‹ W.-A. MozartChapitre 79 sur 153 · Salzbourg, avril · texte numérisé non relu

Salzbourg, avril

Sonate d'église en fa, pour deux violons, basse et orgue.

Ms. à Berlin.

Allegro

Dans cette sonate, dont la date nous est donnée sur le manuscrit, la partie d'orgue se trouve déjà réalisée, au lieu d'être écrite simplement

en basse chiffrée comme dans toutes les sonates précédentes ; et a ce changement dans la notation du morceau correspond déjà, au moins en germe, une modification dans la manière de concevoir la sonate d'église. Car, tandis que l'orgue, jusqu'ici, se bornait à un simple rôle d'accompagnement, nous le voyons, à présent, partager l'exposé du chant avec le premier violon ; tout ou moins cela se produit-il dans le premier sujet, dont la mélodie, d'abord exposée par le premier violon, est ensuite reprise par l'orgue, sur un accompagnement des deux violons; et si le second sujet n'appartient guère qu'aux violons, c'est encore l'orgue qui dessine le chant dans un passage servant de réponse à ce second sujet. Dans le développement, enchaîné avec la première partie comme dans le n° 251 et dans la plupart des œuvres qui suivront, le rôle de l'orgue ne laisse pas, non plus, d'être parfois assez important : mais l'intérêt principal de ce beau développement est dans la manière toute classique dont Mozart, au lieu de jouer sur des idées nouvelles, ou d'effleurer à peine tel ou tel des rythmes précédents, se met déjà aune véritable élaboration thématique des deux grands sujets qui ont rempli la première partie. La rentrée, elle, est encore une reproduction pure et simple de cette première partie, à cela près que Mozart, au lieu de l'enchaînement qui terminait celle-ci, finit son morceau par une cadence nouvelle de trois mesures où l'orgue, une fois de plus, intervient librement à côté des violons.

Page 1