‹ W.-A. MozartChapitre 98 sur 153 · SALZBOURG, SEPTEMBRE-DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

SALZBOURG, SEPTEMBRE-DÉCEMBRE

Des quatre derniers mois de l'année 1776 nous ne possédons absolument, en fait d'œuvres authentiques de Mozart, que trois messes ; en vérité il ne semble pas même que le jeune homme, après son abondante production instrumentale et mondaine des mois précédents, ait produit un seul ouvrage quelconque en dehors de ces trois œuvres purement religieuses. Simple hasard, ou changement délibéré et volontaire ? Aucun document n'a de quoi nous renseigner sur ce point. Mais il n'en est pas moins curieux que l'unique pièce d'archives qui se soit conservée de cette période se trouve être, précisément, une lettre du jeune homme à son ancien maître et ami de Bologne, le P. Martini, où Mozart entretient surtout son correspondant de l'état de la musique religieuse à Salzbourg. Voici cette lettre, d'un intérêt extrême au double point de vue historique et individuel :

De Salzbourg, ce 7 septembre 1776.

Très Révérend Père et Maître, Mon très estimé maître,

La vénération, l'estime, et le respect que je porte à votre révérée personne me stimulent à venir vous importuner par la présente lettre, et à vous envoyer ci-joint un faible échantillon de ma musique, en la soumettant à votre souverain jugement. J'ai écrit, l'an paï un opéra bouffe (la Finla Giardiniera) à Munich, en Bavière. Peu de jours avant mon départ de cette ville, Son Altesse le prince Électeur a désiré entendre aussi quelque chose de ma musique de contrepoint. J'ai donc été obligé d'écrire ce motet en grande hâte, afin qu'on eût le temps d'en copier la partition pour Son Altesse, et d'en transcrire les parties de manière à pouvoir exécuter le morceau le dimanche suivant, à l'offertoire de la grand'messe.

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