‹ W.-A. MozartChapitre 64 sur 153 · Salzbourg, 20 août · texte numérisé non relu

Salzbourg, 20 août

Marche (en ut) pour deux violons, alto, deux hautbois, deux cors, deux trompettes et basse (destinée à précéder le petit ensemble symphonique dont le finale était constitué par le n° 234).

Ms. dans une collection de Londres.

Le ton inaccoutumé d'ut majeur, donné par Mozart à cette marche, comme aussi l'instrumentation de celle-ci et maints détails de son style, nous prouvent, de la façon la plus certaine, que le jeune homme a destiné la marche à compléter l'ensemble symphonique formé par l'ouverture du Re Pastore, un petit andante tiré de cette pièce, et le beau finale n° 235. D'où résulte pour nous la confirmation de l'hypothèse suivant laquelle l'ensemble susdit, tout de même que celui qui avait pour finale le n° 234, étaient en réalité non pas des symphonies, — genre désormais abandonnée par Mozart jusqu'à son retour de Paris en 1779, — mais bien des cassations ou divertissements, peut-être écrits pour être joués aux repas du prince archevêque.

La marche n°235estd'ailleurs très belle, et digne d'être mise en regard du finale composé vers le même temps qu'elle. Elle débute par un grand unisson à la française, comme ceux que nous avons rencontrés sans cesse dans l'œuvre de Mozart en 1775, et le second sujet, au contraire, donne lieu à de simples, mais vigoureuses imitations entre les deux violons, toujours suivant le procédé familier de Mozart vers le milieu de 1775. Vient ensuite, après les deux barres, un véritable développement sur le premier sujet, débutant une reprise de celui-ci en sol mineur; après quoi la rentrée, — selon le principe à peu près constant de Mozart dans sesmarches, — ne reprend plus que le second sujet, et le reproduit sans y apporter aucun changement. L'instrumentation est très simple, malgré le rôle important qui y revient aux instruments à vent, toujours occupés, mais ne faisant guère que doubler les cordes. Là encore,

cependant, nous sentons que le jeune homme s'est employé à sa tâche avec un soin et un goût tout particuliers, bien différents de la négligence manifeste avec laquelle il improvisait la plupart de ses marches pendant les périodes précédentes.

Page 1