‹ W.-A. MozartChapitre 69 sur 153 · Salzbourg ou Milan ou Munich, entre 1772 eH · texte numérisé non relu

Salzbourg ou Milan ou Munich, entre 1772 eH

Canzonetta ou petit air italien en fa, pour soprano, avec accompagnement de clavecin.

Larghetto

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L'authenticité de ce petit air, dont l'autographe a depuis longtemps disparu, n'est pas absolument certaine ; et il va sans dire qu'aucun document positif ne nous renseigne sur la date de sa composition. A quoi nous devons ajouter encore que rien, dans l'invention mélodique de l'air ni dans sa mise en œuvre, ne s'élève au-dessus d'une aimable et banale insignifiance. Mais, avec tout cela, il nous semble bien retrouver, dans l'inspiration de la Canzonetta, un écho de l'âme poétique du jeune Mozart, telle que nous la révèlent encore maints passages un peu enfantins de sa Finta Giardiniera. Il y a là, parmi une improvisation manifeste, un mélange particulier d'élégance et de douceur presque féminine qui justifie pleinement à nos yeux l'attribution traditionnelle du morceau, sans que nous puissions, naturellement, assigner à celuici une date bien précise.

La Canzonetta a la coupe d'un petit air d'opéra bouffe italien : une première strophe assez longue, aboutissant à une cadence, puis une strophe plus courte, constituant la partie intermédiaire, et enfin une reprise, da Capo, de la première strophe. Kien à signaler, d'ailleurs, dans la contexture du chant, si ce n'est la manière dont Mozart répète plusieurs fois, en la variant, la petite cadence finale de sa seconde strophe. Plus curieux est pour nous l'accompagnement de clavecin, écrit déjà sur deux lignes distinctes et conçu tout à fait comme le seront plus tard les accompagnements des lieds allemands de Mozart. C'est, en effet, la première fois que nous rencontrons proprement, dans l'œuvre du jeune homme, un morceau de chant qu'accompagne une partie de clavecin entièrement réalisée ; et, là encore, il est permis de se demander si la forme présente de cet accompagnement nous vient en vérité de Mozart lui-même, ou si elle n'est pas simplement l'œuvre du premier éditeur de la Canzonetta. L'une et l'autre des deux hypothèses nous apparaît également possible : car, pour être fort agréable, cet accompagnement n'a rien de très original, et d'autre part nous pouvons très bien imaginer que le jeune Mozart, à Milan ou à Munich, a trouvé déjà des modèles d'ariettes italiennes ainsi accompagnées, sauf pour lui à n'employer que plus tard ce procédé de « réalisation » pour ses lieds allemands.

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