Salzbourg, printemps ou été de
Sérénade en fa, pour deux violons, deux hautbois (ou flûte et basson), deux cors et basse.
Ms. dans une collection à Londres.
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Contredanse. — Andantino et allegro (en sol). — Allegro (en ré). — Final
(en fa).
11 s'agit ici d'un ouvrage en tête duquel Mozart non seulement n'a mis aucune indication de date, mais, non plus, aucun titre : car le mot de Contredanse, écrit par lui au début de la partition, ne s'applique, évidemment, qu'au premier des quatre petits morceaux. Et quant à la date, Jahn et Kœchel avaient cru pouvoir classer ce petit ouvrage en 1770 : mais André, et après lui Nottebohm, ont déjà rectifié cette erreur évidente en faisant observer que le n° 265 était écrit sur le même papier et se trouvait relié dans un même cahier qu'une série de marches et autres compositions des années 1775-1776. A quoi nous pouvons ajouter que, d'ailleurs, l'extrême simplicité de ces quatre morceaux ne les empêche pas d'être conçus et mis au point avec une aisance singulière, attestant une date bien postérieure à 1770, tandis que, d'autre part, le style et l'inspiration de quelques-uns des morceaux, tels que le prélude andantino du n° 2 et le n° 4 tout entier, rattachent indubitablement l'œuvre aux musiques de table et autres compositions analogues du milieu de 1776.
Resterait à connaître la destination de l'ouvrage; et, tout d'abord, on serait tenté d'y voir une simple série de danses, malgré l'allure assez peu dansante de certains passages : mais cette hypothèse se trouve définitivement renversée par une inscription de la main de Léopold Mozart, qui, en tête du manuscrit, a mis le mot : Stàndchen, c'est-à-dire « sérénade » au sens propre de ce terme, œuvre destinée à être jouée en plein air, devant le balcon d'une dame, ou plutôt encore à la terrasse d'un café, suivant la manière que nous a décrite Burney. Et, en effet,
il n'est point douteux que Mozart, en 1776, a écrit cette suite de quatre petits morceaux à l'intention de l'une de ces troupes de musiciens ambulants dont nous savons également que le répertoire consistait surtout en des rythmes de danses. Cela nous est prouvé par l'allure populaire des thèmes aussi bien que par l'extrême facilité de leur exécution : mais le jeune homme, à ce moment de sa vie, se trouvait être particulièrement apte à s'occuper d'ouvrages de cette espèce, et le fait est, comme nous l'avons dit déjà, que la vive, légère, et exquise manière de ses musiques de table de 1776 se montre à nous, une fois de plus, dans des morceaux tels que la gavotte finale de ce n° 265.
Les morceaux, donc, ont tous des rythmes de danses, avec une coupe à peu près uniforme : une danse proprement dite, généralement en deux parties, puis une sorte de trio, plus court et d'un caractère plus chantant; et enfin, — bien que la chose ne soit pas indiquée dans la partition, — une reprise complète de la danse qui précédait ce trio. Sans compter que, dans trois des quatre morceaux, ce trio est encore suivi d'un passage nouveau, évidemment destiné à servir de coda. Les idées sont volontiers un peu trop simples, pour ne pas dire banales, mais avec, sans cesse, des épisodes où se révèle le génie poétique de Mozart. Dans le style, naturellement, une homophonie constante, mais, là aussi, un accompagnement beaucoup plus riche et varié que ne l'aurait exigé une intention de morceaux à danser. Enfin il va sans dire que le rôle principal, dans l'instrumentation, est presque toujours réservé aux deux violons et à la basse, doublés ou discrètement colorés par les instruments à vent : ce qui n'empêche pas ces derniers d'être toujours employés avec une intelligence remarquable de leurs ressources symphoniques.
Le premier morceau est, comme nous l'apprend Mozart lui-même, une « contredanse », chantée le plus souvent en tierces par les deux violons ; un trio s'y joint, confié surtout aux deux violons, dont le second accompagne le chant du premier; et le morceau se termine (après la reprise de la « contredanse ») par une charmante coda où Mozart s'amuse à rappeler, en le variant, le rythme initial du morceau.
Le n° 2, où une flûte et un basson remplacent les deux hautbois, n'a point de coda, mais se trouve précédé d'un délicieux petit prélude andantino, chanté par le basson et le premier violon sur un accompagnement continu du second violon pizzicato. Quant au morceau lui-même, c'est encore une sorte de contredanse, suivie d'un trio assez insignifiant.
Dans le n° 3, d'allure plus chantante, et où les vents ont déjà un rôle plus libre, la danse proprement dite s'enchaîne avec le trio, ou passage intermédiaire, et, de nouveau, le morceau s'achève par une coda rappelant, avec d'ingénieuses variations, le rythme du premier sujet.
Le quatrième et dernier morceau est une gavotte, d'une élégance et d'une limpidité admirables, suivie d'un joli trio où le chant, par exception, appartient aux deux hautbois. Une longue coda sert à clore ce morceau et la sérénade entière, toujours consacrée à une reprise variée, et comme concentrée, du rythme par lequel débutait le morceau.