de ses ouvertures écrites en Italie, Mozart ne s'est si complètement résigné à adopter la coupe traditionnelle que lui offraient les ouvertures des Jommelli et des Sacchini, avec leur répétition incessante des mêmes sujets. L'allégro molto, d'abord, contient deux sujets d'un caractère très opposé, l'un tout rythmique, l'autre plus chantant; et à peine ce second sujet, de quel-
VIXi;T ET UNIEME PERIODE
ques mesures, s'est-il fait entendre, qu'une façon de développement nous ramène le premier sujet à la dominante ; et puis, après encore une dizaine de mesures de transition, nous voyons reparaître le même premier sujet dans le ton principal, entraînant à sa suite une reprise complète, et presque absolument pareille, de toute la première partie, y compris le retour du premier sujet qui, tout à l'heure, avait tenu lieu de développement. Si bien que le rythme de ce sujet, d'ailleurs assez vigoureux et caractéristique dans sa précision, nous produit l'effet de remplir, à lui seul, toute l'ouverture, donnant à celle-ci une fâcheuse apparence de monotonie et de pauvreté. C'était bien, déjà, la coupe que nous avaient montrée les petites symphonies écrites en 1773, au retour de Milan :maisdu moins celles-ci avaient-elles, tout ensemble, une beauté expressive dans les idées et un contraste dramatique entre les deux sujets, dont aucune trace ne se retrouve dans cette espèce de « |>;tredoublé ». Et la même indigence se reproduit dans \'andanti»> grazioso (terme italien qui, lui aussi, nous ramène de deux ans en arrière). Dans ce petit morceau, deux sujets de quelques mesures alternent constamment, sans aucun effort d'élaboration, ni même de variation ; et la monotonie de leurs retours incessants se fait sentir d'autant plus que l'un d'eux reparaît, chaque fois, dans le même ton, à la manière d'un thème de rondo.
Inutile d'ajouter que ni l'un ni l'autre des deux morceaux ne nous présente l'ombre de contrepoint, et que leur instrumentation n'est guère plus intéressante que leur invention mélodique. Vandantino est n'-scrw aux seuls instruments à cordes, et les vents n'interviennent, dans Vallegro, que pour renforcer encore la sonorité du premier sujet, l'opposant avec un contraste brutal aux réponses des violons dans le second sujet.
218. — Salzbourg ou Munich, entre septembre 1774 et février 1 775.
Sonate en si bémol, pour basson avec accompagnement d'un violoncelle.
Ms. perdu.
Allegro
3ÈÉÎ
HÉi