‹ W.-A. MozartChapitre 97 sur 153 · Salzbourg, entre janvier et septembre · texte numérisé non relu

Salzbourg, entre janvier et septembre

Air en sol (Licenza), pour soprano avec accompagnement de deux violons, alto, deux hautbois, deux cors et basse.

Ms. à Berlin.

AdaQo

Ah ! perche cercar. — Adagio et allegro.

Cet air était destiné à remplacer, pour une nouvelle représentation du Sogno di Scipione, la licenza écrite par Mozart en 1772 pour être chantée à la fin de cette pièce. On ignore la date exacte de sa composition : mais l'écriture de l'autographe atteste qu'il a été composé assez longtemps après la partition du Sogno di Scipione, à laquelle Mozart l'a joint. en appendice ; et comme il ne peut pas être de 1775, où la pièce de fête de Salzbourg a été le Re Pastore, et comme, étant donnée son orchestration, il ne peut pas être postérieur au grand voyage de Mozart en 1778, tout porte à croire qu'il aura été composé en 1776 ou en 1777, mais

rondos instrumentaux du milieu de 1776, avait pareillement l'habitude de relier entre eux les divers épisodes au moyen de retours variés d'une même figure caractéristique.

plutôt dans la première de ces deux années : car sa musique est d'un caractère brillant et un peu facile qui rappelle maintes œuvres instrumentales de 1776. Composé sur les mêmes paroles que l'air de la licenza de 1772, l'air nouveau a, pareillement, la forme d'une cavatine en deux strophes, chacune faite de deux sujets distincts. Mais la différence est énorme entre les deux airs: les sujets, dans le second, sont à la fois beaucoup plus amples, plus mélodiques, et plus musicaux; et Mozart, dans la seconde strophe, au lieu de se borner à de petites variantes superficielles, les a, tous deux, étendus et variés considérablement. Au reste, ni les paroles de l'air, ni le personnage qu'elles étaient destinées à célébrer, ne prêtaient à un traitement expressif; et le fait est que l'air de Mozart est d'une invention toute musicale, sans aucun souci de s'adapter au sens des paroles. Avec le contraste de ses deux sujets, de la grâce chantante du premier et du rythme plus accentué du second, avec ses nombreuses cadences, d'un dessin très élégant, avec le charme léger de son accompagnement, relevé de quelques imitations très simples et très mélodiques, c'est là un agréable morceau de concert, où se retrouvent bien les qualités qui caractérisent toute l'œuvre de Mozart pendant cette première période de 1776.

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