‹ WagnerChapitre 30 sur 32 · AROLES D UN HOMME A L AUDITOIRE DE « PARSIFAL · texte numérisé non relu

AROLES D UN HOMME A L AUDITOIRE DE « PARSIFAL

Un soleil radieux se coucha sur le dernier jour de ces fêtes. Comme le sang brille et revit dans la coupe sacrée, du cœur de l'astre descendant la colline jaillit la pourpre et l'or, le manteau glorieux du couchant. C'était l'heure où comme les chevaliers sous la coupole, toutes les âmes de la nature se tiennent rêveuses sous le ciel, ainsi qu'en un temple.

« Le soir est venu. Une émotion admirable nous fut commune et nous avons connu ensemble la présence du génie. Un divin crépuscule prolonge cette journée, que la Beauté a faite si pieuse et si pure, dans nos cœurs et notre méditation...

» La très forte beauté de ce qui dure, on ne peut assez l'aimer. C'est une fortune unique, comme son génie, que Wagner ait fondé un- art et une ville. L'art vivra par la ville, qui a d'abord vécu par lui.

» La vie est la force, où toutes les autres se retrempent. Cette misérable vie, pleine de tristesse et de honte, est le fumier d'une œuvre supérieure. Sa pauvreté peut seule nourrir une richesse qui n'a pas de prix. Et son éphémère impureté même est la condition de la Beauté pure.

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