ETUDE POUR LA DIOCORATIOX I)F
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Bergers, l'Adoration des Mages, la Fuite en Egypte, Jésus rencontré par sa mère sur la route du Calvaire, el le Christ en croix. Pendant sa longue et brillante carrière artistique <1 Un demi-siècle, W . Bouguereau n'a donc eu que quatre décorations à exécuter dans des églises. Il regrette aujourd'hui de n'avoir pu réaliser son rêve de peintre d'art religieux, tel qu'il l'axait fait dans sa jeunesse, quand il étudiait en Ombrie, à Padoue et à Ravenne les fresques et les mosaïques des vieux maîtres qui l'enthousiasmaient, et au temps où son esprit, dans ses méditations enfantines, s'éveillait instinctivement à des conceptions qui répondaient aux idées pieuses dont il avait le goût inné. -Mais, en cela encore, il montre une philosophie aimable, se déclarant avec sincérité très heureux que l'exécution de nombreux tableaux de ehevalet lui ait permis de donner satisfaction à ses tendances pour les sujets inspirés de l'histoire ondes légendes du christianisme, pour les allégories et les personnifications touchantes des vertus sociales et intimes de l'âme et du cœur de l'humanité.
Dans ces tableaux, comme dans ceux de mythologie et de fantaisie. la beauté féminine est l'idéal permanent de l'artiste. Ses madones et ses saintes sont les soeurs de ses nymphes et de ses déesses; ses anges sont les frères de ses Amours. A l'exemple des maîtres, depuis Phidias jusqu'à Raphaël, pour qui l'expression de la beauté était le plus pur hommage rendu à la divinité par la créature, et la joie la plus délicate offerte à l'humanité, il a toujours poursuivi, dans ses \ ierges, la glorification de la femme pressant sur son sein, caressant sur ses genoux, faisant jouera ses pieds, l'enfant, fruit de l'amour; et sa préoccupation constante a été de leur donner le plus de noblesse, de charme el de sérénité. On peut dire que notre indifférence en matière de religion, notre dillet lantisme. et notre goût des élégances, s'accommodent fort. comme chez les Florentins de la Renaissance, de ces peintures de sainteté pour musées el cabinets d'amateurs, dont les thèmes dogmatiques ou symboliques ne sonl que des prétextes naturels et ingénieux à des scènes familières pour nos yeux el pour nos sentiments; où les joies enfantines, les rêveries juvéniles, les ingénuités virginales, les tendresses maternelles, sont peintes avec joie. Combien de ces coin-