‹ W. BouguereauChapitre 39 sur 58 · LE VOEU A LA MADOXE · texte numérisé non relu

LE VOEU A LA MADOXE

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PRINCIPES ET MÉTHODE D ENSEIGNEMENT i2j

que le suffrage universel des sociétaires, et qu'il veut devoir la délicate mission de juger ses pairs à leur confiance, et non au caprice du hasard : le tirage au sort. Un de ses élèves lui reprochait, un jour, de les laisser ainsi sans défense au milieu des compétitions ardentes des autres ateliers; et il lui déclara que, pour son compte, il perdait.

DESSIN EXECUTE l'OUR I. EIUTEL l'EKElRE

cette année-là, une médaille pour un de ses tableaux, qui avait été proposé au Jury. Bouguereau répondit froidement : « J'aime bien mes élèves, mais l'amitié ne me fera pas faire ce que ma conscience m'interdit. D'autre part, vous me dites que votre tableau est trouvé excellent par beaucoup de peintres. Eh bien, il ne me plaît pas. Il a une faute grave qui le gâte tout entier. Je vais vous la montrer. Le ciel et la terre sont du même ton chaud. Est-ce que cela peut être? » L'élève fut forcé d'en convenir. « Eussé-je été du Jury, ajouta le maître, je n'aurais pas \oté une médaille pour votre tableau. Vous devez faire mieux. »

ia6 XV. B0UG1 ERE \1

Je \ «mi x citer encore un autre exemple de cette sévérité, qui contient en même temps le témoignage de la grande bonté de cœur «lu maître. I ii de ses élèves était venu lui faire nue \isiie. pendant le temps du Salon. Bouguereau immédiatement lui «lit qu'il n'était j>;is contenl de ses envois, el lui lit le reproche de n<' pas tenir les promesses <piil avait données, malgré ses débuts à un âge déjà avancé. L'artiste répondil <|ii il venail de traverser une période de malheurs intimes terribles, qui lavaient accablé. \\ . Bouguereau répliqua que rien ne doit arrêter un artiste <[iii a la volonté el le feu sacré. - Tout, dans la vie. doit être subordonné à l'art. (Test d'ailleurs le seul moyen de lutter contre l'adversité, de quelque nature qu'elle soit. > Il demanda à son élève de l'accompagnera la Société des artistes, peintres, sculpteurs et architectes, qu'il allail présider: et, chemin faisant, il lui dit : « .le désire vous faire entrer dans le Comité de la Société >■■ . En vain l'élève objecta que sa modeste situation artistique ne lui permettait pas d'ambitionner cette fonction. « Laissezmoi faire, je le désire, » «lit V\ . Bouguereau. L'élève n'axait qu'à s incliner. Quand il eut assiste- à la première séance du Comité, il comprit la haute pensée de son maître; il l'en remercia, en lui déclarant «pie le spectacle de tant de misères navrantes l'avait fait revenir sur lui-même, et qu il s estimait désormais comparativement heureux. \\ . Bouguereau sourit. I ne fonction de bienfaisance peut-elle être bien remplie par quelqu un qui n'ait lui-même beaucoup souffert?

CAUSERIE D'ART DANS L'ATELIER OPINIONS SUR LES MAITRES ANCIENS ET MODERNES

C'était l'après-midi du \[\ juillet dernier. Plus qu'aucun autre jour, la paisible rue Notre-Dame-des-Champs ressemblait à une rue de quartier bourgeois de petite ville de province, par le contraste de sa solitude morne, dans la chaleur étouffante, avec les bruits de la fête foraine des boulevards extérieurs, qui semblaient passer par-dessus les toits des maisons assoupies. Je sonnai à la porte de l'habitation de W. Bouguereau. Elle tient, comme apparence extérieure, à la fois de la maison de rapport et de l'hôtel privé: l'un d'ailleurs esteontigu à l'autre, sous le même toit, avec façades sur la rue, sur une venelle de cité d'artistes, et sur des jardins. Sauf l'atelier, occupant le dernier étage et invisible du dehors, rien ne distingue cette habitation de la demeure confortable d'un industriel, d'un homme de robe, ou d'un fonctionnaire de haut rang : escalier aux tentures sombres, antichambre sans gravures ni panoplies, vaste salon, riche et sévère, dont le plafond est décoré d'une peinture, en caisson central, représentant les « Heures du Jour » ; aux murs, des por-

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traits de famille, quelques tableaux anciens et modernes : un mobilier

fort simple; et çà et là. sur les consoles ci sur les tables, des jardinières, des albums et quelques bibelots féminins. L'atelier est l'atelier d'un peintre qui travaille et qui produit : sur de nombreux, chevalets, des tableaux terminés et des tableaux en train ; pas de tentures, ni de bibelots, ni de vieux est assis sur le per-

conduit au jardin, mieux dire, car il ques arpents. Mais de grands arbres et taille, qui cachent server à son atelier et à son jardin la tique qu'il avait au où le quartier était

d'agrément et de

bahuts. Le maître roii de l'escalier qui un jardinet, pour ne mesure que quelce jardin est entouré d'arbustes de liante les murs. Pour connue belle lumière.

physionomie rustemps, peu lointain.

tout en terrains culture, l'artiste a acheté les terrains environnants, et n'\ a laissé éle\er que des constructions légères, très basses, des ateliers de sculpteurs, garnis, eux aussi, de plantes grimpantes, et entourés de plantes et de fleurs. \vec un peu d'imagination, on peul encore se croire dans la campagne : on ne voit partout que de la verdure; les pelouses el les arbres sont pleinsd'oiseaux, auxquels la sollicitude de la maîtresse de la maison assure abon-

CAUSERIE D'ART DANS L'ATELIER i3i

damment l'eau et la manne quotidiennes. La tète couverte d'une calotte

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