DÉCORATIONS D'ÉGLISES
cette peinture peut paraître trop religieuse ou trop profane ; en somme, elle continue la tradition des vrais artistes qui ont peint, dans les églises et dans les palais, avec le même idéal supérieur, avec les mêmes procédés sévères, et qui, s'inspirant de la belle parole de l'Ecriture : « La terre et le ciel chantent la gloire de Dieu, » ont cherché à exprimer, avec le plus de sincérité et de puissance, leurs visions de beauté.
Dans l'église Saint - Vincent - de - Paul, à Paris, l'artiste a eu la douce joie de pouvoir mettre son nom à coté de ceux de son maître et du grand peintre religieux dont, jeune homme, il admirait le génie avec tant d'enthousiasme. Picot avait été chargé, en iS|-, de décorer entièrement l'église; les esquisses de toutes ses compositions étaient achevées lorsque éclata la Révolution de 1848. L'administration préfectorale nouvelle donna le travail à Paul Flandrin ; mais le maire de Paris. Armand Marrast, ayant eu connaissance de la première commande, annula la seconde immédiatement. Picot, avec beaucoup de courtoisie, offrit à Flandrin de lui céder la moitié du saint-vincent-de-paul
travail. Le premier peignit le chœur, et le second la grande frise de la nef, qui l'a immortalisé. En i885, W. Bouguereau décorait la chapelle de la Vierge de huit grands panneaux où il a représenté : le Mariage de la Vierge, la Visitation, l'Annonciation, l'Adoration des