‹ W.-A. MozartChapitre 76 sur 153 · Salzbourg, carême de 1775 ou de · texte numérisé non relu

Salzbourg, carême de 1775 ou de

Chœur final en ut, pour quatre voix, deux violons, alto, deux hautbois, et basse.

Ms. perdu.

I. Récitatif : 0 lobenswerlher Stftfl f H. Coro : Jesu ! Jesu ! Jean :

Ce chœur a été composé par Mozart pour servir de finale à sa cantate de Carême, ou Grabmusik de 1767 (n° 46). Son autographe est désormais perdu : mais André et Kœchel, qui ont eu l'occasion de l'étudier, s'accordent à dire que l'écriture y attestait une date sensiblement postérieure à celle de la composition des morceaux précédents de la cantate. D'autre part, une inscription de Léopold Mozart, sur le manuscrit, affirmait que le chœur, comme le reste de la cantate, avait bien été composé par son fils.

Obligés ainsi de ne juger de la date de ce chœur que par l'examen do son contenu musical, nous serions d'abord tentés de supposer que les anciens commentateurs de l'autographe perdu se sont exagéré l'intervalle écoulé entre la composition de la cantate elle-même et celle du chœur destiné à la compléter : car on ne saurait imaginer musique plus simple, au moins en apparence, plus dépouillée de tous ces artifices de contrepoint ou de modulation qui se rencontrent à chaque pas dans les œuvres religieuses de Mozart durant les périodes que nous étudions. Mais lorsqu'ensuite nous apercevons l'étonnante sûreté et maîtrise de ce chant, comme simplifié à dessein, la profonde beauté recueillie de son expression, la richesse discrète de la partie instrumentale qui l'accompagne, force nous est de reconnaître qu'il s'agit là d'une œuvre déjà très mûre, et où Mozart, avec son merveilleux instinct de convenance esthétique, s'est seulement efforcé d'éviter un contraste trop choquant avec la naïve gaucherie des morceaux précédents de sa cantate enfantine. Impossible, cependant, de classer la composition de ce chœur après le retour du grand voyage de 1778 : l'instrumentation depuis lors, a toujours revêtu chez Mozart un caractère tout « moderne » dont aucune trace ne se découvre encore dans le bel accompagnement du n° 248. En fait, c'est bien à la période « galante » de 1776 que nous pouvons le mieux rattacher ce chœur final, tout imprégné de l'irrésistible « euphonie » qui caractérise la plupart des œuvres du jeune homme durant cette période, et offrant même une ressemblance manifeste avec telles compositions religieuses d'alors, comme certains chœurs de 11 messe n° 254 ou des litanies n° 246.

La langue, comme nous l'avons dit, est constamment très simple, et d'une homophonie parfaite. Le chœur commence par chanter, avec d'incessantes répétitions de mots, les paroles suivantes : « Jésus, vrai fils de Dieu, dont un juge inique a, en ce même jour, brisé la vie terrestre, ne nous juge point d'après ta rigueur ! » Puis commmenee, dans le chœur, une longue partie intermédiaire, en ut mineur, sur ce second

LA VINGTIEME ANNKK

membre de phrase : « Lorsque l'éclat des trompettes nous appellera vers ton trône de nuées, et que l'armée des constellations s'apprêtera à tomber... » Après quoi le chœur reprend, en da capo, tout l'exposé de la phrase initiale. Et l'on ne saurait imaginer opposition plus frappante que celle de ces deux parties, toutes deux traduites dans le même style sous un même accompagnement très simple et relativement très discret, où les deux violons marchent presque toujours ensemble, — sauf quelques belles imitations au début de la partie mineure, — tandis que les altos et la basse collaborent librement à soutenir le chant des voix.

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