‹ W.-A. MozartChapitre 87 sur 153 · Salzbourg, le 20 juillet · texte numérisé non relu

Salzbourg, le 20 juillet

Marche en ré, pour deux violons, alto, deux hautbois, deux bas sons, deux trompettes, deux cors et basse.

Ms. dans une collection à Londres.

Maestoso

L'autographe de cette marche porte, de la main de Mozart, l'inscription : Marcia per le nozze del Sgr. Spath colla Sgra. Elisabela Uaffner di, A. W. Mozart 20 Luglio 1776, prodotta 'H Luglio; et cette inscription

nous apprend, ou plutôt achève de nous apprendre, que Mozart avait l'habitude de composer ses marches après les sérénades ou cassations qui devaient en être précédées et suivies. Cette fois, c'est la veille même de l'exécution qu'il a écrit cette marche ; ce qui ne l'empêche pas d'avoir évidemment apporté beaucoup de soin à l'écrire, ou, tout au moins, à la concevoir, — car peut-être sa réalisation se ressent-elle un peu de la hâte du jeune maître, en comparaison de la noble et « majestueuse » beauté de ses rythmes. Il faut noter, d'ailleurs, que la même épithète de maestoso va se retrouver inscrite sur le prélude du premier morceau de la sérénade ; et il n'est pas douteux que Mozart ait voulu préparer ses auditeurs à l'impression de ce morceau en composant la présente marche. Celle-ci est faite de deux sujets distincts et opposés, avec un troisième sujet tenant lieu de développement : après quoi Mozart, comme il fait le plus souvent, ne reprend que la seconde moitié du premier sujet, et ne reproduit entièrement que le second sujet. L'instrumentation est très fournie, comme dans la sérénade ellemême, avec une intention manifeste de « grand orchestre » : mais le rôle des vents et des basses n'est pas aussi indépendant qu'il le serait devenu, sans doute, si Mozart avait eu plus de temps devant soi. Les bassons et les cors se contentent, presque toujours, de doubler les basses, et les hautbois ne font librement qu'une petite figure dans le second sujet. A noter aussi l'absence de toute coda.

Page 1